Cf. Sonrever, Il, p
2. D'après la légende, Dinh-tién-Hoang (968-981) était un simple gardien de buffles, dans son enfance. Il sérvait aussi un bonze, et c'était un garcon intelligent mais un mauvais domestique : quand ie bonze offrait des gâteaux de riz, le futur empereur en mangeait la meilleure part et ne laissait que la croûte au Bouddha. Gelui-ci finit par révéler cette faute au bonze, en apparaissant dans un rêve. Le jeune domestique dut recevoir des coups de rotin, car il se vengea sur le Bouddha : sur le dos de sa statue de bois doré, il écrivit une phrase par laquelle il ordonna au dénonciateur de quitter la pagode et de partir pour les Indes. Cette même nuit, le pauvre Bouddha vint avertir le bonze que l’empereur l'avait chassé, et le pria d’user de ses pouvoirs de maître pour faire effacer la sévère condamnation écrite sur son dos...
sage parce que la morale ne reconnaît « rien au-dessus » de ce sentiment, rien de plus méritoire ; il s'impose au sujet parce que la doctrine du respect est la base de l'organisation sociale et l’essence des lois : il s'impose à l'homme bien élevé parce qu'il est l'essence des rites, c’est-à-dire des «lois de la politesse sociale ».
L’accomplissement de ce devoir de respect n'a donc rien que de très noble: il ne saurait être soupçonné d’avoir pour cause la crainte ou la servilité, car, s’il est imposé par la Loi, il est aussi accepté par la conscience qui le trouve naturel et méritoire. On ne le dira jamais assez : il n'ya rien de plus misérable que l'apparence du respect adoptée par ceux qui tremblent, mais le vrai respect, celui qui résulte de l’éducation, qui est inné et volontaire, et que les Annamites considèrent comme une des vertus les plus hautes, celui-là est toujours noble car il naït de l’accomplissement d’un devoir. Et c’est ce respect qui ennoblit l'obéissance.. Les sino-annamites qui ont mis leur sagesse à accepter l'inégalité sociale, qui ont bâti leurs institutions sur la base du principe d'autorité, ont découvert aussi et développé le seul sentiment qui puisse assurer la dignité au peuple en même temps que l’ordre à la société et La tranquillité au souverain : ils ont compris ce qu'a deviné Auguste Comte, ils ont compris la noblesse du vrai respect qui, non seulement excuse (1), mais embellit l'obéissance (2).