‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 139 sur 212 · Eusèbc, VII · texte numérisé non relu

Eusèbc, VII

5. Ce détail prouve que la communauté d'Antioclie avait ses iklificw ou du moins ses maisons, probablement sans apparence spéciale, soit \M)uv .ses réunions religieuses, soit pour loger son évoque. Il est à présa-

LA CHRISTOLOGIE DK PAL'L DE SAMOSATK 207

il rcùt voulu, trouver d'amples dédommagements à la perte e sa position ecclésiastique. Il était, en efîet, très estimé de énobie, impératrice de Palmyre, dont l'Empire sans cesse randissant depuis 267 s'étendait jusqu'à Antioche. C'est une dramatique histoire que celle de cette veuve 'Odénat, cette r//'-mw//e/* dont l'ambition et l'énergie étaient ^condées par sa rare beauté, qui avait fait de Palmyre la îine de l'Orient, qui faillit constituer un empire interméaire entre la Perso et l'Empire romain, qui remporta des ctoires signalées sur les troupes romaines, qui, peut-être citée par l'exemple des princesses syriennes de la maison îs Sévères, réunissait à sa cour des littérateurs et des .vants. Cette histoire ne saurait trouver place dans cet sai. Qu'il nous sufïise de dire que Paul de Samosato, Syrien î naissance, trouvant dans Zénobie une souveraine éclairée, •Icrante, ennemie de toute persécution, protégeant les irétiens, s'était rallié à sa cause plutôt qu'à celle de Empire romain, persécuteur systématique, et que le règne mteux de Gallien (253-258) avait mis au bord de la dissoluon. Mais, après le régne très court de Claude II, la fortune 3 Rome lui donna pour chef un soldat de grande valeur, urélien. qui releva d'une main vigoureuse le prestige tTaibli des armées romaines. Zénobie fut vaincue à plusieuis îprises, faite prisonnière et dut orner à Rome le cortège •îomplial de son vainqueur (272). Paul de Samosato s'était 'op comi)romis avec sa cause pour être /)cv\so//a/7/'/7^a au piès 'Aurélien. Ses ennemis en profitèrent habilement pour oser un acte jusqu'alors inouï, le recours à l'autorité nporiale pour trancher un différend qui divisait les chrétiens

ler que les deux locaux étaient contigus. Comme pourtant il n'était pas ossible de cacher longtemps cett« allectiilion à la police de la ville, cela lontreqne, malgré beaucoup de tracasseries et de ditïicultés provenant e la législation romaine en matière de sociétés non reconnues, une ce:line tolérance était déjà entrée, au moins en Syrie, dans la pratique et ans les mœurs.

208 LA CHRISTOLOGIR DE PAUL DK SANfOSATE

de Syrie. Aurélien, très étranger aux questions théologiqiies. n'envisagea naturellement les choses qu'à son point de vue politique et décida qu'il ne tolérerait dans la maison épiscopale d'Antiocbe que des hommes dont renseignement serait d'accord avec celui des évoques de Rome et d'Itilic'. Les sentiments de loyalisme romain de ces évêques italiens n'étaient pas douteux. D'ailleurs, il les aurait toujours sous la main. Cette décision fut prise, s'il faut en croire Eusèbe, malgré l'antipathie qu'il nourrissait en général contre les chrétiens et malgré certains projets de persécution qu'il méditait de mettre à exécution, quand son régne finit avec sa vie en 275. Paul fut donc forcé de s'éloigner d'Antioohc. On ne sait ce qu'il devint ni quand il mourut.

Il faut ajouter que l'esprit d'indépendance rationaliste qu'il avait inoculé à son église ne disparut pas avec lui. Le fondateur de l'école exégétique d'Antioche, Lucien, comme lui de Samosate, le maître d'Arius, continua à bien des égards la ligne suivie par Tévêque évincé. L arianisme est un compromis, assez illogique, mais intermédiaire entre ladoptianisme et la théologie du Verbe personnel-éternel poussée jusqu'à l'absolu par Athanase et consacrée par l'Église. On peut même dire que l'Orient chrétien, tout en condamnant finalement l'arianisme et toutes ses nuances, ne s'est jamais complètement défait de toute affinité avec la tendance arienne (controverse sur le Filioque, admis à Rome, repoussé i Constantinople). Le nestorianisme présente d'étroites analogies avec la christologie de Paul de Samosate. Le principe essentiel de celle-ci eut au VHP siècle un regain de vitalité en Espagne. L'unitarisme moderne salue en Paul de Samosate un de ses lointains précurseurs.

Page 1