‹ Essai sur l'évolution de l'assistance aux aliénés à MarévilleChapitre 12 sur 27 · FIG · texte numérisé non relu

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Légende

SSS Jiure de séparation de La manufacture d'uve Le cts et Les joins

(Collection de Mr Wiener.)

Voici, par exemple, le texte d’une lettre de cachet :

Lunéville, 16 juillet 1742.

Ordre au Directeur de Maréville de recevoir C., demeurant à Nancy, pour être détenu pendant 6 années, et pendant ce temps, être emploié à la dite Manufacture, à charge que son travail sera compensé avec sa nourriture et entre-

pores

tien et à condition que si le père de C. venait à le retirer avant l'expiration des dites 6 années, ou que les directeurs soient obligés de le congédier avant l’expiration de ce même terme, pour cause de maladies ou autres motifs, le dit C. père sera tenu de leur paier une indemnité proportionnée, ainsi qu'il sera convenu entre lui et les dits Directeurs.

Une autre lettre était rédigée en ces termes :

J'avais dessein, Monsieur, de faire sortir de Maréville, le nommé Joseph de …, parce que ce sont ses parents qui l’y ont fait mettre de leur propre autorité, mais sur les témoignages qui m'ont été donnez de sa mauvaise conduite et sur le compte que j'en ai rendu au Roi de Pologne, Sa Majesté trouve bon qu’il y reste jusqu’à nouvel ordre, ce qui vous servira de pouvoir pour l'y retenir. Si dans quelque temps, l’on s'aperçoit d’un amendement très réel de sa part, vous m'en donnerez avis.

La plupart des détenus étaient des hommes : on en comptait 120. |

En 1733, à la mort de Jean Leduc, la Ville de Nancy essaya de former une société et se chargea de la Renfermerie. Sous Stanislas, la manufacture périclita progressivement et en 1745 elle fut totalement abandonnée.

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Ill — MARÉVILLE sous les Frères (1749-1794)

Si la Ville renonçait à diriger la manufacture, elle avait pourtant maintenu à Maréville les jeunes détenus, sous la surveillance d’un directeur. Le 29 juillet 1749, le Roi de Pologne signa un traité avec la Congrégation des Frères des Ecoles Chrétiennes, alors représentée par Frère Exupère. Maréville devint la plus importante des communautés de l’Institut dans l’histoire des Frères des Ecoles Chrétiennes au xvnr siècle. C’était le Saint-Yon de la province orientale.

L'Institut prit possession de Maréville le 19 septembre 1749 par mandat donné aux Frères Exupère et Anastase, directeurs.

Suivant l’usage, le tabellion royal remit au Frère Anastase les clefs de Maréville; il arracha une motte de gazon qu'il lui donna ainsi qu’une poignée de paille que l’un des nouveaux propriétaires brûla dans une des cheminées.

Par acte du 22 juillet 1749, il fut décidé que l’Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes s’engageait, moyennant trente-trois mille livres, « à fournir sept Frères au moins et un plus grand nombre sil est nécessaire, pour avoir soin de la « maison de correction de Maréville », près de Nancy, et pour enseigner gratuitement aux pauvres enfants masles des trois paroisses de la Ville de Nancy et faubourgs qui y répondent, à lire, écrire, chiffrer, l'orthographe, les quatre premières règles de l’arithmétique et la religion sui-

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vant le catéchisme du Diocèse, le tout conformément à la méthode de leur Institut et aux charges, clauses et conditions qui suivent :

Que la Maison de Maréville, dans l’état où elle est, sera abandonnée à perpétuité et en toute propriété aux Frères des Ecoles Chrétiennes, avec tous les bâtiments, cours, jardins, enclos, terres, fontaines, et meubles qui s’y trouvent et en dépendent; qu'ils seront tenus de réparer et entretenir la maison et ses dépendances des grosses et menues réparations.

Que la rente annuelle de mille cinquante livres barrois, provenant de la Fondation d'Anne Fériet, leur sera transportée, également à perpétuité.

Que les Frères auront le droit de faire construire un colombier ouvert de pigeons fuyards.…, de planter des vignes dans l’enclos, et de faire dans les bâtiments tous les changements qu'ils trouveront nécessaires.

Qu'il sera permis à l’Institut d'établir un noviciat de leur Ordre dans la maison de Maréville; de recevoir des pensionnaires libres, aux conditions dont ils conviendront avec eux ou leurs parents; mais qu'ils soient tenus de recevoir, garder et entretenir tous les sujets qu'il plaira au Prince de leur adresser, par lettre de cachet, moyennant une somme annuelle de trois cents livres de France.

En 1771, Maréville devint chef-lieu d’une des quatre provinces de l’Institut. Dès cette époque, les Frères avaient le droit de recevoir des fous. A côté de la Renfermerie, ils créèrent un noviciat pour assurer le recrutement de leur Ordre.

Les Frères s’enrichirent rapidement. L’année 1777 est le commencement, pour Maréville, de ce que les Frères d’alors nomment la période des grandes cons-

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tructions. Les pensionnaires libres et les insensés, les novices et les Frères se trouvaient à l’étroit. Il faut donc construire et sans délai, pour séparer complètement les divers services. Comme le Directeur, le Frère Jean-Marie, n’a pas le temps de s’en occuper, c’est le Frère Salomon qui est chargé de régler les mémoires relatifs aux constructions et de surveiller l’exploitation des propriétés.

Le bâtiment de Léopold est prolongé et exhaussé, la chapelle transformée, quatre maïsons construites pour les vignerons; c’est à cette époque également que sont installés divers services : boulangerie, maréchalerie, serrurerie, menuiserie, cordonnerie, serres et viviers. D’immenses travaux de nivellement sont entrepris.

Les constructions furent terminées vers 1789; douze ans plus tard, un inventaire fait par la Municipalité de Laxou précéda les spoliations révolutionnaires.

Le 28 février 1791, le Frère Jean-Marie, directeur, déclara que Maréville avait trois mille cinq cent soixante-quinze francs de rentes acquises par le travail, les privations, l’économie et la bonne administration des Frères.

ÂÀ cette date,

le Frère Félix était sous-directeur,

le Frère Julien, directeur des novices,

le Frère André, préfet de la pension de force,

le Frère Jean-Cliniaque, préfet de la pension libre, le Frère Antide, procureur.

« Le Procureur général eut le droit de visiter l’établissement pour s'assurer si les détenus étaient bien

a ART TEE i les règles d’une bonne hygiène y étaient ob

traités, $ servées. »

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