‹ Essai sur l'esthétique de LotzeChapitre 13 sur 51 · Cf. Rôhr, op. cit., p · texte numérisé non relu

Cf. Rôhr, op. cit., p

3. C'est là une objection adressée à Kant par la plupart des critiques : pourquoi prétendre à l'universalité du beau ? Cf . Neudecker, Studien sur Geschichte der deutschen ^sthetik, Wûrzbupg, 1878. — Basch, Essai critique sur VEsth. de Kant, Paris, 1896 (l'auteur reproche à Kant d'avoir presque admis un impératif catérjorique en matière d'esthétique).

^anisation universellement invariable (ce qui n'est vrai ^ue dans une certaine mesure), il faut remarquer aussi qu'il en est absolument de même pour la sensibilité humaine; s'il est bien évident que l'expérience influe sur la sensibilité, il est non moins certain que l'éducation peut, sinon transformer complètement, du moins modifier notre jugement. Par suite, l'agréable, ne •demandant pour être apprécié qu'une organisation normale de notre sensibilité, possédera, de même que le beau, une valeur universelle et nécessaire ^ Kant, nous l'avons vu, ajoute encore cet argument que l'agréable plaît même aux animaux, tandis que la jouissance esthétique appartient exclusivement à l'homme; mais ne serait-il pas plus prudent de réserver ces questions de psychologie animale, sur lesquelles on ne peut qu'émettre des hypothèses* ?

Lotze, dans sa critique de Kant, nous semble avoir raison contre son illustre devancier. Certes, pas plus que Lotze d'ailleurs, nous ne voulons déclarer par là que le beau est identique à l'agréable ; mais, ce qui est bien évident, c'est que le sujectivisme kantien est incapable de fournir une distinction sufQsanté entre le plaisir esthétique et les phénomènes de sensibilité générale.

Aussi Lotze s'efforce-t-il de déterminer plus exacte-, ment la nuance spécifique qui distingue le beau de l'agréable, c'est-à-dire la jouissance esthétique du

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