PÉRIODE EMPIRIQUE
Au fur et à mesure que la légende et l’improvisation des explications par trop faciles durent céder le pas à des interprétations sérieuses et réfléchies, l’homme pénétra davantage le mécanisme de la guérison et les méthodes d'application de l’hydro-thérapie. Il observe, il compare, il induit, et sans rechercher davantage le mécanisme des guérisons obtenues par les eaux thermales ou minérales, il note les cas où leur action s’est montrée efficace et pose, d’un point de vue exclusivement clinique et empirique, les indications thérapeutiques des différentes eaux thermales. S'il est vrai que tous les peuples, même les plus anciens que nous connaissions, ont su découvrir les vertus médicales des eaux, il est certain que les Romains et les Grecs nous ont laissé les traces les plus marquantes d’une utilisation spéciale et bien appropriée de l’eau à des besoins médicaux déterminés. Les Romains surtout, peuple pratique par nature, apprirent par une longue observation réfléchie l’action sanitaire des eaux thermominérales sur l'organisme humain. fls appréciaient leur action à un tel point que Cicéron a prononcé ce proverbe :
«Quamdii ad aquas fuit, nunquam est mortuus. »
Leurs médecins en tiraient largement profit en recommandant à leurs malades l’utilisation de certaines
RENE Se RRALREN
sources qui semblaient, suivant les expériences faites, avoir une action spécialement guérissante pour certaines maladies déterminées. La littérature des anciens nous donne à ce sujet des détails multiples Dans son histoire naturelle Pline nous raconte que «la source des Thespiens fait concevoir les femmes, de même qu’en Arcadie le fleuve Elate, la source Linus dans l’Arcadie empêche l'avortement de se produire. Au contraire en Pyrrhée, le fleuve appelé Aphrodision les rend stériles »1. Hérodote nous parlant des Thermopyles, du Téaros dit: «le fleuve Téaros est regardé par les riverains comme le meilleur des fleuves, soit pour guérir d’autres maux, soit pour guérir la gale des hommes et des chevaux »2 On prescrivit ! généralement les cures balnéaires pour la guérison de la lithiase, des affections des yeux, des fièvres, des affections nerveuses, etc. en observant strictement la distinction des eaux froides et des eaux chaudes. C’est grâce à l’enseignement d’'Hippocrate qu’ils connurent cette différence ; le Prince de la Médecine a en effet consacré une grande partie de ses recherches scientifiques à l’étude des eaux. Il parle bien des différentes eaux et de leurs propriétés diverses sans mentionner spécialement les eaux thermales et minérales. Peut-être n’avait-il pas grande confiance dans leur action ; on serait tenté de le croire par le seul et malheureux exemple qu’il choisit en parlant d’un Athénien qui, affecté d’un prurit et d’un épaississement de la peau, va à Mélos pour se guérir, mais devint hydropisique et en mourut: «A Athènes un homme
1 Pline l’ancien. Hist. nat., XXXI, 7.
2 Hérodote. Hist. IV. 90.