SITUATION POLITIQUE DES ETATS DE L EUROPE
Avant la réformation, l'Europe était soumise à deux puissances , la puissance spirituelle et la puissance temporelle. D'un côté , le chef de l'Église étendait son autorité et ses prétentions sur tous les États indistinctement; de l'autre , un grand nombre d'évêques et de prélats s'étaient rendus souverains temporels des troupeaux qui n'avaient été confiés en principe qu'à leur gouvernement spirituel , et il n'était point de pays où le clergé séculier et régulier ne possédât des droits et des richesses considérables et ne jouît d'un grand crédit. L'Église formait un corps puissant qui étreignait tous les corps politiques et influait plus ou moins sur leur manière d'exister. Aussi tout changement remarquable dans l'Église en produisait-il un dans l'ordre politique, et comme la révolution religieuse du seizième siècle a dû exercer sa première influence sur l'Église , il est naturel de traiter d'abord de celle-ci , tant en elle-même et dans son chef, que dans ses relations avec les divers gouvernements. On examinera ensuite ce que la réformation , considérée sous le point de vue politique , a exercé d'influence sur les États de l'Europe tant protestants que catholiques. Enfin , on jettera un coup d'œil historique sur le système d'équilibre introduit en Europe depuis cette époque , sur ses variations et sur les puissances qui y ont joué tour à tour les principaux rôles , jusqu'au moment où la réformation a cessé d'influer sur lui.