‹ Essai sur l'esthétique de LotzeChapitre 10 sur 51 · Cf. Falckenberg, op. cit., p · texte numérisé non relu

Cf. Falckenberg, op. cit., p

lement, mais par rapport à un concept) et de V agréable (qui plaît sans concept, mais non universellement). En effet, pour Kant (d'après Lotze, Grdz,, § 3), le jugement sur l'agréable est relatif à chaque individu; d'ailleurs, ajoutait-il, l'animal peut percevoir l'agréable, mais il ne peut connaître le beauV

D'autre part, le beau doit plaire nécessairement et sans concept : comment concilier la nécessité avec la subjectivité? Il faut alors attribuer à l'homme une constitution universellement invariable de sa faculté de juger ; et c'est bien là ce qu'admet Kant. En effet, suivant lui, il faut, pour qu'une impression mérite le nom de belle, qu'elle soit en accord avec les habitudes universellement invariables du jugement humain ; l'impression de l'agréable, au contraire, n'est en rapport qu'avec une faculté, avec des états intellectuels variables suivant les individus : la sensibilité (cf. Lotze, Grdjs,, §§ 3-4). Le jugement sur l'agréable est empirique; celui sur le beau est a priori; dans l'impression d'agréable, le jugement suit le sentiment ; en ce qui concerne le beau, c'est le jugement qui se produit tout •d'abord*.

Enfin, reste un dernier caractère attribué par Kant à la beauté, et par lequel le beau se différencie de l'utile : c'est son désintéressement. Le plaisir esthétique est essentiellement contemplatif; le beau plaît par la simple existence réelle de l'objet et non'par sa possession ; il n'est pas condition d'un désir comme le sont le bon, l'utile et l'agréable.

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