X. PROGRÈS DE LA RÉFORMATION
Il s'éleva donc de vives disputes sur la distinction des lois divines et des lois humaines , sur la criminelle profanation de l'Eucharistie en y participant pour d'autres à prix d'argent. Il fallut à cette occasion expliquer toute la nature du sacrifice et montrer l'usage véritable des sacrements. Les raisons par lesquelles on établissait publiquement que le culte des idoles devait être abandonné , venant à pénétrer jusque dans les monastères , les hommes pieux qui s'y trouvaient renfermés commencèrent à en rompre la servitude impie.
Luther cependant ajouta bientôt aux explications de sa doctrine sur la pénitence , sur la rémission des péchés , sur la foi et les indulgences , d'autres enseignements sur la distinction des lois divines et des lois humaines, sur l'usage de la sainte Cène et des autres sacrements , et enfin sur les vœux. Tels furent les points les plus contestés. Quant à la question du pouvoir de l'évêque de Rome , ce fut Jean Eck qui l'agita le premier, sans autre motif que d'exciter contre Luther la haine du pontife et des rois1.
1 Dans la dispute de Leipzig, en juin -I519, dispute qui dura dix jours entre Eck et Luther. Le premier ayant été vaincu , alla à Rome solliciter une bulle , qu'il obtint le 21 juin 1520 , pour brûler Luther et ses livres. L'électeur Frédéric fut ébranlé par cette bulle; mais plusieurs princes , entre autres Sylvestre de Schauenbourg et Fran-
Mais au milieu de ces attaques contre des pratiques et des traditions purement humaines, pour l'abolition desquelles Luther composa un grand nombre d'écrits, il retint dans toute leur intégrité les premiers fondements de la foi chrétienne , le symbole des apôtres , celui de Nicée et celui d'Athanase. Il exposa, en motivant, les points qu'il voulait changer, et quant à ce qu'il convenait de retenir, quant à la forme par lui approuvée tant pour la doctrine que pour l'administration des sacrements, on en trouve les détails dans la Confession de foi que Jean, électeur de Saxe , Philippe, landgrave de Hesse , et autres présentèrent à l'empereur Charles-Quint, Fan 1530, à la diète d'Augsbourg. On les trouve dans le rituel des églises de cette même ville et dans la doctrine que professe hautement notre communion, dont la somme est comprise nettement dans ladite confession1. J'ai fait ce récit afin que les gens pieux sachent non-seulement quelles erreurs Luther a censurées , quelles idoles il a renversées, mais encore que ce fut lui qui régla toute la doctrine nécessaire à l'Église, qui restitua le culte dans sa pureté primitive, et qui offrit aux âmes religieuses le plus bel exemple de conduite dans le rétablissement d'une Église. Or, il est utile que la postérité sache quelles sont les choses qui furent approuvées par Luther.