‹ Essai sur l'esprit et l'influence de la reformation de Luther;Chapitre 35 sur 63 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

RÉCAPITULATION DES RÉSULTATS DE LA RÉFORME , PAR RAPPORT AU PROGRÈS DES LUMIÈRES.

L'esprit humain est affranchi de la contrainte extérieure que lui imposait le despotisme hiérarchique , et de la contrainte intérieure , de l'apathie où le retenait une aveugle superstition. Il sort tout à fait de tutelle, et commence à faire un usage plus énergique et plus convenable de ses facultés. Les documents de la religion , les titres de la hiérarchie sont soumis à une critique sévère et judicieuse, et comme l'étude des livres saints, des pères, des conciles et des décrétales , tient à celle de l'antiquité , de l'histoire, des langues, des chefs-d'œuvre de la Grèce et de Rome, tous ces grands objets des humanités classiques

4 Nous recommandons ce paragraphe a la méditation, non des charlatans qui, après avoir vidé les poches de l'Église, viennent lui proposer sérieusement de vivre de ses rentes ; mais aux citoyens honnêtes qui avaient cru voir un danger pour l'État dans un clergé et un corps enseignant trop richement dotés. Corrigeons les abus et ne condamnons pas le principe défendu par Yillers , dont l'opinion ne saurait être suspecte.

sont éclairés d'une nouvelle lumière. La philosophie scolas tique, l'alliée et le soutien de l'ancien système , trouve dans les novateurs des adversaires redoutables qui en dévoilent les vices. Le flambeau de la raison, que L'édificede la scolastique tenait caché, recommence à luire. La vafee science des casuistes s'évanouit devant la morale de l'Évangile , dont on rend la lecture à tous les chrétiens. L'intelligence humaine , qui n'a plus devant elle les obstacles qui arrêtaient sa marche au moyen âge , déploie toute son ae^ tivité , sonde les fondements des sociétés ébranlées , discute les droits des peuples , ceux des gouvernements, ceux de FÉtat et de l'Église. Cette activité fait ressentir son influence heureuse à toutes les branches du savoir humain^ et le penchant scrutateur, imprimé aux esprits par la réformation, met sur la voie des recherches philosophiques , des plus hautes théories dans les sciences et dans les arts. Dans ses Éléments de philosophie, d'Alembert a esquissé ce tableau d'un seul trait " «Le milieu du seizième siècle, dit-il, à vu changer rapidement la religion et le système d'une grande partie de l'Europe; les nouveaux dogmes des réformateurs, soutenus d'une part et combattus de l'autre avec cette chaleur que les intérêts de Dieu, bien ou mal entendus , peuvent seuls inspirer aux hommes , ont également forcé leurs partisans et leurs adversaires à s'instruire; l'émulation, animée par ce grand motif, a multiplié les connaissances en tout genre, et la lumière, née du sein de l'erreur et du trouble, s'est répandue sur les objets mêmes qui paraissaient les plus étrangers à :ces disputes.» bno-iq yiô'HJg' ïhû fooq no .mitneï

Les guerres longues , multipliées, dévastatrices que cette commotion fit naître, retardèrent quelques-uns des effets qui devaient en résulter. La culture morale des penses qui allait prendre un nouvel essor fit pour quelques instants un pas rétrograde. Mais bientôt les âmes retrempées 9b anoiJijJiJafli zuts ,z$-iml esh dotuœmnei el é <9bnofn

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