‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 152 sur 212 · L^INSTRUCTION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

L^INSTRUCTION RELIGIEUSE

sur la volonté des prosélytes que Ton voulait rattachera rÉglise, qu'un ensemble de connaissances ou de croyances à leur inculquer. C'est pour cela même que Ton en trouves! peu de traces en dehors des documents tout k fait primitifs du christianisme. Dans la pratique il devait être beaucoup plus nécessaire de s'attacher aux applications de ces principes, et surtout de les rattacher aux doctrines qui en paraissaient inséparables et à toute cette conception de l'histoire morale du peuple do Dieu qui était la raison d'être des églises chrétiennes.

Nulle part Justin ne nous donne un exposé systématique de « ces choses enseignées » par les chrétiens, mais comme ses Apologies ont pour but d'exposer aux païens les bonnes raisons qu'ils auraient d'apprécier le christianisme à sa juste valeur et, en dernier ressort, de se faire chrétiens, comme son Dialogue poursuit le même but à l'égard des Juifs, il n'est pas téméraire d'afïirmer qu'il nous donne dans ses écrits, sous une forme sans doute plus compliquée et plus développée, le contenu de l'instruction que ses coreligionnaires moins instruits donnaient d'une manière plus populaire aux païens et aux Juifs qui se sentaient attirés vers le christianisme. Les oioaYjx£va i>?p' f.jjtwv dont il faut reconnaître la vérité pour être admis nu baptême , c'est justement l'accomplissement, dans la Nouvelle Alliance par Jésus- Christ, du salut promis au peuple de Dieu dans l'Ancienne Alliance. Telle est la thèse centrale à laquelle il revient sans cesse dans ses écrits. Quand, au début du chap. 61 cité plus haut, il parle de « ces choses enseignées et dites par nous )), auxquelles il faut croire pour être admis dans la communauté chrétienne, il ne peut pas entendre par là des vérités autres que celles qu'il a exposées au cours de son Apologie, puisque dans l'espèce il ne peut pas supposerquc ses lecteurs païens en connaissent d'autres. Or, si Ton écarte de la première Apologie ce qui est réfutation des calomnies dont les chrétiens sont l'objet, que reste-t-il, sinon la

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longue démonstration de la vérité du christianisme par les prophéties de l'Ancien Testament ? Et Justin lui-même, comment a-t-il été gagné au christianisme, sinon par le fait qu'il y a trouvé Taccomplissement des promesse^ divines de l'Ancienne Alliance, la révélation complète de la vérité entrevue par les prophètes? Or, l'histoire de la conversion de Justin est, mutatis mulandis, celle de presque tous les chrétiens notables du II« siècle sur la conversion desquels nous avons quelques données * .

Cet enseignement peut être plus ou moins théologique> plus ou moins savant, suivant les auditeurs auxquels ott s'adresse. Il devait être développé autrement sans doute pour le juif que pour le païen (ou plutôt pour l'helléniste déjà familiarisé avec le monothéisme juif, car après l'an 70 il n'y eut plus guère de recrutement, pour les chrétiens parmi les Juifs proprement dits). Quand c'est un Aristide qui tient la plume et qui s'adresse à un Adrien ou a un Antonin, il s'exprime autrement et se place à un point de vue plus universaliste que Justin lorsqu'il discute avec Trypiion, mais au fond c'est toujours la même thèse qui est le fond commun de Tinstruction donnée par les polémistes ou les apologètes aux gens du dehors qu'ils essayent de convertir au christianisme. Ils diffèrent dans leur manière de concevoir la transition de l'Ancienne à la Nouvelle Alliance, mais leur point de départ est toujours dans la connaissance de l'Ancien Testament, comme il convient à des hommes pour lesquels la Loi et les Prophètes sont encore les livres sacrés lus chaque dimanche

1. Cfr. son Dialogue accc Tryphon^ 7 et 8; cfr. dans l'éd. Otto, t. Il, p. 33, n. 5, où il est rappelé que Tatien, Milliade, Athénagore, Théophile d'Antioche et d'autres, ont été gagnés à la foi chrétienne par la même méthode. Celle-ci était par conséquent générale; la conversion de Justin n'est pas un accident individuel. — Voir encore £)/«/., 11, lo christianisme est TeXeuTsToc v(5|jio; xaî oiaO/î^r^ x'jpiioTatTj -naatôv annoncée par les prophètes et destinée à tous les hommes qui veulent, avoir part à l'héritage de Dieu. Cette conception est générale au H' siècle.

