‹ Essai sur l'esthétique de LotzeChapitre 29 sur 51 · Cf. Kœgel, op. cit., I" partie · texte numérisé non relu

Cf. Kœgel, op. cit., I" partie

2. « Le beau est l'unité dans la variété, » disent les stoïciens, saint Augustin, et Thomas d'Aquin.

3. Dans sa définition de V idéal-réalisme (cf. Lindsay, Hermann Lotze, A/t/ic/, juillet 1876).

accord entre eux et le sujet connaissant, et de toute signification ayant une valeur absolue dans le monda réel et pour ce sujet » {Gvdz,, § 19)^ — Lotze montre ici, une fois de plus, que, s'il est un précurseur de l'esthétique psycho-physiologique de Fechner, du moins il ne peut admettre les doctrines purement réalistes de Herbart. Il insiste encore plus loin [Grdz,, § 20) sur cette erreur du réalisme qui croit que la forme, par elle-même, suffit à tout expliquer en matière d'esthétique. En effet, dit-il, on ne peut affirmer d'aucune forme qu'elle possède une valeur tout- à fait indépendante, inconditionnée [unhedingi].

1. « Quand, par exemple, dit Lotze, on prétend que la consonance ou l'harmonie «st en tout lieu également agréable, qu'il importe peu quels sont les éléments entre lesquels elle se produit, et de même quel est le sujet qui les perçoit, on peut répondre : la -consonance et la dissonance (et, en général, tout prédicat enfermant une détermination de valeur) ne peuvent absolument pas être considérées comme existant, avant que nous percevions les rapports à l'occasion desquels elles doivent se jjroduire toutes deux, et avant que nous en soyons affectés. Hors de cette relation avec nous, chaque liaison qui s'accomplit objectivement entre deux termes est aussi bonne qu'une autre, et toutes ont la même valeur, il se produit des nuances seulement lorsque plusieurs liaisons sont mises en rapport avec un modèle, qui doit exister... La consonance et la dissonance n'existent jamais assez parfaites dans les relations d'une diversité pour que, par suite, elles doivent plaire ou déplaire, à cause de leur valeur propre ; mais au contraire, chaque rapport ne peut être ainsi appelé qu'autant que son action éveille du plaisir ou du déplaisir en un sujet sentant, étant donné la nature de ce dernier. Prétendre qu'il y a des rapports beaux en soi, et, de plus, que l'esprit le remarque, c'est comme parler d'une douleur qui serait déjà douleur avant d'avoir été éprouvée par quelqu'un et qui ne serait reconnue comme telle que dans la suite par celui qui l'éprouverait » {Grdz,^ § 19).

(( Toutes ces formes n'ont de valeur qu'en tant qu'elles^ sont les modes d'apparition de cette connexion, de ces^ processus, de cette force vive et de ce rythme dans lecours des phénomènes divers; modes d'apparition que^ ce qu'il y a de suprême et d'absolu, c'est-à-dire \& bien, s'efforce de produire dans le monde des phénomènes, en vue de sa propre réalisation.

« Mais un plaisir absolu les accompagne en notreesprit, parce que nous découvrons en elles ce bi^eiL suprême, qui est notre fin propre, non pas réalisé dans^ toute sa valeur, mais bien en tant que principedirecteur de toute l'objectivité, laquelle doit servir à sa. réalisation. L'unité, nous plaît donc dans la variété ; l'équilibre, la symétrie, la permanence, dans le développement successif, non seulement parce que lesrelations sont formelles, mais oarce que nous sentons, que ce sont les mêmes dispositions formelles, quai; imposeraient universellement à ce monde (dans lequel; le bien régnerait sans restriction) la bienveillance, l4u justice, la persévérance, l'équité, c'est-à-dire lesmodes particuliers du bien » [Grdz,, § 20). Nous^ trouvons ici une nouvelle confirmation de la théorieque déjà nous avons exposée au sujet du fondement objectif du beau\ Cette théorie dérive directement de la doctrine hégélienne, suivant laquelle le beau est la réalisation de l'idée dans la matière ; seulement, pour Lotze, l'idée, c'est le bien et semble-t-il, le bien moral' ; il y a donc là comme un reflet de l'idéalisme de Platon, mais d'un idéalisme non réaliste.

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