LÉGENDE DU BOUDDHA
Par Alfred FOUGHER
Dans ces dernières années, Tintelligence de l'art bouddhique de rinde a fait de rapides progrès \ Un pas décisif fut franchi en ce sens du jour où le général Cunningham trouva les bas-reliefs de Bharhout, que la prévoyance des anciens tailleurs de pierres avait accompagnés d'inscriptions explicatives de leur sujet. Cette découverte fut une révélation et un guide pour les futures recherches. Nombre d'identifications nouvelles se sont fait jour depuis pour les scènes que n'accompagne aucune inscription ou dont l'inscription ne fournit que le nom du donateur. Quelques-unes de ces identifications sont dues, il faut le reconnaître, a la comparaison avec les images encore en honneur dans le Bouddhisme chinois ou tibétain; la plupart sont nées d'une connaissance plus étendue des textes. C'est la lecture des recueils légendaires du Bouddhisme qui a permis d'identifier presque tous les bas-reliefs ou les peintures qui ont survécu au climat; au fanatisme musulman ou à l'indifférence hin-
1. Les derniers résultats sont résumés dans le manuel de M. GrUnwedel, Buddhislischo Kunst m //ir/te/i, Berlin, 1893. On en trouvera un compte rendu détaillé dans la Reçue de C Histoire des Religions, janvier 1895,
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doue. Mais ces monuments figurés, a présent qu'ils sont déchiffrés, ne peuvent-ils à leur tour rendre à la lecture des textes quelques services? En fait, ces bas-reliefs ou ces fresques, si rares et si endommagés qu'ils nous soient d'ailleurs parvenus, sont un vivant commentaire des légendes dont sont remplis les livres sacrés; parfois môme ce commentaire est contemporain, sinon, il va de soi, des événements légendaires, du moins de la rédaction du texte qui les relate pour nous '.comment ne nous aiderait-il pas, parle prestige de l'image, à en comprendre lesprit aussi bien que la lettre, à préciser le sens des détails matériels comme à déterminer la portée exacte du récit? Nous avons en un mot dans ces restes épars de l'art de l'Inde ancienne une raine précieuse d' « illustrations )) pour servir aux Écritures du Bouddhisme. Ce serait assurément un livre intéressant que celui qui placerait, en face du récit sous sa forme originale, l'interprétation non moins sincère et naïve qu'en ont donnée les vieux artistes indiens : nous voudrions simplement esquisser ici le plan d'un pareil livre.
Personne ne s'étonnera de ce que l'art bouddhique ancien tourne tout entier autour de la légende du Maître. Ilvade soi que les artistes, en quête de motifs, s'adressèrent directement aux scènes de morale en action : ni les préceptes abstraits, ni les spéculations métaphysiques ne prêtent guère à l'illustration \ On peut dire qu'à quelques exceptions près, il n est pas de bas-relief ancien qui no représente quelque scène édifiante, et d'autre part qu'il n'est presque pas une de ces scènes qui ne soit empruntée à l'une des innombrables
1. Il faut faire une exception pour la fameuse roue d'Âjantà : sarU jante se déroule le fondement métaphysique du Bouddhisme, la tétw des huit causes qui mènent de L'ignorance à ia mort : entre les rayoni sont dépeintes les diilérentes conditions où Ton est susceptible de renaUre. Comparez la roue, d'ailleurs tout autre, que les peintres da Campo-Santo de Pise ont placée entre les mains de Jésus et qui représente aussi leur système du monde.
SCÈNES figurA:s dk la légende du bouddha J03
des de Bouddha \ Quel est on effet le beau trait légendaire riiéroisme, de désintéressement, de sacrifice, que les Boudlliistes n'aient transformé en un épisode d'une existence •asséc de leur Maître, la doctrine de la transmigration des mes les y invitant d'ailleurs assez? Qu'il s'agisse d'un de îs panneaux sculptés dont la main des artistes indigènes liait la balustrade et les hautes portes de pierre des stoûs, que le bas-relief provienne au contraire de ces fouilles i nous ont révélé l'existence dans le Nord-Ouest de l'Inde me école d'art toute classique de forme encore que boudiste d'inspiration, toujours nous trouvons que l'édification, seule raison du choix d'un sujet dans cet art tout reliux. — réside dans le fait que le Maître, visible ou non, est scène. De ce côté nous sommes donc assurés d'une riche ►isson. Il en résulte encore que la plupart des bas-reliefs distribuent naturellement entre les trois périodes cano- [ues des Vies du Maître. On sait que la première s'étend qu'à ravant-dernière renaissance dans le ciel Toushita : seconde comprend tout le début de la vie dernière, de la scente sur la terre, à l'obtention de la Bùdhi ; la troisième iîn s'achève avec le Nirvana*. Il faut voir quelle matière icunc d'elles a fournie aux anciennes écoles, les seules lit il soit question ici'.
