‹ Essai sur l'évolution de l'assistance aux aliénés à MarévilleChapitre 13 sur 27 · SEEN · texte numérisé non relu

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(Collection de Mr Wiener )

Le nombre de pensionnaires augmenta alors dans de fortes proportions. Ceux-ci se composaient de détenus envoyés par l'Etat, de fils pervers et aussi d’aliénés

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qui se faisaient de plus en plus nombreux. On considérait alors ces derniers, non pas comme des malades, du ressort de la médecine, mais comme des êtres ensorcelés, à faire soigner par des religieux.

En 1794, il y avait environ 40 aliénés. Les Frères traitaient de gré à gré avec les familles; le prix de pension était d’ailleurs élevé et atteignait parfois 1.000 livres. Il y avait donc déjà de ce temps des placements volontaires et des placements d'office. La gestion des Frères dura 42 ans et Maréville atteignit pendant cette période une grande prospérité. Telle était la situation des Frères des Ecoles Chrétiennes au moment où éclata la Révolution. Par la loi du 18 août 1792, la maison fut classée parmi les Biens Nationaux. En vertu des nouveaux principes proclamés, on fit sortir de Maréville les jeunes gens qui y étaient détenus par lettre de cachet ou sur la demande arbitraire des familles. Les Frères cessèrent de recevoir des adolescents en correction. Le noviciat fut fermé à son tour et il ne resta que des aliénés. Les Frères ne furent pas inquiétés tout d’abord, mais comme ils recevaient des prêtres réfractaires, la population s’en aigrit bientôt et lorsqu’en 1794 on exigea d’eux le serment à la Constitution, ils préférèrent l’exil.

Ils quittèrent Maréville le 21 février 1794 et le soir même, à minuit, éclata un violent incendie qui consuma tout le bâtiment de Léopold et en même temps toutes les archives. L’incendie dura deux journées entières, malgré toute la diligence du corps des Sapeurs- Pompiers de Nancy. Il y eut malheureusement de graves accidents de personnes. On s'était porté au secours

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des aliénés, qui se tordaient de désespoir derrière leurs barreaux; on réussit à en sauver une trentaine que l’on garda provisoirement dans l’église Saint-Sébasten de Nancy; mais cinq ou six d’entre eux furent brûlés. Les Frères furent nettement accusés d’être les incendiaires. La chapelle et les nouveaux bâtiments avaient seuls échappé aux flammes. Une enquête judiciaire fut ouverte, les Frères furent arrêtés, mais leur supérieur, Frère Jean-Marie, avait disparu, ce qui provoqua de nouveaux soupçons. Un morceau de goudron trouvé près du foyer de l’incendie, ne fit que les augmenter ; cependant l’affaire tomba dans l’oubli sans qu’on n'ait jamais pu en éclaircir les causes.

Maréville fut à peu près abandonné après cet incendie; on y ramena seulement les 30 fous enfermés dans Saint-Sébastien; ils y furent surveillés par un ex-religieux nommé Questand.

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