Lun-Yu, XVII
6. Brirraur, Droit civil sino-annamite, p. 95. Cp. Lun-Yu, XVII, 21.
l'aimer encore ? IL faut l’aimer toujours, ordonne la conscience, il faut conserver intact le souvenir du disparu, il faut, autant que possible, agir comme s'il était vivant encore. C'est ce que dit aussi la morale chinoise. Et comme tous les sentiments, en Annam et en Chine, donnent naissance à des rites, ceux qu'on garde, qu'on doit garder pour les morts ont aussi les leurs, et ces rites constituent le culte des ancêtres, ou plutôt le culte des morts. Par ces rites les descendants montrent qu’ils n'oublient pas leurs ancêtres, qu'ils les honorent toujours comme les chefs de la famille : par les sacrifices on sert « les morts comme on sert les vivants, ceux qui sont partis comme les parents présents » ; et « s’il survient quelque affaire, on l'annonce à ses ancêtres dans Le temple ou dans la salle » (1), de même que, de leur vivant, on ne faisait rien sans leur en demander la permission. Au pays d'Annam, les hommes vivent donc avec le souvenir des disparus : la pure morale leur ordonne de conserver les sentiments de reconnaissance et d'affection, la pratique des rites rend visibles ces sentiments et cela donne naissance au culte des morts.
La croyance à la survie des âmes donne encore plus de force à ce culte: on croit que les morts vivent près de ceux qu'ils ont aimés ; on serait donc bien coupable si on les laissait dans l'isolement, si on ne venait pas les secourir (2), si on ne leur manifestait pas les sentiments d’affection et de reconnaissance qu'on leur doit. Le culte des