‹ Essai sur l'étiologie des varicesChapitre 13 sur 24 · Varicocèle de l’ovaire · texte numérisé non relu

Varicocèle de l’ovaire

Richet (1) avait déjà décrit macroscopiquement les altérations variqueuses des veines ovariennes, mais c’est Paul Petit (2) qui, le premier, en fit une étude histologique et démontra qu’il s’agit de véritables varices avec dilatation permanente et sclérose des parois.

La grossesse exerce une influence incontestable sur leur développement (3). Cependant elle n’est pas une condition indispensable et le cas cité par Devalz(4) suffirait à lui seul pour en donner la preuve : il s’agit d’une nullipare chez laquelle, à l’autopsie, le plexus utéro-ovarien a été trouvé variqueux.

Comme dans les autres régions, l’ectasie de ces veines est favorisée par toutes les causes capables d’entraver la circulation en retour. Elles sont d'ordre général (Doleris) (5), comme les maladies du cœur et des poumons, où agissent localement, comme les tumeurs de l'abdomen, la grossesse, la constipation. D’après Dudlay les déviations utérines produisent souvent le varicocèle de l’ovaire ; c’est ainsi que sur 34 cas de rétrofexion Winkel l’a constaté 3 fois.

Coë (6) insiste sur l’érection de l'utérus représentée par

(1) Anat. médico-chirurg., p. 847.

(2) Nouvelles Arch. d’obstétr. et de gynécol. 25 oct. 1894.

(9) Le:

(4) Th. de Paris 1858.

{5) Soc. obst. et gyn. mai 1891, (6) Americ. journ. off. obsteir. mars 1889,

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les mouvements alternatifs de contraction et de relàchement, et favorisée par les émotions morales, la ponte ovulaire et le coït : pendant la contraction la cireulation veineuse se trouve entravée et amène dans les veines ovariennes une congestion passive.

Si toutes ces causes peuvent, dans certains cas, déterminer la gêne circulatoire, il en est deux autres, d'ordre anatomique, qui, même dans les conditions normales, favorisent la stase. Ge sont l’absence de valvules dans les veines ovariennes et leur mode de terminaison rappelant tout à fait celui des veines spermatiques. De plus, les cas ne seraient pas rares, d’après Devalz, dans lesquels la veine ovarienne droite se jette, elle aussi, dans la veine rénale. C’est à cause de cette dernière particularité que le varicocèle droit serait plus fréquent chez la femme que chez Phomme.

La stase vèêineuse, produite d’une façon ou d’une autre, ne peut, d’après Devalz, provoquer à elle seule l’altération variqueuse des parois tant qu’il n’y a pas de prédisposition aux varices. Roussan (1) accuse l’atonie de la veine et. étudie les coïncidences morbides que lon trouve chez les malades : sur # observations qu’il nous donne dans sa thèse, nous trouvons 2 fois des manifestations arthritiques chez les parents; quant aux 2 autres, les recherches sur les antécédents héréditaires laissent à désirer, mais chez les malades on a trouvé des hémorrhoïdes, et, en plus, chez l’une des varices et chez l’autre des veines saillantes aux jambes.

De tous les faits exposés jusqu'ici nous pouvons conclure que le varicocèle de l’ovaire est assez fréquent, que

(4) Th. de Paris 1892.

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les causes qui lui donnent naissance rappellent celles du varicocèle chez l’homme et que, par plusieurs côtés, il lui ressemble et justifie le nom qu’on lui a donné.

Les autres régions des organes génitaux sont plus rarement atteintes de varices. On peut bien observer, chez les femmes enceintes, des phlébectasies au niveau de la vuive et du vagin, plus rarement sur le col de l’utérus ou dans les ligaments larges (Budin)(1), mais ces éclasies disparaissent après l’accouchement et la cause qui provoque leur apparition est suffisamment claire pour qu’on n’ait pas besoin d’y insister.

Chez l’homme elles sont encore plus rares sur les organes génitaux externes. On les rencontre quelquefois chez les gens âgés, aux bourses, où elles ont été décrites autrefois sous le nom de varicocèle, mais elles ne présentent aucun intérêt pour nous, n’étant le plus souvent que de simples dilatations veineuses.

Les varices sont exceptionnelles au pénis. Cependant elles existent et peuvent même occasionner des troubles fonctionnels de cet organe, comme dans les cas rapportés par Parona (1), dans lesquels l'érection était impossible jusqu’à la guérison de l’ectasie de la veine dorsale de la verge.

() Arch. di ortopedia anno V, N°1 et 2.

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