‹ Essai sur l'esprit du droit Sino-AnnamiteChapitre 29 sur 109 · VIL 10; Rosny, p · texte numérisé non relu

VIL 10; Rosny, p

Soung-Keng : « Si l'intérêt matériel (seul) engage le sujet à servir son prince, le fils à servir son père, le frère à servir son frère ainé, alors tous abandonneront la voie de la vertu et de l'humanité. Ils prendront l'intérêt matériel pour guide de toutes leurs actions : or une société fondée sur une pareille base ne peut subsister. Tu parviendrais mieux à ton but en leur inspirant à tous le respect de l'humanité et de la vertu : alors ils renonceraient à prendre l'intérêt matériel pour guide, et de là résulterait une société réelle, une société telle que celle qu'ont instituée les anciens princes. Or, le développement d’une telle société a pour conséquence nécessaire la soumission du monde entier à son chef » (1).

Enseigner la vertu au peuple pour avoir la tranquillité dans l'empire, voilà donc Le principe fondamental du gouvernement chinois.

Voilà la théorie.

Examinons maintenant la réalité historique ; en d’autres termes, cherchons comment les souverains chinois ont mis en pratique les idées que nous venons d'exposer. C’est l’étude des moyens d'éducation qu'a employés le législateur pour inculquer la morale au peuple.

Cette étude sera, intéressante, je l'espère. Elle nous révèlera un des caractères les plus curieux et les plus importants de la civilisation chinoise, en nous faisant saisir le secret de sa force et de sa durée. Et nous verrons comment une morale purement laïque, n'impliquant d'autre foi que celle en la vertu, a pu, sans parler de la création ni de la destinée de l'homme, sans promettre le ciel, sans menacer de l’enfer, acquérir et conserver, pen-

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