‹ Essai sur l'établissement monarchique de NapoléonChapitre 16 sur 30 · DE HAP(H^IV · texte numérisé non relu

DE HAP(H^IV

« des coalenrs si odieuses, une certaine ^scène U offre une situation si' décisive, si eomplétei( ment indécente, que, pour mon propre compta,

« je n’hésite pas à dire que, si la pièce eût été faite « de mon temps, je n’en aurais pas permis la re- « présentation [i]. »

Partageant sa haine entre la Grande-Bretagne et les Idéologues, Napoléon s’efForçait de bloquer à la fois la pensée humaine et l’Angleterre : comme sur le monde |>o]itique et commercial, un système prohibitif pesait sur le monde littéraire et philosophique.

Néanmoins, en dépit des entraves, plus d’un grand talent, fort, il est vrai, d’un grand caractère, illustra la littérature de cette époque, soit au théâtre, soit dans d’autres routes.

Placés dans des circonstances toutes ïavorables, les arts ne causaient aucun ombrage; ‘car que sont-ils, sinon la langn&de l’héroïsme et des grandes choses ? Comblés des largesses impériales, ils payèrent noblement lenr dette; les‘exploitS'^de8 années françaises ont trouvé, sur la4oile, sur le bronze, de dignes interprète.s.

Pendant la jiaix. Napoléon n’est pas moins prodigieux que sur les champs de batailles; peut-être même l’administrateur surpasse-t-il le guerrier. On a peine à comprendre qu’nne seule tète ait pu.

[i] Mémorial de Sainte-IIilène , (omo «.

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suffire à cette immense émission d'idées. Avec un tel homme, chaque jour de l’année a son décret , son monument, comme sa victoire : deux Codes , l’un penal [i], l’autre de commerce [»]; l’organisation des tribunaux do première instance ; une loi sur l’expropriation pour cause d’utilité publique} d’immenses travaux de navigation intérieure; Paris enrichi de nouveaux ponts, de halles spacieuses, de quais magnifiques, de nombreuses fontaines; la création d’un Conseil du commerce et des manufactures près le ministre de l’intérieur, de six maisons d’éducation pour des filles de militaires morts au champ d’honneur, d’écoles spéciales de marine à Brest, à Toulon, et d’un conseil de marine; décret sur les prisons et prisonniers d’état; organisation du service des ponts-et-chaussées au-delà des Alpes ; fixation du nombre des journaux ; défense aux iuventeursdevendredesremèdessecreis; récompense promise aux personnes qui découvriront des plantes indigènes propres à remplacer l’indigo; loi importante sur les mines; réduction, en francs, des monnaies évaluées précédemment en livres tournois ; établissement des cours prévôtales des douanes ; restauration de l’arc-de-trioin- •

[i] Le Code d’inslniction criminelle, décrété le 17 novem-' bre 1800, et le Code pénal, occupèrent cent trois séances du Conseil d’Élat.

[ a] Soizante-ct-nne séa nccs, du 4 novembre 1 806 au s9 août 1 807 , furent consacrées à sa discussion.

phode la porte Saint-Denis, avec son inscription, car Napoléon est trop grand pour craindre la gloire d’un autre règne ; installation de la Cour impériale de Paris ; établissement d’une maison centrale do détention à Limoges, de dépôts de mendicité dans nombre d’autres départements ; d’une commission de gouyernement pour les départements de l’Ëms-Supérieur, des Bouches-du-Wéser et des Bouches-de- l’Elbe; décret donnant le litre de censeurs impériaux aux censeurs nommés en février 1809, avec allocation de traitement, plaçant cette censure tracassière sous la responsabilité des autorités locales, et comprimant de plus en plus la liberté de la presse; révocation des décrets de Borliuet de Milan concernant les neutres ( c’était un avantage accordé attx États-Unis) ; autre décret sur l’administration générale de l’Empire; extension, à tout le territoire français, des bienfaits de la Société maternelle ; décrets relatifs aux débiteurs des rentes constituées en argent, des rentes foncières et autres redevances dans les départements de Rome et du Trasimène, au grade de docteur en droit et en médecine des ci-devant université de Pise et de Sienne ; soumission de l’administration des tabacs à la régie des Droits-Réunis; mesures réglant le sort des enfants confiés à la charité publique ; rejet, comme contraire aux lois de l’Empire et à la discipline ecclésiastique , du bref du Pape, donnéà Savone, le 30 novembre 1810,

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ndremë an Vicaire capitulaire et au Chapitre de l’ég1isemétropolitainedeFloreoce,quicoinraeDcepar ces mots: Dilectefili, aaluUtm, et finit par ceux-ci: ...dictionem permanentemimpertimw, défense au garde-meuble de la couronne d’acheter désormais et d’employer aucune toile ou objet quelconque où le coton entrerait pour matière première ; encouragements à la culture de l’indigo-pastel, et à la fabrication du sucre do betterave et de raisin ; fixation d’une prime pour les cotons recueillis dans les départements du Tibre et du Trasimène, dans ceux du Golo et du Liamoiie , et imposition d’un droit additionnel sur les cotons du royaume de Naples, à leur entrée en France ; décrets sur les brevets des imprimeurs ; emploi des prisonniers de guerre aux travaux des ^nts-et-chausées ; indication des emplois civils auxquels peuvent être admis les militaires en retraite ou réformés ; soins donnés à l’amélioration des races de bêtes à laine; dotation des Invalides ; organisation de nouvelles cours impériales et deTlIIyrie; règlement des. attributions respectives du Conseil du sceau des titres et 4(e l’intendant-général du Domaine extraordinaire relativement aux majorats et dotations; aboBtion de la féodalité des Bouches de TËIbe , des Bouches du Wéser et de l’Ems-Supérieur; prorogation de l’amnistie accordée auxt émigrés ; décret pour règlement de police des polders dans les départements de l’Escaut, des Bou- >

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ches-de-l’Escaul, de la Lys, des Denx-Nèthes , des Bouches-du-Rhin etdelaRoër, etc., etc. Ce n’est là qu’une énumération partielle des travaux intérieurs; plusieurs de ces décrets partirent du palais d’Amsterdam ; d’autres furent dictés sur l’Ëscnut, à bord du Charlemagne.

Mieux que par des réflexions , l’administratioi;^ impériale se résume et se caractérise par cette série, prise au hasard, d’actes de nature et d’importance si diverses qui, dans l’apparente confusion de leurs dates, expriment la variété infinie des besoins simultanés d’un grand peuple. Ces besoins Napoléon les embrassait incessamment; jamais administration plus intelligente et plus énergique n’avait porté la vie du cœur anx extrémités , ne l’avait ramenée des extrémités vers le cœur : c’était instinct de ce génie éminemment positif et pratique.

Voilà comment se reposait le conquérant , voila les délassements de Napoléon.

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