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hommes; de plus, ils fournissaient

17.000 hommes à l’armée impériale, ceux-ci armés et disciplinés à l’européenne.

Les royaumes indigènes sont très inégalement développés. Sir Sàlàr Jang, premier ministre du nizàm, a transformé Haidarabâd d’État asiatique et féodal en État moderne. Mâdhava Rào a donné successivement à Travancore, Gwâlior et Baroda une administration assez peu différente de l’administration de l’Inde britannique. Les begams de Bhopal ont fait de leur principauté l’une des plus prospères de l’empire (2).

(1) Cf. Statcment cxhibiting the moral and material progress and condition of India ( blue book ). Pour 1898-99, p. 186; pour 1899-1900, P# 195.

(2) Sir Sâlâr Jang (1829-83) succède à un oncle comme premier ministre du nizâm dTIaidarâbâd en 1853, cède la province de Berâr aux anglais qui l’administrent et donnent le surplus du revenu au nizâm (1853). Réformes politiques, sociales, économiques. Loyal appui prêté au gouvernement britannique pendant l’insurrection de 1857. Régent à la mort du nizâm (1869). En Angleterre, 1876. Mort en 1883.

Mâdhava Râo, né en 1828, dewân de Travancore de 1858 à

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Pour compléter son œuvre, Lord Mayo posa un troisième principe, veiller à la bonne éducation des futurs souverains. Il fonda une école pour les princes du Kathiâwâr et les rois râjputs souscrivirent eux-mêmes 70,000 livres pour la fondation du collège Mayo d’Ajmîr (1). Mais les ràjas sont encore nombreux qui, entourés de courtisans, énervés dès le jeune âge par les plaisirs du harem, ne peuvent ni gouverner, ni même avoir d’enfants.

Dans l’ensemble, la transformation des États indigènes pendant la seconde moitié du dix-neuvième siècle permet d’augurer favorablement de 1’évolution de la civilisation indienne et de l’évolution de la civilisation asiatique. Avant 1850, des principautés féodales, les unes musulmanes et à la merci de troupes étrangères aussi insoumises, aussi brutales que les janissaires ; les autres hindoues et sous l’influence des bràbmanes qui leur imposaient des superstitions stupides, des pratiques grossières ou immorales. Dans toutes, des souverains abrutis par les plaisirs, des intrigues, des conspirations, des révoltes; dans toutes, des

1872; premier ministre de Gwâlior; administre Baroda de 1875 à 1883.

Parmi les hommes d’JÉtat de l’Inde au dix-neuvième siècle : Dinkar Bâo de Gwâlior, Kirparam de Jammu, pandit Manphul d’Alwar, Madho Râo Baroe de Kolhapur et Purnia de Mysore. (Cf. Sir Richard Temple, India in 1880, p. 76.)

(1) Il faut encore citer les collèges de Rajkumar (Rajkot), Daly (Indore), Aitchison (Labore) (ensemble plus de deux cents élèves.')

supplices cruels, le peuple écrasé d’impôts, les finances dilapidées par le luxe de la cour et la rapacité des favoris. Ni routes, ni canaux, ni postes, ni police. Aujourd’hui beaucoup de rajas sont instruits et tous les royaumes, quel que soit le souverain, sont de fait bien gouvernés : l’on y trouve des chemins de fer, des postes, des télégraphes ; la sécurité des habitants et des voyageurs est complète. Les taxes sont modérées et, malgré les famines, les progrès matériels sont apparents.

Ainsi le gouvernement britannique fit de l’Inde un État distinct de la Grande-Bretagne, avec ses besoins propres et sa politique personnelle. La situation nouvelle demandait un nom nouveau : le Ier janvier 1877, la reine prit le titre d’impératrice de l’Inde ( Kaisar i Hind) (I).

Un empire veut une politique impériale. A l’Est, l’annexion de la haute Birmanie, un traité avec la Chine qui assure l’influence de l’Inde dans l’ouest du Yunnam, des intrigues dans le Siam, dont l’Inde possède la côte occidentale. Au Nord, le Thibet pressé par les postes de l’Assam, de l’Himâlaya et du Kaslimir. A l’Est, la conquête

(1) L’empire indien a son drapeau bleu, avec l’étoile de l’Inde, mais dans les cérémonies officielles l’on arbore toujours le drapeau britannique. — I Hind, persan. Kaisar, de l’allemand.

l’inde moderne

du Ghitral, la construction d’une ligne ferrée dans le Baluchistan (1), l’occupation de quelques villages persans et de plusieurs iles dans le golfe Persique, la côte arabique reliée à Karachi par un câble, une alliance avec le sultan de Ivoweit, la concession d’une grande ligne télégraphique persane à une compagnie anglaise, enfin l’extension de la colonie indienne d’Aden, qui jusqu’en 1898 exerça son protectorat sur la côte des Somalis.

L’empire britannique de l’Inde a donc réalisé l’une des fins de l’évolution indienne : il a donné à la péninsule, avec cette paix que les anglais aiment appeler : Pax britannica, l’unité politique en vain cherchée depuis trente siècles. Et comme les Etats de l’Inde n’ont pas formé un seul royaume, mais une fédération, l’union n’enlève aux habitants de ces États ni leur indépendance ni leur originalité.

Et l’empire britannique a fait de l’Inde une grande puissance asiatique, qui, tous les jours, étend ses conquêtes et son influence. C’est là un fait nouveau dans l’histoire de l’Inde et dans l’histoire de l’Asie. Depuis la fin des invasions mongoles jusqu’en 1870, les peuples de l’Asie

(1) Ligne de Quetta et de Chaman qu’on prolonge dans le midi jusqu’à ISushki.

s’étaient isolés : il n’y avait pas de politique asiatique. Mais voici trente ans que l’Inde et le Japon ont chacun leurs visées particulières dont l’Europe doit tenir compte : car le Japon est indépendant et, bien que dirigé par des anglais, le gouvernement indien a ses propres ambitions; le jour n’est sans doute pas éloigné où une opinion publique indienne exagérera certaine de ces ambitions (1 ) .

Développement des institutions de l’Inde. — L’administration. Les libertés politiques. — La part faite aux indiens dans le gouvernement. — L’armée. — La nouvelle législation. — L’instruction publique.

En donnant à l’Inde l’unité politique, 1 Angleterre n’achevait pas l’œuvre qu’elle avait entreprise, elle la préparait seulement. Yoici en quoi cette œuvre devait consister : affranchir l’Inde de la division en castes, de l’oppression brahmanique et du régime féodal pour lui permettre de

(i) Jusqu’ici l’opinion publique indienne s’est montrée défavorable aux conquêtes, principalement à l’annexion de la Birmanie. Ces conquêtes qui accroissent le nombre des races et des religions fournissent aux anglais de bons arguments pour repousser certaines réformes désirées. Mais quand il se formera un sentiment national indien, les indiens voudront, comme les japonais, une politique d’expansion. Or ce sentiment national indien commence déjà à se manifester.

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poursuivre son évolution. Seule l’influence de l’Europe pouvait accomplir cette transformation en développant et la civilisation morale et la civilisation matérielle. Pour comprendre l’influence de l’Europe sur la civilisation morale de l’Inde, il convient d’étudier successivement l’administration et l’armée de l’empire indien, sa législation et son système d’éducation.

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