LE DROIT DE FAMILLE
Le législateur, dont nous connaissons déjà les tendances, ne manquera pas d'apporter des sanctions à cette doctrine essentielle de la piété filiale. Il fera des parents le centre de la vie familiale, il exigera des enfants respect, amour et dévouement. Tout le monde devra respecter ce devoir de piété filiale : devant lui les enfants ne sauraient avoir aucuns droits, les étrangers devront renoncer aux
leurs, et le souverain lui-même abandonnera ses prérogatives. |
LES POUVOIRS DU CHEF DE FAMILLE (1). — Nous pouvons constater, tout d’abord, que l'influence de cette doctrine, jointe à celle de la doctrine du respect, amène le législateur à reconnaître au chef de famille une autorité absolue sur tous les siens.
C'est ainsi que « le chef de famille a des pouvoirs de tutelle sur tous ceux qui habitent sous son toit, par conséquent sur ses femmes, ses enfants, ses gendres, ses fils adoptifs, ses ouvriers, etc... »
Sur les membres de sa famille, en particulier, il a le droit de garde : les enfants ne doivent pas se séparer de leurs parents sans autorisation (art. 82).
Il à aussi le droit de correction à condition qu’il en use « d’une façon raisonnable et modérée » (2).
«Le chef de famille a le pouvoir d'admettre dans son groupe un étranger par les voies de l’adoption ou de l’adrogation ».
Il à « le pouvoir de chasser hors du groupe celui qui en viole les règles. Ainsi il expulsera un domestique, il répudiera une femme, 1l reniera un de ses enfants ou petitsenfants. »
Il a encore le droit de décider du mariage des enfants ou petits-enfants (art. 94, D. [.).
C'est lui seul qui est propriétaire des biens de la famille, car « du vivant de l’aïeul, de l’aïeule, du père, ou de
4. Cf. Scnerzer, La puissance paternelle en Chine; SonReiner, Il, p. 155, etc... Nous citerons surtout : BRIFFAUT, Droëit civil... pp. 43 à 55.