‹ Essai sur l'évolution des idées qui ont régné en hydrologie et influé sur le mode d'emploi des eaux thermales et minéralesChapitre 6 sur 16 · PÉRIODE THÉURGIQUE · texte numérisé non relu

PÉRIODE THÉURGIQUE

Les peuples de l’antiquité, placés en face de phéno- . mènes inexplicables de la nature, et poussés par leurs sentiments religieux, cherchaient à s’expliquer l’action bienfaisante des eaux en l’attribuant à des puissances surnaturelles. Îls voyaient en tout événement de la nature le résultat de la volonté d’un être vivant et divinisaient tous les objets qui se trouvaient devant eux. Ces idées, d’abord grossières, se synthétisaient avec le temps et faisaient place à une notion plus large des divinités présidant à l’ensemble de ces forces de la nature telles que les eaux, les montagnes, les vents, la lumière, le tonnerre.

Le culte des eaux prit ainsi une place prépondérante dans la religion populaire. Il existait des sources sacrées où les malades allaient se baigner pour obtenir la guérison de leurs maux.

Ils reconnaissaient dans ces eaux l’habitat d’un être supérieur, qui devait assurer leur guérison. Pour lui rendre hommage, ils érigeaient des temples aux abords des sources et jetaient même au fond des eaux des pièces de monnaie ou des objets plus ou moins précieux, qui constituaient une sorte de tribut payé à Ja divinité protectrice pour témoignage de pleine reconnaissance. Les nombreux bols, les vases, les tasses, les cruches, et les pièces d’or et d'argent qui ont été trouvés dans certaines stations nous informent que

l'eau sous forme de boisson était d’un usage courant. Les textes, bien qu’assez rares, ne nous laissent aucun doute sur l’existence de ce mode d'administration des eaux. Les malades l’absorbaient d’une manière fantaisiste et quelquefois sans direction en se disant à l’intensité du traitement correspond l'intensité de bénéfice. « J'ai vu des gens, nous dit Pline, gonflés à force d’en boire et dont la peau était tellement tendue qu’elle recouvrait leurs bagues parce qu'ils ne pouvaient rendre la quantité d’eau qu'ils avaient avalée»1. Cette idée bizarre ne la rencontre-t-on pas encore aujourd’hui chez nombre de malades qui croient guérir d'autant plus vite qu'ils absorbent une quantité de drogues ! Nous en trouvons l'affirmation chez Bonnard qui dit : « l’humanité se renouvelle, elle change peu et les qualités ou les défauts des hommes se retrouvent les mêmes à travers les siècles. »

Sans doute l’eau minérale fut administrée en boisson pour activer l'effet du bain de même qu'on administrait aux malades séjournant dans les étuves destisanes sudorifiques à titre de médication adjuvante.

Chez les Egyptiens, chez les Hindous, chez les Perses et chez d’autres peuples le bain n’était non seulement de coutume, mais aussi en partie une loi religieuse.

«On voit à Samicum, nous dit Pausanias, à peu de distance du fleuve Anigrus, une grotte que l’on nomme la grotte des nymphes Anigrides. Ceux qui y entrent pour se guérir de la gale ou de quelques dartes doivent d’abord adresser des prières aux nymphes,

- leur promettant un sacrifice quelconque ; ils frottent

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