‹ Essai sur l'esthétique de LotzeChapitre 36 sur 51 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

l'art

Uorifjine et r essence de VArt

Dans le chapitre vi des Grundzûge, qu'il intitule : De la perception esthétique du monde, Lotze cherche à expliquer le passage de la simple perception du beau à la création artistique.

Il débute par une étude sur le rôle de l'imagination.^ dans l'impression esthétique. En effet, après avoir 4éterminé le fondement subjectif et le fondement objectif de cette impression, il s'agit d'établir com ment nous pouvons percevoir les rapports des objets qui constituent ces fondements.

Or, dit Lotze (Grdz., § 32), « les simples impressions, du donné suffisent rarement à engendrer par

1. D'après Kœgel [op. cit., 3' partie), l'imagination, pour Lotze, n'est pas un pouvoir inné ; elle est née de l'exercice de la perception et de la mémoire.

elles-mêmes la jouissance esthétique. Le plus souvent, les rapports qualifiés beaux doivent être tirés d*abord d'une matière perceptible indifférente. Pour cela, il faut non seulement la finesse des sens, mais encore l'activité particulière que nous appelons/rt/i^«/s/e, pour la distinguer de ce qu'on appelle habituellement l'imagination, c'est-à-dire une faculté d'être sensible, non seulement à l'existence, mais aussi à la formation des rapports formels; une faculté de percevoir comme telles les formes données, dans lesquelles (au cas où elles seraient les formes de notre vie) reposerait pour nous un bonheur particulier, susceptible d'être ressenti; enfin, une faculté de reconnaître comme telles les formes que, d'après l'idéal suprême et absolu, nous devons donner à nos états psychiques ».

Par conséquent, la fantaisie, même dans la simple intuition esthétique, est déjà une faculté active (cf. Gt^ïz., § 33). En effet, comme vient de Je dire Lotze, elle ju(/e de la valeur esthétique des formes perçues par rapport à l'idéal' ; et, en cette formule même, on voit que l'activité de la fantaisie se manifeste encore sous une nouvelle forme : la conception d un idéal.

En effet, aucun objet, dans la nature entière, n'est parfaitement adéquat à son idée; on ne trouve nulle part une réalisation totale de celle-ci, car le mécanisme nécessaire, comme nous l'avons vu (supr^a, p. 55 sqq., Grdz., § 18), à cette réalisation, ne se propose pas uniquement d'effectuer cette dernière : aussi produit-il des actions secondaires, complètement indiffé-

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