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et commentés dans toutes leurs prédications, et qui sont les héritiers directs de la synagogue judéo-hellénique.

Pour Justin, c'est Tévidence même. Aristide, d'éducation plus hellénique, après avoir démontré les erreurs religieuses des païens, déclare les Juifs le peuple le plus rapproché de Dieu avant leâ chrétiens, parce qu'ils adorent le Dieu unique et non ses créatures, mais il leur reproche d cire devenus infidèles à l'Éternel, d'avoir détourné leurs hommages vers des êtres inférieurs, de n'avoir pas reconnu la révélation en Christ; ce sont les chrétiens qui ont retrouvé le culte du vrai Dieu\ Même ce Grec franchement antijudaîque, parlante des empereurs humanistes, trouve les premiers éléments de la vérité chrétienne dans l'Ancien Testament. Et si nous remontons plus haut encore, à travers l'Épitre attribuée à Barnabas et l'Épître aux Hébreux, jusqu'à l'apôtre Paul, nous retrouvons, à trois points de vue différents, la même instruction fondamentale destinée à convaincre les lecteurs qu'ils doivent abandonner leur judaïsme ou leur monothéisme judéo-alexandrin pour embrasser la foi chrétienne. D aprfe Paul, l'Ancienne Alliance prépare la Nouvelle par antithèse,

en faisant connaître au peuple de Dieu la volonté de l'Ete^ nel, la justice, par le moyen de la Loi, mais sans lui donner la force morale nécessaire pour l'accomplir, de telle sorte qu'elle rend l'homme conscient de son péché, de son impuissance à gagner par lui-même le salut, et l'amène ainsi au Christ, en la communion duquel il trouvera la puissance de vie morale qui lui manquait : c'est la profonde psychologie du grand apôtre qui se projette dans une conception gran-

1. Apolofjij of Avistidcs (^à, Rendel Harris, dans Texts and Sludies^ de Armitagc Robinson, i. 1), cb. 14. Le texte syriaque diffère ici notiblement du texte grec; le premier est moins sévère à l'égard des Joif* que le second ; mais, en dépit de ces différences considérables, Tintithèse entre le christianisme et le judaïsme est ici, comme chez les autres auteurs examinés, le point d'attache de Texposition du christianisme.

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diose du plan providentiel. Pour l'auteur de VÉpitre aux Hébreux l'Ancienne Alliance prépare la Nouvelle, à titre de préfiguration matérielle, terrestre, imparfaite de la véritable purification céleste, opérée non plus par les sacrifices du temple de Jérusalem ou par les observances de la Loi mosaïque, mais par le sacrifice d'intercession du Christ. Il n'y a plus antithèse, mais évolution dans le plan providentiel et intégration progressive de la vérité par le peuple de Dieu : c'est la théologie judéo-alexandrine, s'affranchissant définitivement du joug de la Loi, et constituant en la personne du Christ un nouveau point d'attache historique a la spiritualisation dès longtemps commencée du judaïsme traditionnel. Pour l'auteur de VEpttre àiie de Barnabas, ce n'est pas tant l'Ancienne Alliance en elle-même qui est incomplète, inférieure et matérielle par opposition à la Nouvelle Alliance spirituelle et parfaite ; c'est plutôt le peuple juif qui a été incapable de la comprendre, inférieur à sa vocation, infidèle à sa mission, tandis que le peuple chrétien a saisi la vérité rendue plus accessible et moins abstraite par la pleine révélation du Christ : ce n'est plus l'objet de la foi qui évolue, c'est le sujet éprouvant la foi qui, par la grâce divine, obtient une connaissance plus complète et plus salutaire de la vérité*.

