AcHAiiYA Vallabhji Haridatt, W. Z. K. m., VII, 295 sqq
agni, soma, mitra, indra, mahâkâla. Nous retrouvons chez les brahmanes du royaume de Valabhî plusieurs de ces çartnans. Mitra semble appartenir exclusivement au gotra Çàr-
carâksi: Visnumitra, fils de mitra, d'Ânartapura (13);
^âràyanamitra, fils de Keçavamitra, d'Ânartapura(21), idenique peut-être au Nàrâyana, fils de Keçava\ qui est Tobjet l'une donation sept ans plus tard (24) ; enfin Bhatta Âkhanlalamitra, fils de Bhatta Visnumitra, d'Ânandapura (33). ^.arman figure dans le nom de Sacitiçarman (Dronàyana) (2) t d'Aditiçarman, fils de Bhavinâgaçarman (Parâçara) {22), hûti dans Rudrabhùti ( Vatsa) (8) et Vàsudevabhûti, fils de )àmodarabhùti (30, 31); datta dans (Ma) Gopadatta, fils de LÎkkaka, (Gargya) (27) et dans Svàmidatta (brahmane menionné dans 4): kumâra dans Bhùtakumâra, fils de Drona 28). Les autres noms sont donnés sans çarman : Dhamaila (1), Devila, fils de Pappaka (29), Dasila(9), Sambhulla, ils de Dâtalla (32) ; peut-être si la lecture est exacte, Lahulla, fils de Sànda (25), Chachara (11), Ludra (9), Duça 10), $asthi (10), (le même nom brahmanique est mentionné ans 19) ; Arjuna (19), Bhattibhata, fils de Bappa (23).
Les brahmanes des quatre Vedas se groupaient peut-être n dehors des sous-castes et de leurs subdivisions, dans une orte de corporation locale, établie dans chaque ville; les niigrés, selon leurs préférences, restaient affiliés à la corporation de la métropole ou s'affiliaient à celle de leur louvelle résidence. C'est ainsi du moins qu'on est tenté .'expliquer l'expression obscure cciturvidya-sâmànya\ ccolée régulièrement au nom des donataires à partir de )harasena IV, et qui se joint tantôt au nom de la ville d'ori- ;ine (19. 21. 22. 23. 24), tantôt au nom de la résidence (28. 19.30.31.32.33)'.
1. Indiqué, il est vrai, comme originaire d'Ânandapura; mais il est permis e supposer (cf. le personnage suivant, avec le lieu d'origine) que Ânarta- •ura s'est introduit par une confusion graphique au lieu d'Ânandapura.
2. On trouve même, dans un cas (28), câturcidya'traicidya'Sâmdnya.
3. Il est intéressant de noter que, d'après une inscription de Dbara-
Donations bouddhiques, — Toutes les autres donations, au nombre de dix, sont accordées à des couvents bouddhiques. Uintention exprimée est la même que dans les chartes I brahmaniques : le roi vise à accroître la somme des mérites de son père et de sa mère, et à s'assurer le bonheur ici-bas et dans Tautre monde. L'objet en est triple; la rente des terrains ou des villages concédés doit servir aux vénérables Bouddhas (bhagaoatâm buddhànâm samyaksambuddhà' nâm), ou même en spécifiant aux vénérables Bouddhas élevés dans le couvent (vihârapratisthàpitânâm bhag, buddh.), à la communauté des honorables mendiants {âryabhik^usamghasya, çàkyàrya^), enfin au couvent (vikàrasya). Dans un cas particulier (20), le revenu est divisé en quatre parties, un quart est alors affecté spécialement aux dépenses à faire pour approfortdir et nettoyer l'étang voisin. La part des Bouddhas, c'est les parfums, les fleurs, l'encens, les lumières, l'huile, etc., en un mot tout ce qui concourt à la splendeur du culte et à la beauté des oflSces. Une formule plus développée, et qui se rencontre deux fois (18. 20) ajoute à cette liste le culte (pûjâ) et le bain (snâna, snâpana). Le libellé en est identique à la charte en faveur de Maheçvara, et contribue encore à mettre en relief la ressemblance des deux liturgies. Le culte bouddhique s'hindouise et s'achemine vers le çivaisme où il doit s'absorber.
Les donations individuelles aux brahmanes, mêlées parle Jiasard des découvertes avec les donations collectives à la communauté bouddhique, marquent aussi nettement le contraste des deux grandes organisations religieuses en présence. Les largesses royales ne s'adressent pas seulement aux moines en résidence, mais à tous ceux qui viennent des quatre points de l'horizon [caturdigabhyâgata, nànâdig*)»
sena IV (22), les brahmanes recevaient régulièrement le vingtième dareT^ot de la terre {brd/imana-cimçati) . La donation, faite à un brahmane, est exemptée de cette redevance.
Le roi veut leur assurer le vêtement {cioara, cloarikâ), la nourriture (pindapâta) , le coucher (çayanâsana) , les remèdes (bhaisajya). Nous avons là la liste complète des quSLive paccayas, le nécessaire du moine dans le canon pâli'; mais la nomenclature admet des variantes et des additions : grâsa se substitue à pindapâta (6) àcchâdana à cîvara {iO,) ; les objets nécessaires aux malades (glânapratyaya) s'ajoutent aux remèdes [3 bis. 6. 7. 15. 16. 18. 20); enfin deux chartes (18. 20) couronnent cette énumération par une formule usitée à propos des dieux : « Kour l'entretien de leurs vénérables personnes » (pâda-mûla-prajicanâya)*,
La part du couvent consiste dans les frais d'entretien et de Tépar^>t\on {khanda-sphutita-pratisam^/ï ara). Dans une charte de Guhasena (5) figure un article intéressant et qui fait vivement regretter la sobriété de l'indication. Le couvent doit employer la dotation « à l'achat de livres religieux » (saddharmasya pustakopakraya).
Les chartes nous font connaître les noms de sept couvents*. Le plus favorisé est le couvent élevé à Valabhî par la princesse {râjhi 16. 18) Du<,ldà, la première des fidèles (paramopâsikâ) , fille de la sœur de Dhruvasena I et cousine germaine de Guhasena. Dhruvasena I, malgré sa ferveur vichnouite, fait don d'un village au Dudcjà-vihâra (3). Guhasena, adorateur zélé de Maheçvara avant de passer au bouddhisme, l'enrichit à son tour par deux donations (5. 6) : la dernière lui concède quatre villages. Çllùdityal y ajoute un village, des champs, un jardin et une source dans la banlieue de Valabhî (16). Le savant docteur (âcàrya bliadanta) Buddhadâsa avait élevé dans l'enceinte de ce couvent une cons-
1. Cf. Rhy8 Dayids, J. R. a. s., 1891, p. 476 : The four requisites in Guhasena's grant 248,
2. Cf. Slip., p. 16, n. 3. Bhandarkar, /. A., I, 46, traduit d'à ne manière assez ioattendae : « For providing water atthe root of the feet [ciz. just at the door) . »