‹ Essai sur l'étiologie des varicesChapitre 11 sur 24 · SEULE · texte numérisé non relu

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uns c’est un phénomène primitif en tant que lésion locale ; les autres, au tcontraire, le regardent comme un phénomène secondaire.

Parmi les premiers se rangent les défenseurs de la théorie de Stahl. Pour eux, le flux hémorrhoïdaire est provoqué par l’organisme dans le but de se débarrasser d'un trop plein de sang ou lorsque celui-ci contient des principes délétères. Les hémorrhoïdes qui succèdent à ces fluxions sont comme des soupapes de süreté contre Îles accidents qui pourraient résulter de ces états morbides et qui en résultent, en effet, lorsque le flux, revenant à des intervalles réguliers, estsupprimé pour une cause où pour une autre. D'où la déduction thérapeutique importante d’après laquelle on défend de toucher aux hémorrhoïdes dans le but de les guérir.

Pour les autres auteurs la fluxion n’est qu’une conséquence de la lésion locale préexistante. S’il en était autrement, dit Gosselin, on constaterait cette congestion active avant l’apparition des hémorrhoïdes ; or, il n’en est rien.

Comment expliquer alors la production des fluxions hé-

morrhoïdaires ? Gosselin insiste sur l'influence mécanique de la constipation. D'après M. Quénu (1) il y a plus qu’une simple congestion, il y a une véritable inflammation : = CFluxion hémorrhoïdaire,thrombose, phiébite, ce ne sont là que des modalités de l’infection veineuse ». Pour Vulpian (2) elle est d’origine réflexeet préparée par un travail local irritatif, plus ou moins douloureux ; l'impression qui en résulte est Uransmise aux centres nerveux et elle suspend l’activité des parties de ces centres qui régissent le tonus des vaisseaux du rectum.

(1) Revus de chirurgie 1892, p. 472.

(2) Leg. sur l’app. vaso-moteur, t. II, p. 528,

Nous c'ovons que toutes ces théories ont leur raison d'être, mais qu'aucune d’elles ne peut être appliquée à tous les cas. Les causes qui provoquent les hémorrhoïdes ne sont pas toujours les mêmes, ct il en est de même de celles du flux hémorrhoïdaire. L'administration d’une haute dose d’aloès, une constipation tenace, peuvent provoquér une fluxion hémorrhoïdaire; mais il y a une grande différence enire cette congestion banale et celle qui résulte d’une inflammation (hémorrhoïles enflammées) ou de la suppression d’une menstruation (fluxions supplémentaires).

Causes d'origine infectieuse. En se basant sur ses recherches personnelles et sur celles de Rokitansky, Péan et Malassez, Vidal, Cripps, Ball, qui ont trouvé des ulcérations au niveau des hémorrhoïdes, M. Quénu (1) a émis l'opinion que l’infection locale et directe par les microorganismes de l’intestin, auxquels les fréquentes éraillures de la muqueuse rectale ouvrent la porte, doit jouer un rôle considérable dans l’étiologie des hémorrhoïdes. En effet, Pexamen bactériologique pratiqué chez plusieurs malades opérés en pleine crise hémorrhoïdaire par M. Quéuu, a démontré la présence du bactérium coli dans les caillots que renfermaient les veines enflammées.

C’est à cause de ce fait et de la marche du processus inflammatoire qui débute, selon lui, dans la tunique interne, que M. Quénu considère les lésions des parois veineuses comme le phénomène primitif obligé. « Dans une première phase, dit-il, les tuniques interne et moyenne sont épaissies. À cette période d’hypertrophie succède une période de transformation conjonctive et d’atrophie détinitive : c'est alors que les éléments doués d’élasticité

Georgevitch

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(tissus élastiques et musculaires) ayant été étouffés par la végétation conjonctive, la paroi veineuse cède à Ja pression sanguine sous l'influence de toutes les causes qui entravent la circulation porte. »

Il existe donc toute une classe d’hémorrhoïdes secondaires ayant pour cause une infection locale. Et ce qui est vrai pour l’altération variqueuse, l’est encore davantage pour certaines formes de fluxions hémorrhoïdaires.

Le résultat auquel M. Quénu est arrivé dans ces recherches prouve une fois de plus combien on a eu tort de vouloir être exclusif,en donnant à toutes les hémorrhoïdes la même pathogénie et la même signification.

Prédisposition. Nous en parlons dans la deuxième partie de notre thèse.

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