Il serait facile de retrouver la même thèse fondamentale dans la plupart des autres écrits du christianisme primitif, dans les discours que l'auteur des Actes prête à Etienne et à Paul, dans la première Épître de Pierre, ce\\Q Aq Clément aux Corinthiens, le Pasteur d'Hermas, et de dégager la niarque individuelle que chacun de ces auteurs lui imprime,

1. Cfr. ce que j'ai dit à ce sujet dans le t. V de notre Biblioihdquc : Les Origines de CÈpiscopat, l" partie, p. 363

2. On remarquera combien ce point de vue, malgré la différence proionde de l'éducation des deux auteurs, se rapproche de celui que nous avons relevé plus haut chez Aristide. Cfr. Apologie^ ch. 14, et Barnabas^ ch. 4 et 5.

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s'il n'importait de se borner ici à l'examen des traités qui sont spécialement destinés à recruter de nouveaux adhérents îi la communauté chrétienne ou à fortifier dans leur fidélité ceux qui hésitent*. C'est là, en effet, que Ton peut le mieux reconnaître quel était le genre d'instruction par lequel les chrétiens des cent premières années s'efforçaient d'amener de nouveaux membres à leurs églises. A vouloir pousser plus loin, ne faudrait-il pas aller jusqu'aux gnostiques les plus avancés et reconnaître que même ces rêveurs ou ces hardis spéculateurs fondent sur l'opposition du Judaïsme et du Christianisme, soit leurs doctrines évolutionnistes, soit leurs enseignements dualistes ? Faire connaître et comprendre la substitution du nouveau peuple de Dieu à l'ancien, de l'église chrétienne à la synagogue juive et judéo-alexandrine, telle fut la tâche commune à tous les missionnaires, docteurs et instructeurs du christianisme primitif, l'élément central de la première instruction religieuse.

La propagande primitive s'exerçant surtout parmi ceux qui avaient été gagnés au monothéisme par le Judaïsme hellénique, on pouvait supposer connus des prosélytes les pi'incipaux éléments de l'histoire sainte et les principaux enseignements des prophètes*. A l'égard de ces recrues, il

1. Pour cette raison, il est inutile de s'arrêter ici À des écrits destina exclusivement à régler des difficultés intérieures des églises, tels que les Epiircs Pastorales^ les Epitres d'Ignace, celle de Clément Roniain^^-

2. Pour comprendre la première propagande chrétienne, il est indispensable de se bien pénétrer de la conviction qu'elle prit la suite de U propagande juive hellénistique. Le Christianisme qui se répandit dans la société gréco-romaine fut dès Tabord universaliste et tua bientôt le Judaïsme alexandrin en l'absorbant et en rompant définitivement 1^ liens traditionnels qui rattachaient encore celui-ci au particalarisoe juif. Voir au t. V de notre Bibliothèque, mes Origines de l'Èpiicopat, l" partie, p. 91 et suiv. Voir aussi un récent article de M. Friédlânder, La propagande religieuse des Juifs grecs acant Cire chrétienne, dans la Reçue des Études /uiccs, t. XXX, p. 161 et suiv. (avril juin 1895).

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fallait insister sur l'interprétation spiritualiste et allégorique des institutions et des textes, et leur faire connaître les quelques faits importants de Thistoire évangélique, où se manifestait laccomplissemcnt de TAncienne Alliance dans la Nouvelle. Ces faits étaient peu nombreux : l'apparition du Christ, ses miracles, ses apôtres, sa condamnation par les Juifs, sa mort sur la croix et sa résurrection. Les menus événements de l'histoire évangélique n'avaient que peu d'importance i)our ces esprits dédaigneux de la réalité concrète, pour ces idéalistes absolus, qui s'intéressaient fort peu aux incidents de la vie humaine de Jésus de Nazareth et ne voyaient en lui que le Christ, intermédiaire entre Dieu et l'homme. Aussi, les auteurs dont nous avons conservé des œuvres ne nous en parlent-ils jamnis et les évangiles euxmêmes ne nous donnent-ils, en fait d'histoire de Jésus, que très peu de récits destinés à illustrer des enseignements ou à leur servir de point d'attache. Encore ces rares données historiques proviennent-elles, dans leurs meilleurs éléments, du milieu syro-palestinien où Jésus avait vécu et où la spéculation n'avait pas confisqué complètement la tradition évangélique primitive.

