‹ Essai sur l'ÉuthanasieChapitre 10 sur 17 · ROUE · texte numérisé non relu

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ments intacts, complètement indolente et d'une dureté uniforme.Elle estindépendante de l'articulation du genou, collée au fémur ét l'on ne pouvait dire si elle avait pris naissance dans l'épaisseur des tissus ou aux dépens du périoste. Après des examens soigneux el répétés, on dut s'arrêter, à défaut de toute autre interprétation valable, à l'idée d’un sarcome ; le malade fut averti qu'il faudrait probablement lui amputer la cuisse très haut ou lui désarticulier la hanche, si ce diagnostic était confirmé par l'incision exploratrice qu'on ne manquerait pas de pratiquer tout d’abord. Il y consentit, et le jour de l'intervention, il s'endormil persuadé qu'il avait fait le sacrifice de son membre inférieur. Mais heureusement, l'incision de la tumeur après avoir traversé une énorme épaisseur de tissus sclérosés très durs ouvrit une collection purulente, d’ailleurs peu abondante, dont le drainage amena une guérison promple et complète. :

: Nous trouvons enfin dans le même journal anglais qui rapporte la première observation, le cas suivant : l'aumônier d'un hôpital de Londres désirant s'assurer sur la vie s'adressa à plusieurs Compagnies qui refusèrent à cause d'une grave lésion valvulaire qu'on lui découvrit. Il eut alors recours à l'Administration de l'hôpital et sollieita une pension. Il l'obtint, en effet, el généreuse, son cas ayant été reconnu comme devant l'emporter à bref délai. Il jouit de sa pension pendant 40 ans.

11 ne serait pas diffile de dresser ainsi une longue liste de faux diagnostics. Tumeurs en apparence malignes, cardiopathies imaginaires, fausses tuberculoses, pseudoparalysies générales, l'attention des médecins est tous les jours attirée par ces erreurs qui ne seront jamais complètement évitées. Le médecin ne peut que comparer les signes qu'il constate à ceux qu'il a déjà observés ; ses

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conclusions ne peuvent prétendre à la certitude absolue. Aucun praticien n'est à l'abri d'une faute ; le plus éminent, le plus expérimenté est quelquefois celui qui laisse le plus de place au doute.

Les mêmes incertitudes dans le diagnostic se retrouvent tout naturellement au sujet du pronostic. [ci, nous ferons tout de suite une différence, suivant qu'il s'agit d'une affection au début ou à la période d'état, ou d'une agonie plus ou moins confirmée.

L'erreur du diagnostic, disons-nous, entraîne l'erreur du pronostic. 1l n’en est cependant pas toujours ainsi. On pourrait également dresser ia liste des fausses prédictions basées sur un diagnostic rigoureusement exact. Le cas le plus typique qui ait été publié à ce sujet est certainement celui de Pearce Gould que nous empruntons au récit de M. Récamier sur le traitement des malades Imopérables.

En 1890, on enlève à une femme le sein gauche pour un squirrhe typique diagnostiqué par le microscope.

En 1895, elle était amaigrie et dyspnéique avec une récidive dans la cicatrice, de nombreux nodules secondaires dans la peau, de gros ganglions axillaires et susclaviculaires des deux côtés et une fracture spontanée du col du fémur gauche due à une tumeur de l'os.

Elle paraissait mourante ; or, entre mars et novembre 1896, les nodules devinrent chéloïdiens-cicatriciels, la fracture se consolida el toute apparence de tumeur disparut sans qu'aucun traitement spécifique ait été tenté. En même temps, l'état général s'améliorait.

En 1899, les cicatrices étaient devenues souples et l’état général était excellent.

En 1906, lorsqu'elle fut perdue de vue, la malade jouis-

LE st sait d'une santé en apparence parfaite (Pearce Gould, Clinical Society trans., vol. XXXII, p. 272).

Cet exemple prouve — ce qu'aucun chirurgien n'ignore — que le cancer est sujet à des régressions, à des disparitions apparentes même qui peuvent durer de longues années.

On pourrait multiplier les exemples de survies très longues quelquefois, malgré la gravité des affections. Toute méthode nouvelle de traitement du cancer, de la tuberculose a, à son actif, des prolongalions inespérées. Nous empruntons à M. Owen les observations suivantes :

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