‹ Essai sur l'évolution de l'assistance aux aliénés à MarévilleChapitre 11 sur 27 · I. — MARÉVILLE, Renfermerie et Manufacture C · texte numérisé non relu

I. — MARÉVILLE, Renfermerie et Manufacture C

En 1714, le Duc Léopold créa une Renfermerie ou maison de correction pour jeunes gens vicieux, comme il en existait déjà en Franche-Comté. Un emprunt extraordinaire fut lancé qui permit de nouvelles constructions. On créa alors un grand bâtiment sur perron dont la façade était tournée vers Nancy, puis une chapelle fut édifiée, plus somptueuse que la première.

En 1716, Léopold adjoignit à la Renfermerie une manufacture de bas de laine. Jean Leduc, son valet de chambre, eut le privilège de s’établir, à condition de pourvoir à la garde des détenus qui travaillaient à sa fabrique.

Ainsi la ville de Nancy dut laisser exploiter par un particulier des bâtiments reconstruits à ses frais. Sur une lettre de cachet du Duc. ou bien à la demande de leurs parents, les enfants étaient enfermés à Maréville. Ceux qui le pouvaient, payaient une pension de 300 livres, les autres s’engageaient à travailler pendant sept ans dans la manufacture. A côté des détenus, on employait aussi des pauvres sans travail; le régime de ces malheureux était extrêmement sévère et on exigeait d’eux un labeur acharné. De plus, ils étaient maltraités et mal nourris. Nombreux étaient ceux qui cherchaient à s’enfuir, mais les gardes avaient droit de massacrer ceux qu’ils reprenaient. Quelques détenus devinrent fous et on les isola dans des casemates spécialement aménagées, attachés à des chaînes.

Il est curieux de constater l’analogie évidente qui existe entre les lettres de cachet et les certificats de placement actuellement en vigueur, analogie qui se retrouve jusque dans les termes employés.

MARÉVILLE

Benlermerte Manufacture

Page 1