Nous arrivons ainsi à la conclusion que le double enseignement doctrinal et moral, dont Justin Martyr atteste l'application aux candidats qui se préparent au baptême, comprenait d'une part l'histoire sainte avec sa véritable interprétation destinée à montrer que la société chrétienne est désormais le véritable peuple de Dieu, en qui so trouve la vérité et le salut éternel, d'autre part des exhortations morales reproduisant plus ou moins fidèlement les préceptes évangéliques.

Malgré le misérable état de conservation de la littérature chrétienne primitive qui fut si riche, nous avons leprivilèjjQ

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de posséder encore deux écrits qui sont des spécimens précieux de ce double enseignement, savoir VÉpiire de Barnabas et la Didachê, écrits à peu près contenaporains, le premier datant du premier quart du !!• siècle, le second remontant probablement encore plus haut jusqu'aux environs de l'an 100.

Dans VÉpttre de Barnabas les deux éléments sont associés: les dix-sept premiers chapitres, d'après la déclaration même de l'auteur, sont destinés à répandre la connaissance complète de la foi^ et contiennent la démonstration de la thèse que nous avons amplement exposée plus haut; les chapitres 18 à 21 contiennent l'enseignement moral dans le cadre usuel des deux voies, celle de la lumière et celle des ténèbres. Les deux parties de l'Épi tre actuelle ont-elles appartenu dès l'origine au même écrit ? Cela ne paraît pas probable, quoique certains indices permettent d'affirmer que l'auteur des dixsept premiers chapitres connaissait l'enseignement des deux voies'. Celui-ci est trop clairement rajouté après coup, pour

1. I. 5 : "Iva (lExà 'Z7^^ TriJTEO); Gjjlwv TeXeiav z'/ji'ze. tt^v y^wcrtv. Ott voit par cet exemple, quel est le lien entre les interprétations alexandrinesde l'Ancien Testament chez les auteurs agréés par l'Éi^lise postérieure et les spéculations gnostiques chrétiennes; les unes et les autres ont poar but d'expliquer la substitution du salut par Christ au salut par la Odélité à rÉternel selon l'Ancien Testament.

2. Dans la première partie il y a plusieurs allusions à lexistence de la voie du bien et de la voie du mal : i. 4, la voie de la justice; iv. 10, « fuyons tout ce qui est vanité et ayons en horreur les œuvres de la mauvaise voie » (cfr. xix. 11 et Didachôy m. I); v. 4, l'Écriture dit que celui-là périt à juste titre « qui ayant la connaissance de la voie de la justice, s'écarte sur la voie des ténèbres »; xi. 7, la voie des justes et la voie des impies. Cfr. M. Ad. Harnack dans son édition de VÉfi, de Barnabas, p. 73, note, et sa grande édition de la DiiacliC\ p. 82. M. Harnack affirme la solidarité des deux parties de TEpltre. Je n'oserais pas aller jusque-là. Le groupement des préceptes moraux dans le diptyque des deux voies, fourni par l'Ancien Testament, a été assez généralement utilisé aux origines du christianisme pour que l'auteur de la première partie de rÊpltre ait pu faire mainte fois allusion à cette forme de

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qu'il puisse appartenir au plan primitif. Mais il nous importe peu, puisque nous savons pnr ailleurs combien cet enseignement essentiellement catécliétique des deux voies est ancien. Sa juxtaposition aux dix-sept premiers chapitres est tout aussi significative, qu'elle soit le fait de l'auteur lui-même ou de ceux qui utilisèrent son écrit. Dans les deux cas elle confirme l'usage que Ton faisait de la première partie pour l'instruction religieuse et elle nous montre l'instruction morale étroitement associée à cette spiritualisation des institutions et des récits de l'Ancienne Alliance qui constituait l'instruction doctrinale.

Dans la D/rfac/i^ nous retrouvons le même enseignement des deux voies, qualifiées ici de voie de la vie et voie de la mort. Une comparaison détaillée du texte de la Didachêet de celui que fournit la seconde partie de VÉpîire de Barnabas serait déplacée dans ce mémoire. La supériorité du premier nous paraît éclatante, et le résultat le plus fécond des études que la précieuse découverte de M**" Bryennios a provoquées nous parait être justement d'avoir révélé combien cette disposition de la morale chrétienne primitive et peutêtre même déjà de la morale juive libérale, dans le cadre littéraire des deux voies, a eu de succès, et combien il y a eu d'éditions plus ou moins variées de cet antique manuel d'instruction religieuse. Car les six premiers chapitres de la Didachê sont bien positivement un sommaire de ce qu'il fallait enseigner aux personnes qui aspiraient à devenir membres de l'Église. Le chap. vu, en effet, commence car ces mots :

