‹ Essai sur l'établissement monarchique de NapoléonChapitre 15 sur 30 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Qui eût dit que le désastre autrichien de Wagram donnerait une épouse autrichienne à l’empereur des Français ?

Le 16 décembre 1809, un séuatus-consulte ayant prononcé la dissultilioii civile du mariage de Napoléon avec Joséphine, cet acte, si nouveau dans le fond et dans la forme, fut complété , le 0 janvier suivant, par l’officialité de Paris [i] : cette

« d'une vie « imparfaite , pour les jouissances célestes qui l'at- « tendent.

<€ Epargnez-vous d'inutiles conseils. J'ai prié Dieu avec ferveur « et lui ai dit : Pire ciletie, l’aut-H'dme fléchir devant la ri- « gueur de la loi ? Cette voi* foudroyante me répondit : Je te ■ conduirai ,■ que le faut-il de plut ? Marche, et toit intrépide.

» Dimanche , je fus au temple ; on y prêcha sur la mort. Les « dernières paroles du sermon affermirent ma constance; elles U disaient avec sublimité que l'esprit de Ehomme est immortel <1 au-delà de la poussière, s

[i] Aux termes de la disposition du Concile de Trente que « tout mariage est nul du moment qu'il n'est pas fait eu présence

ÉTABLISSEMETIT XORARCBIQUE

décision, l’offîcialité métropolitaine la confirma, le 12 du même mois. La cour de Rome arait élevé la prétention d’en connaître; mais le clergé de France déclara que ce serait contraire aux privilèges de l’Église gallicane; qu’un souverain, aux yeux de Dieu, n’est qu’un homme , et doit être soumis à la juridiction de sa paroisse et de son évêque.

Napoléon avait songé d’abord à une sœur d’Alexandre : mais, durant le cours des négociations, l’Autriche , toujours habile à saisir l’à-propos,offiritune archiduchesse : Marie-Louise devint l’instrument de cette spéculation diplomatique, qu’approuvait l’Angleterre. Dès lors le cabinet de Vienne prit patience ; il s’emparait de l’avenir.

Cette lourde faute ne peut s’expliquer, chez Napoléon, que par une sur excitation de sa vanité. Ce jonr*là, répudiant, avec Joséphine, le dépôt des intérêts de la révolution , il abdiqua son attribut distinctif, sa position à part entre les rois ; tout à coup sa monarchie se fit vieille, et se prit à ressembler à ses aînées. L’empereur de la France régénérée, l’homme des Pyramides, deMarengu, d’Austerlitz , s’attache sérieusement à la conquête des écussons de l’ancien régime ; il faut, à cette couronne révolutionnaire, une auréole de vieux noms.

« du curé de l'une des deux parties conlraclanles, on de son vi- « Caire , assisté de deux témoins. » ,

DK IIAPOLÉOn.

Déjà l’étoile miraculeuse où s’allumèrent tant de courages et de talents ne suffisait plus à la splendeur du trône : dans le palais même de Marie- Thérèse, l’Empereur a fondé l’Ordre militaire des Trois Toisons , création doublement maladroite : elle semble accuser d’impuissance la Légiond’Uonneur, et, au moment de la paix, elle vient offenser l’Europe, en lui montrant, aux mains du même vainqueur, les toisons de Bourgogne, d’Au triche et d’Espagne. Mais ce décret, si contraire à l’esprit du siècle, resta sans efiPet.

A peine Napoléon s’était-il jelé dans le piège couvert de fleurs, que l’opinion publique s’inquiète^ comme au mariage du Dauphin, on eut à déplorer de funestes accidents; le désastre de l’hôtel Schwartzenberg sembla un avertissement sinistre.

D’abord, tout parut sourire au gendre de François II : ses armes régnaient en Espagne; bientôt le canon des Invalides annonça à la capitale la naissance d’un Roi de Rome.

C’est en mars qu’apparait le jeune César ; celte date guerrière sied bien au fils de Napoléon.

Au milieu de ses vastes préoccupations politiques, l’Empereur n’oublie pas le progrès des connaissances humaines. Les décrets du 24 fructidor an XII [i] et du 28 novembre 1809 avaient institué un jury pour la distribution des prix décennaux ;

[i] Il septembre i8o4-

ÉTABLISSUfiRT aORAKCBlQUE

ce jury ayant présenté sun rapport le 14 juillet 1810, les plus illustres représentants des sciences , .des lettres, des arts et de l’industrie, reçurent les couronnes promises (J). *

«Nais, si l’Empire fut une époque de développements très-remarquables dans le domaine des sciences naturelles,' les lettres ne prirent pas le même essor.

En pouvait-il être autrement alors que la classe (les sciences politiciues et morales disparaissait de l’Institut ? alors qu’une sorte d’index moral séquestrant les philosophes du dix-huitième siècle , le pouvoir n’applaudissait qu’aux écrivains contrerévolutionnaires ?

Molière a voit sainement fait de naître deux siècles plus tôt, sous le sceptre d’un monarque absolu; car, moins facile que Louis XIV, l’Empereur des Français eût interdit Tartufe. « Certainement , disaitu il à Sainte-Hélène, l’ensemble du Tartufe est de ' U main de maître: c’est un des chefs-d’œuvre d’un 0 * homme inimitable. Toutefois celte pièce porte « un tel caractère, que je ne suis nullement étonné il que son apparition ait été l’objet de fortes négo- U ciations à Versailles , et de beaucoup d’hésitau ,tion dans Louis XIV. Si j’ai droit de m’étonner « de quelque chose, c’est qu’il l’ait laissé jouer; selle présente, à mon avis, la dévotion sous

Pièces juUificatives. « ••»

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