. Les motifs même qui en semblent les plus éloignés s'y ramènent : exemple, le fameux groupe originaire du GandhAra où l'on avait lu voir l'enlèvement de Ganymède et qui représente Garouda enleit une Nûgl (cf. Griinwedcl, ibid.^ flg. .34), n'est qu'un épisode de la înde qui a fourni le sujet du Nàfjânanffa et d'après laquelle le iddha, dans une existence passée (il se nommait alors Jlmoûtavâla), se serait sacrifié à la place d'un serpent.
. Cf. Senart, Légende du Bouddha^ p. x. D'après Bouddhaghosha la mière période ne commencerait qu'à la promesse faite par Dipankara [utur Bouddha que lui aussi obtiendrait un jour la Bôdhi. Pour la plicité de l'exposition nous y comprendrons tous les Jàtakas. . Nous entendons parla l'école dite indienne ou indo-persane, telle îllo est représentée par les sculptures de Bharhout et de Silnchi, et
La première période se trouve relatée dans les Jâlakai^ la Lcrjeiidc dorée du Bouddhisme. On connaît ce vaste trésor de fables et d'histoires dont le Maître, avant d'en devenir le conteur, avait été le héros au temps de ses existences jiassées, quand bote, homme ou dieu, il gravissait par degrés l'échelle des êtres et, a force de piété et de sacrifices, accumulait les mérites qui devaient un jour l'élever à la dignité de Bouddha. De l'origine de ces contes ou de leurs rédactions diverses nous n'avons pas à nous inquiéter ici, mais seulement de leurs représentations figurées : il va de soi que tous n'ont pas eu le mémo succès auprès de l'imagination populaire et des artistes qui sont ses interprètes naturels. A Bharhout, les inscriptions nous en nomment au moins dix-huit; le général Cunnlngham a pu en reconnaître six autres; on en identifie encore tous les jours. A Sànchi,à Amravatî, comme à Jamal-Garhi et dans les fresques d'Ajantâ nous en trouvons dautres encore. Bref, on peut dire que sur les cinq cent cinquante contes que contient la rédaction pâlie^ la plus complète de toutes, nous connaissons dès à présent dans l'art bouddhique une illustration pour une cinquantaine d'entre eux; pour certains même on en connaît plus dune'.
lécole indo-clas3ique ou (iu Gandhàra; les bas-reliefs d'AinravaU elles fresques d'Ajantà, où se iiiôlcnt les deux influences, nous semblent miMitei' également d'être ranges ta coté des o'uvres anciennes; mais nous laissons délib^'iëraent de (;6té les productions postérieures et sarlout iconographiques du Bengale et du Konkan, à plus forte raison l'art bouddhique de la Haute-Asie et des lies.