Depi 06 tov» pair-wiffiiaxoç outo) pairTiffaie* xxvixa irivxa irpoetTcovxe^

paTrxtaaxE eU xo ovo[jLa, etc. Les choscs qu'il fallait dire avant de procéder au baptême ne peuvent être que les préceptes

l^instractioD religieuse, alors môme qu*il n'en aurait pas joint une réplique à la fin de son écrit. La question de l'unité primitive de VÉpitrc de Barnabas n'est pas susceptible d'une solution ferme; elle est heureusement d'importance secondaire, les deux parties étant Tune et Tautre incontestablement très anciennes.

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énoncés dans les chapitres précédents. S'agit-il d'une simple récitation en quelque sorte liturgique des principes auxquels le néophyte devra se soumettre dans la vie nouvelle où il veut entrer par le baptême ou d'un véritable enseignement préalable ' ? Rien dans le texte ne permet de résoudre la question, mais, même en prenant les fermes dans leur sens le plus étroit, il en résulterait encore qu'aux yeux des chrétiens qui suivaient l'inspiration de ce document, ce qu'il fallait savoir pour pouvoir entrer dans l'église, c'étaient cei instructions morales énoncées dans les chapitres précédents. Par conséquent, les exhortations ou les enseignements, par lesquels on les convertissait, devaient avoir ces instructions pour objet.

Il serait extrêmement intéressant de pouvoir établir que déjà le judaïsme libéral utilisait un semblable résumé des jDréceptes moraux du monothéisme spiritualiste, mais on ea est réduit sur ce point a des hypothèses. La conception même d'une voie de la vie et d'une voie de la mort était fournie par l'Ancien Testament {Jérémie, xxi, 8): « Tu diras » à ce peuple : Ainsi parle l'Éternel : voici, je mets devant » vous le chemin do la vie et le chemin de la mort. » Mais on ne voit pas pourquoi elle a dû être utilisée pour l'instruction religieuse par la synagogue juive avant de l'être |>ar l'Église chrétienne ; c'est là une simple possibilité ; aucune preuve en faveur de sa réalité ne peut être fournie. L'Évangile de Matthieu, avec lequel la Didaché est si étroitement apparentée, a conservé des paroles de Jésus qui dévelop|)cnt la même image : « Entrez par la porte étroite; car large est

1. M. Harnack, dans sa grande édition de la Didachâ, rappelle fort à propos (p. 22, note) que, d'après les Philosophoumena d*Hippolyte, IX, 15, les Elkésaïtes exigeaient du néophyte, au baptême, l'engagement de ne commettre ni péché, ni adultère, ni vol, ni injustice, ni détoa^ nement, de n'éprouver aucune haine, de n'accomplir aucune iniquité et de ne prendre aucun plaisir aux choses mai)v«.ises,

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> la porte et spacieuse est là voie qui mène à la destruction, ) et bien des gens y passent ; car resserrée est la porte et

> étroite la voie qui mène îi la vie, et il y en a peu qui la

> trouvent » (vu. 12-13), et dans TÉvangile comme dans la Oidaché, ces paroles sont associées au commandement : Fais i ton prochain ce que lu voudrais qu'il te soit fait à toinème. Le commandement, dit-on, est lui-même juif ; Hillel léjà a résumé la Loi dans un précepte analogue : « Ce qui )0ur toi est fâcheux, tu ne le feras pas à ton prochain; î'estlà toute la Loi, le reste n'est que commentaire » {Talr nud de Babylone, Traité du Sabbat, fol. 31 a, cité d'après jr. Taylor, The Teaching ofthe twelve apost/es with il lus- 'rations from the Talmud, p. 9; cfr. le livre de Tobitj V, 15). Cette forme négative où se reflète mieux le caractère Je « résumé de la seconde table du Décalogue », c'est-à-dire a forme juive de Tobit, de Hillel, est aussi celle de la Diiachê ; elle nous est présentée comme plus ancienne que la 'orme positive de l'Évangile, laquelle implique non seulement la justice (ne pas faire de mal), mais encore la bonté )u la charité (faire du bien). — Le même raisonnement peut ^'appliquer à un grand nombre d'enseignements dés évangiles, surtout du premier; ils procèdent de la foi morate juive antérieure la plus pure ; l'évangile galiléen est le derlier et le plus beau fruit de la religion des prophètes, des Dsalmistes^ du pieux génie d'Israél émancipé du temple [•ituel et de la Loi formaliste.

