‹ Essai sur l'esthétique de LotzeChapitre 15 sur 51 · On retrouve la même doctrine dans le livre de James · texte numérisé non relu

On retrouve la même doctrine dans le livre de James

"Sully, Sensation et Intuition ^ et dans V Esthétique physiolo- (;ique de Grant-AUen.

sairement attribuer au jugement esthétique, mais qui restaient insuffisantes pour distinguer le beau de ^agréable, et de plus pouvaient être refusées à juste titre. Mais, par contre, il a admis cette théorie du jeu, si féconde et, à notre avis, si digne d'être prise en considération \ Avec Kant, il s'est rendu compte que le plaisir esthétique suppose et exige l'exercice d'une activité intellectuelle; mais, en même temps, il a reconnu le rôle important de la sensation dans la perception du beau. Car c'est bien au fond le jugement réfléchissant kantien que cette activité dans laquelle Lotze trouve la nuance spécifique du beau : en effet, le jugement esthétique, suivant Kant, perçoit, nous l'avons vu, une harmonie entre nos facultés et l'objet, et une harmonie entre nos diverses facultés elles-mêmes. Or, c'est précisément dans cet exercice harmonieux, et en même temps désintéressé, de nos facultés de connaître que réside le jeu.

Lotze, en ce qui concerne le fondement subjectif du beau, ne nous semble donc pas avoir manifesté une grande originalité de vues. Mais, s'il s'est contenté de choisir parmi les théories de Kant celles-là seulement qui lui paraissaient soutenables, du moins son choix

1. Cette doctrine a été critiquée par Guyau dans ses Problèmes de l'Esthétique contemporaine^ 1884, p. 4 sqq. — En somme, il admet, semble-t-il, la théorie darwinienne qui identifie le beau à l'utile; pour lui, le beau serait ce qui « augmente l'intensité même de notre vie ». Cette théorie est complètement opposée à celle de Spencer (« Le sentiment esthétique n'est pas lié aux fonctions vitales ») et à celle de Schiller (a Ce n'est pas le cri du désir qui se fait entendre dans le chant mélodieux de l'oiseau »). Mais le plaisir de la santé ne saurait être le fondement de l'esthétique.

nous semble-t-il être fort judicieux. De plus, à notre avis, en analysant les théories de Kant, qui, tout en étant très significatives et très originales, présentaient cependant quelques obscurités, la critique de Lotze les a éclaircies et en quelque sorte précisées.

Cependant,' selon Lotze, la beauté n'est pas sufiBsamment expliquée par le fondement subjectif- qu'elle requiert ; à ce titre, elle serait comme l'utilité un simple « prédicat éventuel ». Elle exige donc, en outre, un fondement objectif qu'il convient maintenant de déterminer \

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