1. Pour les jâtakas de Bharhout, voyez Cunningbani, The Stupa of Bhar/iftfy p*. 48 sqq., et pi. x\v sqq. Le conte des Singes et da Jardinioi' (pi. xlv, 5) se trouve reproduit en w^me temps qu'identifiât
A quoi peuvent nous servir ces illustrations? Un exemple lous le fera saisir sur le vif. Prenons le Sania-Jàtaka, un 69 plus connus et des plus aisément accessibles^; voici histoire ramenée à ses traits essentiels : un jeune homme, 3ul soutien de parents aveugles et retirés dans la foret, va ^ur puiser de l'eau; im roi, soit méprise, soit colère, soit mple curiosité (le motif diffère selon les rédactions), le tue 1 chassant d'un coup do flèche; repentant, il amène les :eux parents auprès du cadavre de leur fils qui, grâce à intervention d'une divinité, ressuscite, et selon Thabitudo ^s contes édifiants du Bouddhisme, tout est bien qui finit en. Or, si nous jetons les yeux sur le bas-relief de Sânchi, ms trouvons ces trois moments nettement représentés : on ►erçoit le jeune ascète arrivant de la droite avec sa cruche, lis descendu dans Teau où la flèche vient le frapper ; à luche, le roi, trois fois figuré côte à côte, tire, a tiré, se pent d'avoir tiré; au fond à droite, les vieux parents eugles sont assis devant leurs huttes respectives; à gaucho us les personnages se retrouvent groupés autour de la
début du dernier volume paru de la traduction anglaise des Jàtakas, bliée sous la direction du prof. Cowell. A Sûnchi, les plus intércsits sont le Sâma-Jàla/ca (v. Fergusson,T'/'cc and SerpcniWorship^ pi. .XVI, 1, le moulage est au British et à Tlndian Muséum), et le "Ssanlara-JâlaLa (v. Ferg., ibid,, pi. xxiv, 3) que Ton retrouve .ssi à Amravatl (v. Ferg., ibiil., pi. lxv, et escalier du British useum, n° 35). Ces deux jàtakas se retrouvent enfin sur des contrearches d'escalier provenant de Jamal-Garhi (British Muséum). Dtons encore à Amravatl le Sioijdtaha (Ferg., ibid,y pi. lx, escalier i British Muséum, n* 14). Signalons enfin le Mahâ/aipi-JâioLa sur inc des fresques d*Ajantà reproduites à Tlndian Muséum, etc. 1. S. Hardy, Eastcrn Monachisni, en donne un résumé; Ràj. Mitra i fait autant (v. ludo-Ari/ans, p. 203) d'après J. d'Alwis. La rédaction rmane a été publiée dans le J. of Ihc /?. A. S., 1894. On trouvera la aduction de la version brahmanique du conte dans le FUmàyûna do luche , p. 173 sqq. Pour les reproductions, voir Fergussou, ibid.^ . xxxvi, 1, ou Maysey, Sânchi and its reniainSy pi. xxiii. Le baslief ne nous semble nulle part avoir été complètement expliqué.
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divinité (leconnaissable au vase d'ambroisie qu elle tient à la main, les textes la nomment Baliousoundari) qui vient de ressusciter le jeune homme : tout le reste appartient au paysage. On sent aussitôt rinlêrét de cette illustration. Nous avqns là comme une fenêtre ouverte sur la vie de l'Inde ancienne et le récit prend corps devant nous, ^'oici le fond du tableau, l'ermitage avec le bétail, les antilopes apprivoisées, les singes ; voici l'étang de lotus et ses oiseaux ; dans ce décor se meuvent les personnages, anachorètes, roi. divinité, chacun avec sacoilîure et son costume. Bref, tous les détails du récit se trouvent du même coup précisés, et en dépit du temps et de la distance les mêmes images sont devant nos yeux qui s'évoquaient à l'esprit des Hindous du premier siècle de notre ère. 11 n'est point jusqu'à la cruche indienne, la lôta ventrue, d'ailleurs toujours en usage, qui ne nous fournisse un détail réaliste de plus. Et en même temps cette représentation coupe court à toute fantaisie symbolique ou allégorique qui voudrait voir dans le Jâiaka autre chose qu'un acte édifiant qui doit être pris au pied de la lettre. Ce qu'il disait à l'imagination des (idêles, nous le savons par ce bas-relief proposé a la contemplation recueillie des pèlerins venus au stoiipa de Sànchi de tous les coins de l'Inde: historiquement, il n'y a pas d'autre significationa lui attribuer.
Parlerons-nous âprésent de Tintérêtde cette sculpture au point de vue de l'histoire de Tart, notamment de ses curieuses ressemblances avec l'art de notre moyen âge, tant pour son elïort de traduire aux yeux un conte sur la pierre que pour le souci du détail accessoire et surtout la répétition systématique du même personnage aux divers moments du récit? Cet intérêt ne fait encore que grandir quand nous retrouvons dans le Nord-Ouest de Tlnde le même sujet, mais traité cette fois dans le goût classique, les scènes se déroulant une a une sur une frise au lieu d'être entassées sur un même panneau. D'autre part, le fait que nous retrouvons le Vessan-
tara-Jàtaka par exemple, reproduit aux quatre coins de rinde, nous est une preuve évidente de sa popularité : on ne pouvait d'ailleurs moins attendre pour cette avant-dernière existence terrestre du Bouddha, où, comblé de tous les dons delà vie, il avait su renoncer à tous. Nous ne saurions toutefois considérer la liste des Jatakas découverts et identifiés comme celle des plus célèbres ou des plus populaires; le grand nombre des monuments perdus, le hasard des trouvailles, l'absence de fouilles suivies, mille raisons diverses nous invitent sur ce point à la plus grande circonspection \ En revanche, pour les périodes qui nous restent à examiner, raccord des monuments nous permettra d'être plus alTlrmatif et de dresser pour l'art bouddhique une liste comparable à celle que l'on pourrait faire des motifs tirés des Évangiles et sans fin repris par les peintres itiiliens.
