‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 131 sur 212 · VI. — CONCLUIION · texte numérisé non relu

VI. — CONCLUIION

Nous résumerons les résultats de notre recherche dans les )ropositions suivantes :

1^ Le poème Cuméen, cité par Virgile comme renfermant i prophétie de l'approche du dernier âge du monde, âge de jstice, de paix et de bonheur, ne venait pas de Cumes, où on ne pouvait, au dire de Pausanias, montrer aucun oracle eritde la vieille sibylle. Comme on croyait que la sibylle de lûmes était la même que celle d'Erythrée, les commissaires u Sénat, pour avoir des poèmes Cuméens, allèrent les chercher jusqu'en Orient. Le mot Cuméen, dans Virgile, gnifie simplement a sibyllin », qu'il y ait eu jadis une ou lusieurs sibylles, comme s'exprime Tacite, qui reste en doute IV ce point.

2® Le poème sibyllin de Virgile venait certainement de Orient et avait été apporté à Rome, soit par les commissaires u Sénat, soit a l'époque de leur voyage, vers l'an 80 av. J.-C.

3** Sous le règne de Ptolémée Physcon, à Alexandrie, vers an 130 av. J.-C, composés par des Juifs, avaient paru sous le om de la vieille sibylle d'Érythrée-Cumes, un certain nomre de poèmes apocalyptiques dont nous avons encore des spéimens sûrement datés dans le III* livre de nos oracles sibyllins ctuels. Là, l'histoire du monde se trouvait divisée en grandes ériodes, marquées par la succession même des grandes moarchies dont la dernière devait être celle do Rome. En lême temps s'y trouvait la prophétie que le dernier âge du londe allait venir, qu'il était imminent et serait comme un Btour de l'âge d'or, c'est-à-dire ramènerait la justice et la îlicité.

40 Virgile, dans seséglogues, prouve qu'il lisait beaucoup t imitait volontiers la poésie alexandrine. Entre sa IV' égloue et nos poèmes sibyllins d'Alexandrie, la concordance est

si pleine qu'on ne peut nier la dépendance littéraire. Ce n'est pas sans doute une traduction, mais une appropriation originale faite par droit de génie.

50 Virgile n'a jamais lu Ésaïe; mais les poèmes sibyllins qu'il lisait ne faisaient que développer l'oracle messianique d'Ésaîe, xi. Le lien est ainsi trouvé et l'on peut s'expliquer la similitude d'inspiration et la secrète parenté du plus grand prophète des Hébreux et du plus grand poète de Rome.

Q^ L'originalité singulière de la IV** églogue, entre toutes les autres, s'explique à son tour. En réalité, c'est une plante unique, une plante exotique dans le Latium et la littérature latine. Pour la bien juger, il faut y voir une petite apocalypse surgie en terre païenne d'une semence hébraïque, que le vent d'Orient, un siècle avant notre ère, avait apportée d'Egypte sur les côtes de la Campanie.

DE

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