‹ Essai sur l'esthétique de LotzeChapitre 20 sur 51 · Cf. Rôhr, op. cit., p · texte numérisé non relu

Cf. Rôhr, op. cit., p

3. Les idées de Lotze ont-elles évolué durant cette période d'environ dix années qui sépare les deux ouvrages ? Le fait

En effet, voici comment il expose et critique dans son Histoire de l'Esthétique (p. 125 sqq.) la théorie de Schelling et de Hegel sur la valeur objective du beau. Suivant l'idéalisme, la première pensée importante pour Testhétique, c'est la distinction entre le monde ou nature tel que nous nous le représentons intelligiblement, et le monde ou nature tel qu'il nous apparaît . (Gesch,, p. 127); en un mot, c'est le contraste entre l'idéal et le réeP. Ce contraste d'ailleurs, comme l'établit Schelling, existe déjà à l'intérieur de l'absolu (Gesch,, p. 129). Or, ce n'est pas ce désaccord intime du principe suprême qui est intéressant pour l'esthétique, mais bien celui qui existe entre les deux manifestations de l'absolu. Vidée qui tend à se réaliser, et la matière en laquelle doit s'effectuer cette réalisation [Gesch., p. 130). En effet, la matière, suivant les idéalistes, n'est pas adéquate à l'idée. Bien loin de là, d'après Schelling, elle peut se refuser à exécuter les ordres de l'idée; suivant Hegel, elle est même diamér tralement opposée aux tendances de cette dernière. Pour Lotze, qui ne veut pas admettre avec Hegel cette opposition absolue, la matière est affligée d'une incapacité, d'une grossièreté (Sturnpfheit), qui ne lui permet pas de réaliser parfaitement l'idée; le monde réel se distingue du monde intelligible en ce qu'il ^st soumis à un mécanisme inflexible, lequel limite

est fort possible : les progrès du réalisme dans la seconde moitié de ce siècle ont bien pu influencer l'esprit du philosophe allemand. Mais il ne faut pas oublier non plus que la Geschichte est un ouvrage de commande et qu'il se ressent beaucoup de cette origine.

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