‹ Essai sur l'ÉuthanasieChapitre 11 sur 17 · OBSERVATION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

OBSERVATION PREMIÈRE

Il s'agit d’une femme chez qui on avait fait le diagnostic ferme de cancer de l'estomac. On l'opéra et on découvrit en effet un cancer du pylore, aussi dur que possible. On fil une gastro-entérostomie antérieure et le pronostic le plus sombre fut porté.

Le résultat cependant fut que, après avoir été une grave malade, cette femme recouvrait une excellente santé : elle gagnait même l’année suivante un tournoi de tennis.

OBsERVATION II

La deuxième observation concerne.un malade, brightique avancé. Son état, au dire des médecins, était désespéré. Le malade envoya les médicaments au diable, mangea, but, et se dépêcha de jouir joyeusement du peu de jours qui lui restaient à vivre. Il vécut ainsi pendant

vingt ans environ.

ÉD a

Nous trouvons dans la thèse de M. Ballard : « Comment meurent les épileptiques » ; ces lignes de Tissot: «ll y a sans doute plusieurs épilepsies incurables, mais elles ré le sont pas toutes ; J'en ai pour ma part guéri un très grand nombre, plusieurs médecins peuvent en dire autant, el je suis persuadé qu'on en guérirait davantage si les médecins n'étaient pas eux-mêmes trop imbus de ce pré- Jugé, si plus d'espérance leur donnait plus d'attention, et si en abandonnant trop tôt un malade ils ne le réduisaient à la triste nécessité de se Jeter entre les mains meurtrières des charlatans qui osent tout... »

Ces guérisons, ces prolongations sont une des plus sérieuses objections à l'assassinat par pilié.

De plus est-on jamais sûr que le malheureux qu'on a soi-même condamné et qui vous réclame la mort ne la refusera pas le lendemain après une nuit meilleure ? l'amélioration inattendue qui survient peut lui faire désirer la survie. Quelle faute pour le médecin qui, trompé par une résolution en apparence inébranlable aurait avoué son impuissance el laissé échapper le mot funeste. « I] ne s'agit pas seulement, en effet, dit le D' Toulouse, de savoir si le malade peut guérir, car au cours d'’affections certainement incurables, le palient éprouve dans les conditions les plus misérables Ja Joie de durer. Il faut encore que le mal lui paraisse plus terrible que la mort ; or, c'est là une question de trêve dans la souffrance et en définitive d'appréciation, toutes choses variables d'un moment à l’autre. Que de fois un malade a imploré devant moi la suprême délivrance! Puis une éclaircie survenait dans son étal, et l'instinct de la vie le reprenait avec toutes ses pitoyables illusions. »

Et qui nous dit même que cet incurable n'affirme son

énergique volonté de mourir que pour démasquer notre.

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