Ce qui frappe tout d'abord quand on passe en revue les œuvres inspirées par les traditions que nous ont conservées le Lalita-Vistara ou le Ruddlia-Carita par exemple, c'est qu'elles correspondent toutes, soit au début, soit à la lin de Cette seconde période de la légende. L'intérêt semble sauter l>rusquement des circonstances qui accompagnent la derrière renaissance du Bouddha en ce monde aux événements |ui entourent immédiatement son avènement à la Bôdhi. De
1. 11 n'est pas douteux par exemple, que le Dipankara-Jàtaha , où le touddha reçoit de son prédécesseur^ en échange de sa piété, la promesse s la Bôdhi, n'ait été dès longtemps populaire; or, il ne pouvait être •aité pour la première fois que dans l'école du Nord-Ouest, la seule q«i X inauguré, comme nous le verrons, la représentation des Bouddhas : il it juste de dire qu'elle n'y a pas manqué. (V. notamment British Mulum, vitrine 63.)
sa jeunesse, des jeux qui précédèrent son mariage, de soa mariage môme, du moins en sa période heureuse, il n'en est question dans aucun bas-relief ancien. On ne peut mêiM nulle part reconnaître avec certitude ces fameuses sorties oll la rencontre d'un vieillard, d'un malade, d'un mort et enfin d'un moine aurait donné une impulsion décisive aux idéei du jeune prince, et qui auraient joué par conséquent dam sa vie un rôle si important et si voisin de la Bôdhi. Pour trouver des représentations assurées de tous ces événements, il nous faudrait recourir à des œuvres de basse époque*. Devons-nous nous en étonner outre mesure? Après tout,!» vie mondaine du Bouddha, au sein du luxe et des plaisirs, n'était pas un objet évident d'édification : l'intéressant était, après sa suprême descente sur cette terre, l'obtention de U Bôdhi pour le plus grand bien de l'humnnitc : tel semble du moins avoir été l'avis général au temps des anciennes écoles, car autant elles sont pauvres pour les incidents intermédiaires, autant pour ces deux événements nous n'avons que l'embarras du choix.
Dans la venue même du Bouddha en ce monde, elles distinguent deux moments et répètent îi satiété les deux scènes, celle de la Conception et celle de la Nativité. La première semble avoir été de beaucoup la plus anciennement traitée : c'est celle où le Bouddha descend dans le sein de sa mère sous la forme d'un éléphant. On la trouve déjà à Bharliout, on la retrouve à Sànchi; à l'occasion même les artistes du Gandhàra n'ont pas dédaigné de la reprendre, mais dans un
1. Voir par exemple une peinture népalaise, don de Hodgson, conservée ^ la Bibliothèque de l'Institut de France : là nous avons tons les incidents de l'éducation, de la jeunesse, des jeux, du mariage, d«80^ tics, etc. — Mais à Sânchi, là môme où l'on voudrait reconnaître les « quatre sorties » (cf. Ferg., ibùL, pi. xxiii-iv), il se peut que le pe^ sonnage qui sort ainsi en grande pompe soit non le prince SiddhArtl», mais quelque roi, allant (comme les inscriptions nous en avertissent 4 Bharhout) rendre visite au Bouddha.
