‹ Essai sur l'esthétique de LotzeChapitre 9 sur 51 · Cf. Falckenberg, op. clt.^ p · texte numérisé non relu

Cf. Falckenberg, op. clt.^ p

2. Sans entrer dans une discussion qui nous entraînerait trop loin, et que Lotze d'ailleurs n'a pas entreprise, nous devons remarquer que cette distinction insuffisamment fondée, est un des points faibles du système de Kant. Lui-même admet d'ailleurs que ce plaisir qui constitue la différence spécifique du jugement réfléchissant disparaît avec l'habitude.

tant caractère attribué au beau par Kant; c'est celui que Lotze (Grdz., §7), d'après Kant, exprime de la façon suivante : le beau est la forme de la finalité sans fin déterminée. En effet, le jugement réfléchissant comprend deux degrés : par le jugement téléoiogique, le plus élevé des deux, nous percevons une harmonie entre l'objet et une certaine destination, et, en même temps, une harmonie entre les diverses parties de l'objet, qui concourent toutes à la - réalisation de cette même fin (en ce cas le plaisir, reposant sur un concept, est logique); mais, par le jugement esthétique, nous percevons un accord entre l'objet et notre faculté de connaître, et de plus une harmonie concomitante entre nos facultés elles-mêmes, l'imagination et l'entendement \ En même temps, nous percevons que cet objet est conforme au but, non par rapport ^ son concept (comme le parfait), ni par rapport à notre désir (comme l'utile), mais bien sans but déterminé, c'est-à-dire subjectivement. Et c'est précisément à cette subjectivité du jugement esthétique que Kant fait rapporter, les deux caractères suivants qu'il attribue au beau, et par lesquels il croit le distinguer de l'agréable (cf. Grdz,, §§ 3-4). Carie jugement esthétique prétend à une valeur universelle et nécessaire, laquelle valeur ne doit être fondée sur aucun concept*.

Par cette universalité indépendante de tout concept, le beau se distingue du bon (qui plaît aussi universel-?

1. De cette théorie kantienne du jeu harmonieux de nos facultés de <x)nnaître sont nées les doctrines de Schiller et de Herbert Spencer, qui donnent au jeu une importance primordiale en matière d'esthétique (cf. infra, p. 19).

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