Suède
La réformation trouva en Suède, comme en Danemark, une couronne élective et une aristocratie puissante. Riais son roi, Gustave Wasa, était un conquérant; il venait de s'élever sur le trône par une révolution, de délivrer sa patrie du joug danois et de tirer un meilleur parti de la réformation que son voisin Christiern. Il s'appropria, en 1527, la plus grande part des possessions du clergé, employa ses nouvelles richesses à l'affermissement de l'autorité royale, et se fit constitua onnellement décerner l'hérédité.
Cette puissance , que la nature a fait plus faible qu'aucune des grandes puissances européennes , s'éleva cepen-
BM*. le baron de Spitller, ancien professeur de Gœttingue et ministre du roi de Wurtemberg, a donné de celte révolution une trèsbonne histoire , traduite en français , sous les yeux de l'auteur, par M. d'Artaud, et qui a été imprimée à Metz chez Collignon, en 4805, i vol. hH2. (Note de l'auteur.)
dant bientôt par le génie de ses rois et de ses ministres , autant que par les bienfaits de la réformation, à une sorte de suprématie en Europe. Ses armées sauvèrent le protestantisme, et battirent presque en toute rencontre les armées impériales. Elle eut la gloire de présider à Osnabruck au congrès européen de Westphalie , comme la France y présida à Munster. Les autres avantages qu'elle retira de ses victoires furent médiocres. On lui paya une somme d'argent pour l'engager à retirer ses troupes de l'Allemagne , et on lui cécla une partie de la Poméranie , avec quelques autres districts du nord de l'Empire. Par cette cession, les rois de Suède sont devenus membres du corps germanique , comme le roi de Danemark par le Holstein, et celui d'Angleterre par le Hanovre. Depuis lors, la Suède épuisée déclina constamment. La reine Christine , dont le seul mérite est d'avoir protégé les savants, et, particulièrement , d'avoir honoré Descartes , contribua beaucoup à la décadence de la Suède. Charles XII acheva de la ruiner. Une reine galante et faible , un roi despote et conquérant neutralisèrent les avantages que la réformation avait procurés à ce pays. Si Gustave-Adolphe et Oxenstiem avaient toujours eu de dignes successeurs, les czars n'eussent probablement pas bâti leur ville impériale sur la Néwa; ils n'eussent pas atteint les bords de la Baltique , et l'Europe ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui. Mais la Suède ne brilla qu'un instant , et , comme ces météores qui donnent à ses longues nuits un éclat passager , elle disparut bientôt de l'horizon politique.