‹ Essai sur l'esthétique de LotzeChapitre 46 sur 51 · Autrement dit, meneauœ · texte numérisé non relu

Autrement dit, meneauœ

2. Les styles cfécorati/n^ suivant Lotze, se distinguent des grands styles co/i^trurii/s, en ce qu'ils ne possèdent pas un principe archi tectonique rationnel et ne peuvent répondre à toutes les obligations suprêmes de l'œuvre d'art; « pourtant, ils produisent une impression agréable et caractéristique, soit par

portions antiques et d'éléments formels spéciaux ; style de constructions mauresques ' ; style rococo tout à fait capricieux, jouant avec la signification architectonique, et exprimant, tantôt avec. grâce, tantôt avec fadeur, la fantaisie subjective »), (cf. Grdjs,, § 51), Lotze termine par une excellente étude sur la construction privée, qu'il rattache aux styles décoratifs :

« La maison, dit-il (ibid.), pour répondre aux besoins de la vie, ne doit pas être en soi un organisme, comme l'est une construction monumentale, mais bien rester un abri qui, sans originalité, doit seulement chercher à exprimer par l'agrément des formes eCàe la décora tion, les dispositions dominantes de l'époque.

» La maison, appropriée aux nombreuses petites fins de la vie journalière, ne peut pas, de par son essence, représenter en soi les formes pures (liées seulement par des conditions esthétiques ou techniques) des grande styles de construction. C'est pourquoi, aux époques où ceux-ci régnaient, les constructions privées ne leur ont emprunté que tout au plus l'ornementation extérieure. Elles portent la livrée du style dominant, mais non sa marque. Les anciens Grecs n'ont pas habité dans des temples, ni les Allemands du moyen âge dans des cathédrales romanes ou gothiques. Il suffît que la" maison révèle par son extérieur le bien-être intérieur

la singularité de l'ornementation, soit par des formes spéciales privilégiées, soit enfin par des considérations nullement architectoniques» (Cf. Grd^.y § 51).

1. « Le style mauresque, dit Lotze [IhUL], n'est pas, à proprement parler, un style de construction, mais bien un style de jardinier-paysagiste, les colonnes inclinées vers l'extérieur {rappelant l'antique construction des tentes) semblent plutôt soutenir des tapis que porter de lourdes charges. »

qu'elle doit contenir. De nos jours (avec les besoins très nombreux, reposant en partie sur des raisons tout à fait subjectives, besoins qui exigent aussi des tenues de maisons différentes), le rococo, débarrassé de ce qu'il a de superflu, est le style qui convient le mieux, si Ton accorde encore quelque valeqr à la beauté archi tectonique à côté des fins purement pratiques. »

Cette étude sur l'architecture, malgré quelques lacunes et certaines erreurs de détail, nous paraît des plus intéressantes, et même, à notre avis, certains passages constituent des chefs-d'œuvre en matière de philosophie de l'art.

Sculpture

Lotze s'efforce tout d'abord de déterminer l'origine et le rôle de la sculpture :

(( Si la sculpture, dit-il, a eu pour origine un naïf instinct d'imitation, il est pourtant certain que cet instinct avait pour point de départ un intérêt inspiré par l'unité qui apparaît dans la forme vivante entre l'intérieur intellectuel et l'apparence corporelle; car cet instinct tend d'habitude à la reproduction de l'être vivant, plutôt qu'à celle de la simple forme inanimée.

)) Le rôle de la sculpture consisté donc, à notre avis, dans la représentation en un même individu de la pénétration réciproque de l'organisation corporelle et de la vie intellectuelle, représentation telle que le corps ne se contente pas d'obéir passivement, comme un

simple outil matériel, à une impulsion de la part de l'esprit, mais apparaît dans toute sa structure comme Texpression complète de la vie intellectuelle totale de l'individu » (Grdz,, § 52).

Lotze se montre donc dès maintenant, contrairement à Winckelmann, tout à fait hostile à la plastique grecque, qui tenait' compte exclusivement de la beauté des formes.

Procédant ensuite (Grdz., § 53) à une première détermination, vague et générale, de ce que la sculpture se propose de représenter, il déclare que, la matière employée par cet art (que ce soit le marbre ou l'airain) étant durable, sinon éternelle, la sculpture ne doit pas représenter ce qui est purement caractéristique, mais bien « placer son but suprême dans la représentation de caractères idéaux, ou plutôt dans celle de leur apparence sensible ». A notre avis, en effet, l'art en dehors de ce domaine ne pourra créer que des œuvres secondaires^ .

D'autre part, il faut remarquer, avec Lotze, que l'essentiel, pour la sculpture, ce n'est pas l'action, mais bien la figure qui agit. (( Ce qui échoit ici à la sculpture, dit-il, c'est la représentation de la manière dont la vie intellectuelle de la figure s'extériorise dans l'action qui lui en donne l'occasion, ou bien de la manière dont cette action, ce phénomène réagit sur l'esprit de la figure et est accepté par lui )) (Grdz,, § 5).

En effet, une action bien déterminée permettrait au spectateur de croire que, seule, elle est susceptible

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