I. — MARÉVILLE, Hôpital de Pestiférés
L'Histoire de Maréville est étroitement liée à celle de la Lorraine. Nous ne pouvons l’en séparer et nous rappellerons rapidement la misère qui ne cessa de dévaster notre contrée jusqu’au xvn° siècle.
En 1315, la famine régnait en Lorraine. Elle fut accompagnée d’une effrayante mortalité produite, soit par une maladie contagieuse, soit par la misère et les privations. La capitale dut se ressentir de ce double fléau qui dura quatre années consécutives. En 1400, une nouvelle épidémie qui enleva à la ville de Pontà-Mousson plus de 2.000 de ses habitants, exerça ses ravages dans notre pays. Elle reparut en 1404 et fit encore de nombreuses victimes. La disette que l’on éprouva cette année n'y fut sans doute pas étrangère : les récoltes avaient manqué en 1403 et le blé était excessivement rare. En 1439, la mortalité régna à Nancy, et le Marquis du « Pont », fils de René [°”, qui arrivait de Naples, dut se réfugier à Gondreville. En 1491 et 1492, une épidémie que les comptes du Receveur général qualifient de peste, y sévit : « Longue
espace de temps, assavoir 20 mois. » René IT quitta la capitale dont le commerce souffrait cruellement pendant toute la durée du fléau. Dix ans plus tard, la population eut à endurer la famine et ce fut à cette occasion que, suivant la chronique, René, pour soulager son peuple, entreprit la reconstruction du Palais Ducal. L’abondance était à peine rétablie, grâce à la récolte de 1503, qu’une contagion extrêmement meurtrière se déclara et régna jusque 1505; elle fut si terrible qu’elle passa en proverbe en Lorraine, où, pour signifier une chose épouvantable, on disait qu’elle ressemblait à la peste de 1505. En 1508, il en parut une nouvelle à Nancy, d’où l’on expulsa les habitants qui en étaient atteints. La peste paraît y avoir sévi à peu près continuellement de 1517 à 1519; alors les magistrats imaginèrent de faire jouer du tambour dans les rues, pour « baïller passe-temps à ceux qui étaient demeurés dans la ville ».
Le fléau reparut encore en 1521, mais avec plus de violence qu'auparavant. Le compte des deux jurés commis au Gouvernement à Nancy, renferme un chapitre spécial consacré à la dépense faite « durant le temps que la peste y a raissgné par certain temps ». On y voit que la ville avait à ses gages, « un barbier » ou chirurgien chargé de visiter les malades, « les saingner et penser ». D’autres individus, hommes et femmes, étaient également salariés pour « solliciter, penser et mettre à point les malades qui étaient frappez de la peste et mettre en terre les mors ». Un prêtre servant la ville en qualité de chapelain devait « confesser et administrer les droits de Saincté Eglise à
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Plan montrant l'emplacement de l'Hôpital des Pestiférés par rapport à la Ville de Nancy.
(Collection de M. le Dr Lalanne.)