SUR L'ÉTAT DE LA QUESTIOX
tes pour le genre humain. C'est riL n'en faut pas douter, se conformer aux vues de l'Institut, que de se borner à spécifier exactement les conséquences prochaines, de: J& réformation , et à indiquer ses conséquences éloignées. Si l'on voulait s'engager dans le détail de ces dernières \ il faudrait refaire l'immense tableau de l'histoire des États européens depuis cette époque, puisqu'il n'est aucun grand événement des temps modernes sur lequel n'ait influé l'un ou l'autre des résultats de la réformation , tel que la constitution du corps germanique et la République des Provinces-Unies. On ne sortirait jamais de ce labyrinthe des conséquences médiates; car, à le prendre ainsi, l'influence de toute commotion politique ou religieuse se propage à l'infini. Nous nous ressentons encore aujourd'hui de ce qui s'est passé dans l'Inde, l'Arabie, la Grèce et l'Italie en des temps fort reculés; nous vivons sous l'influence encore très-sensible de l'invasion des peuples du Nord, des croisades et d'autres mouvements politiques du même genre. La ligne déviatrice, souvent tortueuse, quelquefois rétrograde de la culture des nations , procède de l'action compliquée de tant de forces diverses : Marquer ses échappements , ses déviations , en évaluant les forces qui y ont concouru , est la mission de la philosophie de l'histoire. L'auteur du présent écrit s'estimera heureuxsi ses juges pensent qu'il a rempli sa tâche relativement à cette période de l'histoire moderne où la réformation a été la force prédominante.
Cependant on ne peut s'engager dans la recherche des effets de la réformation , sans être , en quelque façon , contraint de se demander : Le grand événement que je considère comme une cause, n'est-il pas lui-même un simple résultat d'autres événements qui font précédé et auxquels il faudrait le rapporter? Tant que l'homme regarde devant soi , son point de départ lui semble être la base fixe d'où