Cela ne saurait guère être contesté; mais il n'en résulte 3as que l'Évangile de Matthieu, par exemple, soit une simple reproduction d'un recueil antérieur d'hagadas et de sentences juives. L'enseignement des deux voies dans la Diiachéne contient presque rien qu'un Juif pieux émancipé du égalisme n'eût pu souscrire; il n'en résulte pas qu'il y ait eu •éellement un catéchisme moral analogue en usage chez les Juifs animés de cet esprit. Pour justifier une pareille hypotlièse, il faudrait au moins un témoignage historique, quel-

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conque ; or. jusqu'à présent on n'en a signalé aucun. En tous cas, cet antécédent juif ne saurait avoir été un recueil judéohellénique destiné à Tinstruclion des païens qui s'affiliaient aux synagogues juives de la Dispersion; car rien n'est moins hellénistiqueou alexandrin que l'enseignement des deux voies et la Didachê tout entière, soit par l'esprit, soit par le langage. — Ce qui est juste, c'est de dire que l'évolution qui s'opère parallèlement au sein du Judaïsme palestinien et du Judaïsme hellénistique aboutissait naturellement, d'une part à hDidachê et autres écrits du même genre, d autre part à l'universalisme dans la Nouvelle Alliance de la synagogue chrétienne; mais on n'a pas encore réussi à produire un seul écrit juif, palestinien ou alexandrin, où il n'y eut pas k côté de l'universalisme théorique la marque traditionnelle nationale, particulariste. Quand Philon, au début de son traité De Pœnitentia (chap. 1, Mangey, II, 405; Tauclmitz, V, p. 223) s'écrie :jk Tous ceux donc qui sont parvenus à adorer le » Créateur et Père de toutes choses, même ceux qui n'y » sont pas parvenus dès le début, mais qui n'ont embrassé » que plus tard le monothéisme en place du polythéisme, il » faut les recevoir comme d'excellents amis et des parents » très rapprochés, puisqu'ils apportent ce qui contribue le » plus à l'amitié et à l'esprit de famille, des mœurs agréables » à Dieu, » il prêche le monothéisme universaliste le plus généreux et semble avoir oublié qu'il est Juif pour ne plus se souvenir que de l'Éternel. Mais le même Philon recommande de payer le tribut au temple de Jérusalem^ car, dit-il, « dans ces prémices selon la Loi sont les espérances des » hommes pieux ». {De Monarchia, II, 3; Mangey, II, 224; Tauchnitz, IV, p. 327.) Jusqu'à plus ample information, par conséquent, il faut renoncer à rattacher le plus ancien recueil d'instruction religieuse chrétienne que nous possédions à un antécédent juif déterminé.

Ce qui nous frappe dans la Didachê, ce n'est pas seulement l'absence de tout enseignement dogmatique à l'adresse des

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[candidats au baptême, — nous avons vu, en effet, que l'instruction doctrinale ou intellectuelle, encore dans Tentourage le Justin, n'avait rien de dogmatique, — c'est l'absence de toute cette instruction à la fois doctrinale et historique que les autres témoignages nous ont révélée comme l'élément essentiel des enseignements par lesquels on établissait la nécessité d'entrer dans l'Église chrétienne. La première explication qui se présente à l'esprit, c'est que la Didachê n'a pas la prétention d'être un manuel complet et ne donne ^ue les instructions associées à la cérémonie même du baptême. L'idée, en effet, que le peuple chrétien a succédé à la nation juive comme peuple de Dieu, ne lui est pas étrangère; ainsi les prophètes, c'est-à-dire les inspirés, sont proclamés les successeurs des grands prêtres juifs(xni,3); l'opposition \M Judaïsme et aux Juifs y est très vive; ils y sont carrément traités d'hypocrites; il ne faut ni jeûner les mêmes jours qu'eux, ni prier comme eux (viii, 1). Il n'était pas indispensable de développer cette opposition. Si la seconde partie de VÉpttre de Barnabas n'a pas fait originellement corps avec la première, celle-ci aurait bien constitué un enseignement didactique, presque complètement dépourvu de l'élément moral de l'instruction; pourquoi la Didachê ne nous offriraitsUe pas un exemple du contraire?

