Li-Ki, p
faut respecter ses père et mère et ses parents de rang supérieur (art. 285 à 288, 202, 297, 298, 306, 307, etc.…), ses supérieurs hiérarchiques (art. 275 à 278, 294, 295), ses professeurs (art. 280) ; le domestique doit respecter son maitre et les parents de son maitre (art. 283, 293) ; l'épouse et la concubine doivent le respect au chef de famille (art. 284); elles ne doivent pas outrager les parents dé l'époux (art. 289, 291, 299, 300) ; le respect est dû à la vieillesse (art. 163)...
Les lois sompluaires. — A côté de ces sanctions directes il y a les lois somptuaires, dont le but est de rendre visible la position sociale de chacun, de développer et de rendre obligatoire Le respect hiérarchique. Voici d'ailleurs le texte du commentaire officiel de Particle 156 : « Tous les genres de choses telles que les maisons, habitations, voitures, instruments ou objets quelconques des fonctionnaires ou des gens du peuple sont, dans chaque cas, déterminés par une règle de l'Etat, suivant le degré d’élévation ou d'infériorité, de noblesse ou d’humilité de la condition de chacun, comme il est dit plus loin, et cela, pour établir et constater le rang et le pouvoir de chacun. Ceux qui ne se conforment pas aux règles établies, sortent de leur condition, emploient ce qu'ils n’ont pas le droit d'employer, c’est-à-dire qui contreviennent à ces règlements, s'ils sont fonctionnaires, sont punis de 100 coups de truong et dégradés sans pouvoir être réintégrés au service de l'Etat et, s'ils ne sont pas fonctionnaires, ils sont punis de 50 coups de rotin ».
La sévérité de la peine montre bien que le législateur attache-une importance primordiale à la doctrine du res-
pect.
La réglementation des cultes et les conséquences de cette réglementation. — De même qu'elle a décritles vêtements et les objets permis à chaque classe d'hommes, la loi a encore réglementé la religion en s'inspirant de cette idée que l'inférieur vraiment respectueux ne doit pas se permettre d’user des mêmes prérogatives que le supérieur : au nom de la doctrine du respect, « les statats sur les sacrifices fixent les devoirs religieux suivant la condition de chacun » : « En dehors de ceux qu'elles offrent à la mémoire de leurs ancêtres les familles particulières ne peuvent offrir que les cinq sacrifices dus aux Esprits protecteurs du village ou de la commune. Si elles en offrent à des esprits supérieurs, ainsi qu'aux esprits du ciel, elles excèdent les droits et les devoirs de leur condition ; le fait d’excéder constitue /’irrévérence et la présomption, et c'est pourquoi la loi prononce la peine de 80 coups de truong..…. » (1).
La doctrine du respect a donc amené le législateur à se réserver un culte (2) comme il l’a conduit à se réserver une couleur, une route, un palais ete... La vraie religion officielle est ainsi devenue une religion purement théorique, n'étant que la religion d’un seul, et non celle d’une nation. C'est bien cependant pour la dynastie et pour le peuple que le souverain fait au ciel des offrandes et des prières, mais, dans cette religion officielle, le peuple ne Joue aucun rôle actif et il s’en est désintéressé peu à peu :