‹ Essai sur l'esprit du droit Sino-AnnamiteChapitre 86 sur 109 · Bouixais et Pauzus, p · texte numérisé non relu

Bouixais et Pauzus, p

souvenir : les parents restent des parents qu'on respecte et qu'on aime, ils ne deviennent pas des dieux; le culte naît de l'affection, non de la peur superstitieuse des morts, ni du besoin d'être protégé par des ancêtres à qui, dans ce but, on attribue, par un acte de foi, la puissance des dieux. C'est par là qu’il est essentiellement différent de la religion domestique des Romains. Les Chinois etles Annamites vénèrent leurs ancêtres, ils ne les adorent pas ; le culte qu’ils leur rendent est un culte basé sur la reconnaissance et le respect, et, dans l’admirable morale chinoise, il n'y a rien de plus beau, de plus émouvant, que cette lutte de l’homme contre le temps, contre l'oubli et contre la mort.

Voilà la vraie doctrine de la piété filiale, voilà le vrai culte des ancêtres. Cette doctrine nous enseigne que nous devons à nos parents, amour, respect et dévouement, que nous devons placer en eux le centre de nos préoccupations et le but de nos efforts, que nous sommes au monde pour les aimer et Les servir plus que pour chercher notre propre bonheur, et qu'après leur mort nous devons honorer leur mémoire et les considérer toujours comme les chefs

de la famille.

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