Il est possible assurément qu'il en soit ainsi. Mais si l'on Eidmet avec nous l'origine syro-palestinienne de la Didachê*, il est beaucoup plus rationnel de reconnaître que dans ce milieu plus écarté du mouvement hellénique des idées et dans ces communautés plus simples, plus rapprochées de la véritable prédication de TÉvangile par Jésus, composées de gens pieux plutôt que de discoureurs, les enseignements tout alexandrins ou hellénistiques par lesquels on établissait la substitution du peuple chrétien au peuple juif n'avaient pas

1. Sur Torigine de la Didachê, voir t. V de notre Bibliothèque, mes Ori(jincs de VÉpiscopat^ Impartie, p. 235 et suiv.

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cours et que Ton n'y éprouvait pas le besoin de justifier i)âr une brillante exégèse qu'il valait mieux être chrétien que juif. Si nous ne nous trompons, la différence entre Tinstruction préparatoire d'après la Didacliê et celle que nous révèlent les autres documents étudiés, tientà la différence bien autrement importante entre le christianisme proprement évangélique ou galiléen et le christianisme hellénistique substitué au précédent par les idéalistes et les allcgorisles alexandrins.

L'instruction donnée par les chrétiens selon la Didaché n'aurait-elle donc renfermé aucun élément doctrinal? N'aurait on même pas enseigné à ces aspirants chrétiens qu'il n'y a qu'un seul Dieu, que Jésus-Christ est venu fonder le Royaume de Dieu et autres doctrines élémentaires .«ans lesquelles il n'y a jamais eu de religion chrétienne? Cela ne résulte nullement de la composition du document. Quiconque connaît un peu l'histoire du catéchisme chrétien sait que l'on a pu rattacher toute la dogmatique compliquée de l'orthodoxie au Décalogue ou à l'Oraison dominicale. Le premier précepte de la Didaché est : « D'abord tu aimeras le Dieu qui t'a fait; » si l'on avait affaire à un auditeur étranger au monothéisme, il y avait là une occasion toute naturelle de lui apprendre qu'il n'y a qu'un seul Dieu, qu'il est le créateur de toutes choses et en particulier de l'homme. En outre. lexplication de ce qu'était le baptême au nom du Père, du FiU et du Saint-Esprit devait amener nécessairement des explications sur Dieu, sur le Christ, sur l'Église. L'absence de tout élément doctrinal dans le résumé que donne la Didachi de l'enseignement préalable au baptême, prouve seulement que pour les chrétiens simples dont elle a conservé le souvenir, la préparation au baptême était avant tout et l'on peut même dire exclusivement une œuvre morale, la substitution d'un ensemble de principes nouveaux aux règles de conduite anciennes, une transformation de vie et non pas l'acquisition de nouvelles doctrines, et il n'est pas besoin d'être bien versé

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lans la connaissance des évangiles synoptiques pour savoir |ue Jésus lui-même, tel qu'ils nous le font connaître, n'a pas lavantage enseigné de doctrines à ses disciples, mais leur a, out comme les instructeurs de la Didachê, demandé de vivre onformément aux préceptes moraux et religieux qu'il leur nseignait.

