Cf. Kœgel, op. cit.^ I" partie
- 2. Cf. Rôhr, ojo. cit,, p. 10.
3. Cf. Kœgel, op. cit., I" partie (D'ailleurs» Lotze formule lui-même cette objection. Grd.j.j % Is;.
faut reconnaître que Lotze a déjà éclairci la solution présentée par l'idéalisme, et si nous pouvions prendre son terme idée au sens psychologique, c'est-à-dire au sens àUdéal (ce que le § 16 des Grundzûge ne nous permet pas, du moins complètement), son hypothèse nous paraîtrait acceptable ; de la sorte, il est vrai, on en reviendrait au fondement subjectif j)ur et simple.
Peut-être Lotze a-t-il senti combien une telle théorie présentait de difficultés ; quoi qu'il en soit, il nous expose une doctrine toute différente dans les Grundzûge (§§ 12, 13 et 14)\ .
Lotze disait, dans Y Histoire de VEsthétique (p. 65) : «Je tiens pour un des services les plus essentiels rendus par la critique pénétrante de Kant, d'avoir mis en relief avec une netteté incomparable la subjectivité du jugement esthétique. » Aussi ajoute-t-il que la valeur objective du beau doit être cherchée à l'intérieur de cette subjectivité incessante (Cf. Gesch., p. 260).
Suivant Rdhr (op. cit,, p. 13), Lotze n'a pas expliqué ce qu'il entendait par là; aussi, dit-il, une conciliation bien définie entre le subjectivisme kantien et l'idéalisme de Schelling et de Weisse' fait-elle défaut dans le système de Lotze. Mais, à vrai dire, il semble que Lotze nous ait expliqué par la théorie qu'il
1. Cest ce que Rôhr n'a nullement aperçu. Quant à Kœgel, bien qu'il ait écrit son ouvrage deux ans après la publication des Grundzilge, il semble en avoir ignoré l'existence (Cf. Kœgel, op. cit., introd.).
2. Chr.-Heinr. Weisse, disciple dissident de Hegel, et à qui l'on doit une jEsthetik aïs Wissenchaft (où sont traitées en un style obscur et abstrait les grandes questions de métaphysique générale et de psychologie du beau négligées par Hegel), fut le maître et l'ami de Lotze.
expose dans les Grundzûge le sens des paroles critiquées par Rôhr.
En effet, pour Lotze, comme nous l'avons vu, le plaisir et le déplaisir que peut procurer l'exécution d'un certain mouvement, sont aussi éveillés en nous, par un souvenir nécessaire, à la vue d'une forme symbolisant ce mouvement [Grdz., § 12). Or, chaque action réelle n'est pas conditionnée seulement par notre organisation, mais bien aussi par les objets sur lesquels s'exerce cette action. Par conséquent, aucun de ces mouvements n'exprime sans diminution ni adjonction la simple activité de notre vie mentale que nous employons pour eux.
« Mais, du moment où nous avons appris à connaître le bien et le mal produit en nous par cette activité, s'éveille en nous le vague désir de jouir absolument sans restriction de ce dont nous n'avons joui jusque-là que sous ces deux conditions restrictives, c'est-à-dire sous la condition d'être conscient et de nous réjouir du libre développement pur et simple de notre vie mentale, libérés que nous sommes des formes de limitation que nous imposent ces deux conditions » (Grdz.,, § 12). Lotze en revient donc à la théorie du jeu: est beau ce qui nous permet ce « libre développement », ce qui nous représente « la diversité infinie de l'activité vivante, qui, dans la réalité, est toujours bornée par son rapport avec des objets déterminés, ou par les limites que lui impose notre organisation ». Par conséquent, Lotze, de même que Kant, rattache le fondement objectif de la beauté au fondement subjectif, c'est-à-dire à la théorie du jeu. C'est là sans doute ce qu'il appelle
.(( chercher au beau une valeur objective à l'intérieur de sa subjectivité incessante. »
Mais, lorsqu'il a critiqué Kant, Lotze a reconnu l'insuffisance de ce fondement objectif, car il le considère comme le premier degré de la valeur objective du beau. En effet, le jeu suffit à expliquer l'intérêt que nous prenons aux manifestations de la beauté ; mais il ne suffit pas à fonder la « vénération » que nous inspire le beau ; celle-ci ne serait expliquée « que si cette activité mentale, exprimée par ces formes, 'était concevable comme ayant en soi une valeur absolue. Or, le bien seul a une valeur absolue. On se demandera donc si l'on peut lui rapporter la beauté des formes^ » [Grdz,, § 13). — Lotze répond immédiatement par l'affirmative ; pour lui, la beauté, quel que soit l'objet dans les formes duquel elle resplendisse, a toujours la même valeur : elle est l'indice du bien, elle «n est la forme apparente ^
Lotze admet en effet (AfiArr., III, p. 616) d'une façon générale, qu'une chose n'est telle qu'elle est que par participation au bien % c'est-à-dire qu'elle contient en soi quelque chose de plus que le simple concept*. Car, en tant que voulues par un amour éternel * comme moyens pour la réalisation de leur but, c'est-à-dire du bien, elles sont elles-mêmes des biens et ont une ta-