‹ Essai sur l'esprit du droit Sino-AnnamiteChapitre 31 sur 109 · Li-Ki, Ch. lo-Ki, Cazrery, p · texte numérisé non relu

Li-Ki, Ch. lo-Ki, Cazrery, p

3. Cu. Fournier-Waiscy, Bulletin du Comité de l'Asie française, août 1909, pp. 335, 336. Voici sa conclusion : « Ainsi donc le législateur annamite apparaît comme un hygiéniste moral ; c’est un médeein qui s’applique à mettre en équilibre et en bonne santé générale le corps social auquel il donne ses soins ; il espère éviter ainsi les maladies qui atteindront {el ou tel organe en particulier, car pour lui «les peines, dont le but est de châtier le vice et de prohiber la licence, sont un instrument auxiliaire de gouvernement », ainsi qu’il est dit dans le rapport adressé à l’empereur Gia-Long pour lui présenter le projet de code qui fut édicté en 1812 par le souverain annamite. »

b) La moraLe cHiNoise (1). — Qu'enseigne-t-elle? — Mais avant d'aborder cette étude des moyens qu'ont employés les souverains Chinois pour enseigner la morale au peuple, il convient de faire connaître cette morale elle-même.

La morale chinoise est celle que nous à transmise Con-

temporains les doctrines du passé (2). Pour faire comprendre cette morale, je crois utile de rappeler les circonstances dans lesquelles Confucius l’a enseignée.

La Chine était plongée dans l'anarchie : le pouvoir impérial était devenu trop faible ; les princes fondataires se livraient à la débauche, quand ils ne se faisaient pas la guerre ; le peuple était grevé de lourds impôts ; mal gouverné il oubliait les bons principes.

Quels remèdes trouver à tous ces maux ? comment rétablir l’ordre ?... Confucius était un homme d'étude ; il avait appris que sous le sage gouvernement des anciens rois le peuple avait été plus moral et plus heureux; il avait donc pour les doctrines du passé le plus grand respect, et il avait en eux la plus grande confiance. Aussi consacra-t-il sa vie à rappeler à ses contemporains les exemples de l’âge d’or. Or, dans l’antiquité, la Chine ‘était un petit peuple et elle était, plus effectivement encore qu’au vi siècle, gouvernée comme une grande famille ; dans cette famille, le bonheur de tous dépendait de la sagesse du souverain, et la tranquillité de l'empire de l’obéissance du peuple. Aussi le grand moraliste prèchait-il le respect au sujet, la sagesse au prince. Mais, plus que ces devoirs encore, il recommandait celui de la

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