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d’un acte d’expiation des créatures imparfaites à l'égard des communicateurs de la vie » (1).
En résumé, nous pouvons dire que si toutes les affirmations de M. Farjenel étaient fondées, les rites chinois auraient vraiment un caractère religieux. Mais j'avoue quil m'est tout à fait impossible de les discuter : l’auteur a dû consulter des textes chinois avant d'écrire de telles allégations, mais il a négligé de dire quels sont ces textes, et moi je les ignore.
Je pense cependant que nos recherches sur l'objet et la genèse des rites nous permettent de croire à leur parfaite laïcité.
PLACE DES RITES DANS LA LÉGISLATION CHINOISE. — Maintenant que nous connaissons les rites, maintenant que nous risquons moins d'en parler au hasard, il est temps de dire quelle est leur place dans la législation chinoise.
Les rites sont les règles qu'il convient de suivre pour tous les actes et dans toutes les circonstances de la vie, et ils ont été considérés par les empereurs et par les moralistes chinois comme le meilleur moyen de gouvernement.,
; Al : are or Ê 1 À Cela veut-il dire qu'ils ont été tous érigés en lois, qu'ils:
ont été tous pourvus d’une sanction rendant leur pratique : obligatoire ? Nous allons tâcher de répondre à cette ques-
tion, et nous allons essayer de le faire pour l’ancien droit A
4. Cf. Li-Ai, pp. 4146 et 426 : « ... lorsqu'il sacrifie, le sage porte (d'abord) au plus haut degré la sincérité du cœur et le dévouement du respect : il offre (ensuite) des objets, il observe les cérémonies, il y ajoute le charme de la musique, il met ses sacrifices en harmonie avec les saisons, et fait enfin l’offrande de sa vertu, sans s’enquérir de ce qui lui en reviendra. Tels sont les sentiments du fils vérilablement imbu de la piété filiale ».
aussi bien que pour le droit moderne, car l’origine des b à el . y rites remonte à la plus haute antiquité.
a) L'ancien droit. — Considérons d'abord le très ancien droit. 11 y à un point très certain : « l’origine des rites remonte aux premiers temps de la nation chinoise » ; «le. Shuh (Chou-king), comme le li-ki, et, tous les livres chinois en attribuent l'institution aux premiers souverains de la nation », et le très ancien livre des vers dit : « si un homme n’observe pas les rites, pourquoi ne meurt-il point, que fait-il au monde » (1) ?
Ces li n'étaient pas immuables : Confucius nous apprend que «les dynasties subséquentes suivaient ceux des précédentes, tout en ajoutant ou en retranchant » (2}. Mais c'est tout ce que nous savons de ces très anciens rites, car le premier recueil Pi-i ne fut composé qu’au xi° ou au x° siècle avant notre ère. RSS
Pour résoudre la question de savoir si les rites étaient ou non obligatoires, nous sommes donc réduits aux conjectures.
Nous pensons que dans ces très anciens temps les rites étaient tous de. véritables lois. Le peuple chinois était loin d’être un grand peuple ; c'était plutôt, nous l'avons dit, une petite colonie d'agriculteurs ; c'était une grande famille, non seulement en théorie, mais aussi
dans la réalité des faits. Le souverain était moins un roi qu'un chef de clan, de tribu ; il vivait très près de son petit peuple et le gouvernait réellement comme un père gouverne sa famille. Comme un père à ses enfants, il lui