V. ci-dessus, pp, 99 et suiv
démontré, n'a rien de religieux ; ils traduisent, sous des formes différentes suivant les circonstances, un sentiment qui n’est pas religieux, puisqu'il n’est pas autre chose que la piété filiale, ou l'attachement au souvenir des disparus.
Et il n'ya pas de raisons de distinguer le eulte des morts des autres rites de la piété filiale, puisqu'il exprime toujours le même sentiment (1). Le culte des ancêtres, en effet, est bien basé sur le respect et la reconnaissance. Le Kia-lile dit clairement : « son but, dit ce livre, est de témoigner sa reconnaissance à ses progéniteurs, de rappeler au souvenir les créateurs de la famille avec amour et respect, de faire vénérer ses aïeux, respecter ses parents... ». D’ailleurs une règle du culte le montre bien : lorsque les descendants sont trop éloignés pour qu’ils puissent avoir encore ces sentiments de reconnaissance et d'affection, le culte n’est plus rendu parce qu'il n'a plus de raison d’être : « Après cinq générations le culte est éteint : l'art. 398 du Code des Lé fait allusion à cette prescription à propos du culte du trisaïeul, ascendant de la cinquième génération ; « les sentiments d'affection et de reconnaissance s'arrêtent là » (2). À plus forte raison, la garde du culte ne passe pas aux étrangers : il a sa cause dans les liens de parenté èt dans les sentiments de respect
1. Je ne parle que de la piété filiale pour expliquer le culte des morts, ear je ne cherche à expliquer que le cas principal, celui du culte des père et mère. Pour le culte rendu aux autres parents il suffit de parler des sentiments dé respect et d'affection au lieu d'invoquer la piété filiale. D'ailleurs, tous ces sentiments se tiennent étroitement : « De l'affection envers le père et la mère venait l'honneur rendu aux ancêtres jusqu’au plus ancien d’entre eux. De l'honneur rendu aux ancêtres venait le respect pour les chefs de branches » (Citation du Li-Ki, faite par M. Brirraur, Droit civil.…., p. 40).