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y à quelques années, fut projeté de son automobile sur la chaussée et eut la tête prise entre un tas de pierres et sa voiture versée. Relevé sans connaissance avec les
signes d'une fracture de la base du crâne, il fut soigné
avec intelligence et énergie par quatre médecins qui n’épargnèrent rien pour le tirer du coma. Malgré une active médication, la respiration devintirrégulière et se ralentit, le pouls s’affaiblit et se fit inégal, le rale agonique apparut. Devant l'évidence des signes d’une mort évidente, on suspendit toute tentative. À ce moment le désir de faire durer le moribond pendant quelques minutes encore, jusqu'à l’arrivée d’une parente, m'engagea à reprendre et à pratiquer sans compter, piqûres d’éther et de caféine. A l’étonnement de tous l’agonie se suspendit, le cœur se remonta, la respiration se rétablit, le blessé sortit du coma.
Il à joui, depuis, d’une excellente santé.
Un troisième cas concerne une Jeune femme qui fut atteinte de colibacillémie après un accouchement, il y a onze ans. Deux spécialistes lui prodiguèrent leurs soins en consultation avec deux médecins de la localité et un chef de clinique gynécologique. D'un avis unanime, la situation devint désespérée. Toutes les médications avaient été tentées sans succès y compris de nombreux
abcès de fixation mis en œuvre par le père même de la
méthode. Une double parotidite s'était produite. L’agonie s'établit et deux des trois médecins qui se trouvaient auprès de la malade refusèrent leurs concours à celui d’entre eux qui voulait tenter une dernière chance en procédant à une injection de sérum d’un litre. Ils déclaraient absurde toute tentative dans un pareil moment; rien ne pouvant arrêter l'œuvre de la mort. Et, cependant, cette
ultime médication eutun plein succès, la guérison survint &s
la malade se rétablit entièrement et elle a eu depuis de nombreux enfants.
Il résulte de ces observations que le médecin doit être vitaliste. Son rôlese borne à aider la nature en acceptant la définition de Bichat: la vie est l'ensemble des formes qui résistent à la mort, le médecin doit aider ces forces, il lui est interdit de les combattre. En face d'un incurable, il doit lutter comme si la maladie était guérissable, opérer quand cela estencore possible, essayer les traitements médicaux même s'ils paraissent vains.
Là cependant ne s'arrête pas son rôle. La médecine de l'antiquité pour montrer cet art d’une certitude incontes table et de peur qu'on lui attribue les souffrances qu'elle ne pouvait adoucir s’occupait peu de calmer la douleur. Aujourd’hui c’est un des devoirs du médecin.
La lutte éclairée contre les tortures de certaines maladies, le cancer par exemple, est actuellement en bonne voie de réalisation. M. Récamier, dans un rapport à la conférence internationale de 1910 pour l'étude du cancer. a précisé la situation actuelle de l'assistance aux cancéreux inopérables. Nous ne referons pas cette étude qui ne présenterait aucun earactère nouveau. Nous en reliendrons cette assurance que la douleur dans les cas les plus épouvantables, le cancer de l'utérus par exemple, est le plus souvent vaineue.
Une objection en apparence sérieuse quia été faite au corps médical par les partisans de l'euthanasie concerne celte question des stupéfiants longtemps administrés. Vous refusez d'achever le malade que vous avez condamné, disent-ils, et vous le tuez chaque jour à petite dose. Vous savez que la morphine est un poison et qu'elle raccourecit la vie, vous en donnez davantage à mesure que le mal progresse. Et l'on accuse la médecine d'hypocrisie. Les dan-