‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 10 sur 212 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

primitive, la famille, était fondée sur l'amour des parents pour leurs petits, sur la protection dont ils les entouraient instinctivement. Plus tard, à mesure que les facultés humaines s'ouvraient comme une ileur qui commence d'éclore, que le lanjjjage peu à peu devenait plus parfait, cette société primitive de la famille s'entrouvrit par degrés, comprenant d'abord tous ceux qui avaient des ancêtres comnmns, puis recevant dans son sein ceux qu'elle jugeait dignes d'y être admis. Les faiblesses ainsi jointes devenaient des forces, car, comme l'a dit l'ancien sage: Funiculus triplex difficile rutnpiiur. Ainsi l'on pourrait résister aux ennemis qui de toutes parts s élevaient contre Tliomme; ainsi Ton pourrait se créer dans la nature une domination supérieure à toutes celles que l'on voyait autour de soi. Il en fut comme l'avaient i)ensé ces premiers hommes, ces lointains, très lointains ancêtres de nos modernes sociétés ; s'ils pouvaient aujourd'hui revenir à la vie et voir quel profit merveilleux leurs petits-fils ont su tirer de ces humbles commencements, ils n'en pourraient croire leurs yeux et n'y comprendraient absolument rien.

I)ês ce commencement d'association humaine il y eut des lois, lois imparfaites et embryonnaires tant que l'on voudra, mais il y eut des lois, car il est impossible (|ue la plus i)etite association entre deux individus ne repose pas sur un contrat tacite ou solennel. Cette association eût-elle été établie uniipiement par la force que cela n'empêcherait aucunement l'existence de ces lois, lois de force au lieu de lois librement consenties : au fond le résultat était le même. Ce n'est pas le lieu de rechercher ici quelles furent ces lois : il me sulTîtde savoir qu'elles existaient. Quand l'association s'élargit, les lois s'élargirent aussi, elles devinrent ])lus générales et s'adressèrent h un plus grand nombre d'individus. Mais ce n'est là qu'un des côtés de la question; il m'en faut à présent considérer un autre.

Lorsque les facultés humaines s'éveillêient et rpie les premières lueurs de la raison éclairèrent l'individu humain,

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