‹ Essai sur l'esprit et l'influence de la reformation de Luther;Chapitre 20 sur 63 · Danemark · texte numérisé non relu

Danemark

Marguerite, surnommée avant Catherine II la Sémiramis du Nord , reine de Danemark et de Norwége , s'était fait élire reine de Suède par les États en 1387. Ses successeurs prétendirent faire valoir cette élection comme un titre héréditaire , et de là des guerres acharnées entre les monarques danois et l'aristocratie suédoise. Les premiers y perdirent le trône de Suède, et y gagnèrent de n'avoir plus cette occasion de consumer leurs forces au dehors. Le clergé et la haute noblesse de leurs propres États les occupaient assez chez eux. Ils adoptèrent , avec leurs peuples, la réformatipn en 1527; mais elle n'y fut conso-

1 C'est vrai , convenons toutefois que ce trafic a duré plus longtemps en Suisse qu'en Allemagne, et qu'il est un plagiat des Condottieri d'Italie. La réformation n'a rien à voir dans celle triste affaire.

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lidée que douze ans plus tard par le sage Christiern III , qui fut obligé de partager les dépouilles du clergé avec les grands de son royaume , et de n'en garder que la plus faible moitié. Les menses des prélatures furent seules adjugées à la couronne et la dignité royale resta élective. Il fallut le règne guerrier de l'entreprenant Christiern IV, il fallut surtout l'ascendant que commença à prendre l'ordre des bourgeois, pour abaisser la noblesse et permettre, en 1660, à Frédéric III de rendre le royaume héréditaire et Son autorité illimitée. La seule loi fondamentale qui restât intacte fut celle qui établit le luthéranisme comme religion de l'État * . Pendant la guerre de trente ans , le roi de Danemark fut un instant l'Agamemnon de Tannée protestante ; c'est le premier essor que ce gouvernement ait pris

vers le sud dans les affaires générales de l'Europe.

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