CLASSIFICATION NOUVELLE DES EAUX THERMO-MINÉRALES
Les eaux minérales offrent une variété très complexe ‘relativement aux éléments qui les constituent. On a beau comparer leurs analÿses ; on n’en trouve qu'un ‘petit nombre qui soient rigoureusement analogues par leurs principes. Tous les auteurs qui se sont occupés de l’hydrologie ont éprouvé une difficulté gênante pour ‘établir une classification rationnelle des eaux thermales et minérales, difficulté qui a son origine non seulement dans la composition chimique des eaux elles-mêmes, mais aussi dans le fait que ces mêmes eaux ont souvent exercé, au point de vue thérapeutique, une action différente. Jusqu'à présent les eaux étaient classées d’après leur composition chimique ou leur groupement géologique. La classification géologique est la moins intéressante pour le médecin, car il coule dans une même région des sources thermo-minérales qui diffèrent entre elles au point de vue de leur composition d’une façon telle, qu’il est difficile d’attribuer l’action thérapeutique de ces eaux à l'influence de la région.
La classification chimique au contraire, à attiré bien davantage l'attention des praticiens, mais là encore, il y a des lacunes, car les classifications de ce genre reposent sur des formules purement conventionnelles. Les chimistes modernes ont donc éù uné tendance tout à fait naturelle à préciser le résultat de leurs analyses
en s'exprimant en «ions» et en évitant ainsi le vague d’une simple hypothèse. Il faut cependant, au point de vue thérapeutique, discerner très nettement les molécules, qui s’hydrolisent facilement, de celles que l'eau ne saurait décomposer. Les livres d’hydrologie actuels ont conservé l’ancienne notation, celle-ci étant une classification qui est de nature à faciliter le travail de la mémoire.
On avait classé depuis toujours les eaux minérales suivant leur propriété chimique, mais cette façon de procéder était basée bien plus sur l’aspect ou sur la saveur que sur les qualités. Vers 1860 on a divisé en trois grandes classes les eaux minérales : les carbonatées, les sulfurées et sulfatées, et.les chlorurées. Quelques années plus tard on reconnaît cinq classes : les eaux aciduleuses gazeuses, les eaux alcalines, les eaux salines, les eaux sulfureuses et les eaux ferugineuses. Plus tard on ajouta à cette liste la catégorie des eaux thermales indéterminées ou oligométalliques.
Avec les progrès de la physico-chimie, et avec la découverte des corps radio-actifs et leurs émanations, le dynamisme des eaux eut une explication rationnelle. C’est ainsi qu’on fut amené à adopter une classification nouvelle, fondée non pas sur une terminologie purement chimique, mais sur le dynamisme même des bases ou des acides contenus dans les sels.
Ces classifications avaient incontestablement le tort de s'inspirer trop, si non uniquement de la composition chimique des eaux et de ne pas tenir suffisamment compte de l'adaptation des différentes sources à telle action médicale déterminée. Ce n’est que par une observation minutieuse des divers malades traités que Jon
peut établir avec quelque exactitude leur classification thérapeutique raonnellé
Le mérite revient à notre maître le docteur Paul Blum d’avoir proposé une classification nouvelle qui doit faciliter le mode d’application dès eaux thermales et minérales. Sa classification est avant tout clinique. Il estimait qu'il ne s’agissait pas d'établir une nomenclature chimique des sources thermo-minérales, ayant pour principal but d'aider la mémoire, mais plutôt un rangement systématique basé sur les expériences de la Clinique,
Le docteur Paul Blum a voulu permettre aux D ciens de trouver sans peine l'indication de la station minérale qui convient à un cas déterminé, et il faut reconnaître qu'il a pleinement réussi dans cette tâche en repartissant les stations hydrominérales d’après leur action pharmacodynamique et physiologique dominante. C’est ainsi qu'il reconnaît 9 espèces d’eaux thermominérales :
19 les eaux alcalinisaniés ; 29 les eaux stimulantes ; 3° les eaux diurétiques ; 49 les eaux reconstituantes ; 5° les eaux anticatarrhales ; 60 Les eaux alcalinisantes et stimulantes ; 79 les eaux diurétiques et stimulantes :
8e les eaux énergétiques :
00 Les boues thermales.
Les eaux riches en chlorure de sodium, et en sulfate de soude agissent sur la viscosité du sang, sur les secrétions urinaires et glandulaires Elles activent la circulation lymphatique et sont pour toutes ces raisons des séimulants cellulaires.
Les eaux séimulantes et alcalinisantes, renfermant à la fois des bicarbonates alcalins et des chlorures, conviennent surtout pour le traitement de certaines albuminuries goutteuses, certaines hépatalgies compliquées d’anémie ou de troubles intestinaux, certains états circulatoires en rapport avec l’uricémie.
- Les eaux diurétiques, contenant du sulfate de chaux et étant pauvres en substances minérales dissoutes, ont la propriété d'entraîner hors de l'organisme les déchets toxiques de la vie cellulaire.
Les eaux oligométalliques pauvres en sels, mais riches en gaz rares et en substances radio-actives ont une certaine efficacité sur les affections nerveuses, muscumaires veineuses ou cardiaques. Ces eaux énergétiques dont le dynanisme dépend davantage d’un état physique spécial que de la présence d’un sel particulier n’ont pas de limites précises pour telle maladie. Elles agissent surtout dans les affections douloureuses articulaires ou musculaires, dans les éréthismes nerveux, dans les troubles circulatoires profonds ou périphériques.
Les eaux reconstituantes ayant une certaine teneur en fer, en arsénic, en manganèse et en soufre sont employées dans certains états rhumatismaux, dans les affections du cœur et surtout pour les convalescents.
Les eaux agissent d’une part par leur composition chimique, et d’autre part par les propriétés qu’elles doivent à la présence d’acide carbonique et de gaz
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rares, à l'influence de leur thermalité et d’autres causes qui nous sont encore inconnues. Le dynamisme complexe de ces humeurs ne permet pas de prescrire une eau à: laquelle sa composition chimique confère telle ou telle indication thérapeutique. Chaque maladie réclame sa station appropriée et lorsque plusieurs états pathologiques coïncident, il est nécessaire de guider son choix vers la station qui convient le mieux au cas qui en est tributaire.
«La Clinique constate ; la chimie explique ou du moins tâche d'apporter des éléments d'explications ». (Moureu).
C’est donc ainsi que nous voyons l’hydrologie apparaître sous un jour tout nouveau, enrichie par les conquêtes brillantes de la science et fécondée par de nouvelles expériences thérapeutiques basées non plus sur une simple observation de l’action salutaire des eaux minérales, mais sur le travail des laboratoires chimiques et sur l’expérience de la clinique.
La pratique médicale n’a rien d’intangible, rien de dogmatique: elle doit suivre la marche du progrès et faire siennes toutes les idées, toutes les conquêtes nouvelles. La thérapeutique hydrologique n’a pas hésité à le faire et à adopter désormais un mode d’application des eaux foncièrement transformé.