SCÈNES FIGURÉES DÉ LA LÉGENDE DU BOUDDHA lOÔ
tout autre décor ^ A Amravalî,oii Ton sait que se mêlent les deux inlluences, on reconnaît encore le môme motif : mais ou bien Téléphant est minuscule et relégué en bordure, ou même il est totalement supprimé \ Est-ce un raffinement du goût? Est-ce simplement que la scène était devenue suffisamment familière pour se reconnaître a première vue? 11 îst curieux de retrouver une particularité analogue à propos ie la Nativité. Ce motif semble n'avoir été abordé que plus :ard et d'abord par TÉcole du Nord-Ouest. Seuls les artistes classiques auraient eu l'audace de camper ainsi Màyâ debout, l'une main tenant la branche d'arbre, de l'autre s'appuyant ;ur sa sœur, tandis que, selon la tradition, l'enfant Bouddha lort par sa hanche droite et que Brahmà et Indra tendent les langes pour le recevoir. On possède parmi les sculptures lu Gandhàra plusieurs répliques de cette scène, inconnue à 3harhout et à Sànchi ; quand elle a passé à Amravatî nous a retrouvons toute pareille : il n'y manque que l'enfant Bouddha. Est-ce encore ici raffinement ou manque de hariiesse? Le fait vaut en tout cas la peine d'être relevé '.
1. Pour Bbarhout« v. Cunningham, ibid.f pL xxviii , et pour Sànchi, Ferg., Ibid,, pi. xxxiii, ou au Musée des Arts décoratifs la !ace intérieure du pilier de droite du moulage de la porte orientale. — L*UDique spécimen que nous connaissions de cette scène au Gandhàra se irouve au Louvre (salle de Susiane et Chaldée).
2. Pour le premier cas, v. Ferg., ibid., pi. lxxiv (il est vrai qu'à !ôté l'éléphant a un panneau à lui tout seul) et pour le second, Burgess, The Stupas of Amvaratî, etc., pi. xxvii, 1, ou escalier du British Niuseam, n* 44. Il va de soi que ces sculptures coupent court aux discussions oiseuses pour savoir si le Bouddha est descendu dans le sein do sa mère sous la forme d'un éléphant, ou, comme le veut Beal, monté !UF un éléphant, sans qu'on voie d'ailleurs ce qu'y gagnerait la vraisemblance.
3. Pour la scène de la Nativité à Amravatî, voir Forg., ihld. , pi. xci, 1 (où l'on voit aussi la Conception sans éléphant), ou escalier du British Muséum, n" 44. Pour le Gandhàra, voyez notamment la fig. 44 de ijrunwedel. Ce qui rend celle-ci encore plus curieuse, c'est que l'artiste :lassiqae, oublieux des distances et négligent des différences de doc-
llO SCHNKS FIGURKKS DK LÀ LI':GKNDE DU BOUDDHA
Quand du début nous passons à la fin de la période de V Avidûre-nidùna y pour employer la phraséologie bouddhique, c'est encore à Gandhâra et à Amravati qu'il nous faut nous adresser pour trouver des spécimens des deux scènes principales, celle du « Sommeil des femmes » etcelle du (( Départ de la Maison ». Elles sont représentées côte à côte sur la même pierre provenant d'Amravatî, aujourd'hui placée à gauche de l'escalier du British Muséum, et qui est assurément un des chefs-d'(ïHivre de la sculpture indienne. Comme d'habitude, au Gandhâra, elles sont traitées dans un style différent : mais, autant que le changement du décor et des costumes, les audaces du ciseau dénotent aussitôt des artistes d'Occident : c'est ainsi que l'un d'eux a entrepris de nous montrer de front le Bouddha sortant à cheval de son palais \ Une autre tentative non moins intéressante de l'Ecole du Nord-Ouest doit être également rapportée îir^4c/dûre-nidùna : nous voulons parler de ces Bouddhas émnciés qui représentent le Maître au temps des pénitences auxquelles il renonça depuis pour arriver à la Bôdhi *; une anatomie fantaisiste n'ôte rien à l'impression saisissante de ce squelette vivant épuisé d'austérités. Mais nous touchons déjà ici à l'une des questions les plus brûlantes de l'archéologie bouddhique, et que l'étude de la dernière période de la vie du Maître met encore mieux au jour.
trines, s'est avisé de décorer le pilastre corinthien, qui sert à gaoclw d'eucadremcnl à la scène, de l'image du Bon-Pasteur, t«lloqu*on la voit aux Catacombes de Rome. Voyez encore le i-ecueil de Cole, Grceco-Bnd* clhist Sculptures froin Yusafiai, 1885.