Dans le christianisme hellénistique, la spéculation théoagique prit dès l'abord un vigoureux essor; c'est même par i que les hellénistes altérèrent dès l'origine la nature primiive de l'Évangile. Mais cette spéculation fut pendant assez Dngtemps individuelle avant de se condenser dans une docrine commune ou catholique. Nous avons déjà montré com- >ien elle est secondaire dans l'instruction religieuse éléoentaire par laquelle on était préparé au baptême encore au nilieu du IP siècle. Ici également elle devait se rattacher . l'enseignement moral, mais surtout à cet enseignement de 'histoire sainte au point de vue chrétien qui était essentiel. St naturellement, en l'absence de toute rédaction fixe de l'eneignement^ hi nature et les proportions de l'instruction docrinale devaient varier infiniment suivant les aptitudes de 'instructeur et la qualité ou le niveau intellectuel du candidat u baptême. L'histoire des origines d'après la Ge/iése offrait 'occasion de parler de Dieu, de la Création, du Verbe de )ieu; les enseignements des prophètes servaient de textes .ux doctrines sur le Christ, la révélation, etc. Un passage den connu de VÉpîlre aux Hébreux nous fait connaître [uelles étaient à Rome vers la fin du V^ siècle les doctrines lémentaires du Christianisme : la repentance ii l'égard des euvres mortes, la foi en Dieu^ la doctrine des baptêmes i. e. des ablutions), de l'imposition des mains (/. e. de la ommunication du Saint-Esprit), de la résurrection des norts et du jugement éternel (vi, 1-2). On voit combien, nème dans un pareil milieu, l'élément spéculatif est encore aissé de côté; ces doctrines ont toutes un rapport direct ivec la nouvelle naissance; elles se rattachent à l'enseigne-

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ment moral; il s'agit des destinées de Thomme et non de métaphysique, du plan de Dieu dans Thistoire et de sa volonté à l'égard d'un chacun plutôt que de théologie proprement dite. La différence par rapport au milieu plus simple d'où émane la Didaché, c'est que les chrétiens hellénistes, avec leurs habitudes d'esprit grecques, éprouvent le besoin d'expliquer et de justifier leurs principes, de raisonner et de démontrer, alors que les chrétiens, moins touchés parTesprit grec ou par la méthode rabbinique, se contentent d'ciflirmer la vérité religieuse et morale, tout comme les pieux Israélites de la Bible avant eux.

Malgré l'insuflîsance des témoignages historiques, on peut néanmoins conclure sans témérité des recherches précédentes que dans cette première phase capitale de l'évolution chrétienne, qui s'étend de Jésus jusqu'à la naissance de l'Église catholique primitive dans la deuxième moitié du II* siècle, les enseignements adressés librement, individuellement et en dehors de toute organisation catéchétique uniforme, par les chrétiens à ceux qui voulaient entrer dans leur église par le baptême, comprenaient avant tout les deux éléments suivants : une explication chrétienne de l'histoire sainte (ou histoire du peuple de Dieu, — ou histoire de la révélation divine, comme on voudra), — et la communication des commandements ou des préceptes de vie évangéliques. Ils devaient aboutir à la décision prise par le candidat de renoncer à sa vie passée pour entrer dans la vie nouvelle et divine. Cette décision s'affirmait, d'une part, dans la pénitence immédiatement antérieure au baptême (mort du vieil homme); d'autre part, dans le baptême purificateur qui, avec l'imposition des mains, représentait la communication de l'esprit de Diou (naissance de l'homme nouveau).

Ce qui confirme cette conclusion, c'est que ces éléments se

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retrouvent dans Tinstruction catécliétique ultérieure, à une époque sur laquelle nous sommes mieux renseignés, alors même qu'ils y ont subi les modifications que les conditions nouvelles de l'Église rendaient peut-être inévitables. Le (^aractère pénitentiel du baptême primitif et de sa préparation immédiate se retrouve encore dans le Rituel romain, même dans le Rituale paroum appliqué aux nouveau-nés et où nécessairement tous les vestiges de la pénitence sont fossilisés en actes magiques d'exorcisme ou de renonciation affirmée par le parrain pour Tenfant. Cette transformation peut se suivre à travers l'histoire ecclésiastique; aussi longtemps que le baptême des adultes fut pratiqué, le caractère pénitentiel de la préparation immédiate au baptême est aisément reconnaissable.

La nature historique et morale de l'instruction religieuse primitive se reconnaît encore parfaitement dans le De catechisandis Rudibus de saint Augustin. Seulement, dès longtemps avant saint Augustin, elle a changé de contenu. Tandis qu'aux origines il s'agissait le plus souvent de montrer à des gens déjà familiarisés avec l'Ancien Testament par la propagande monothéiste hellénistique ce que l'on considérait comme la véritable signification de l'histoire sainte, bientôt, à mesure que le prosélytisme s'exerça sur des païens qui n'avaient pas passé par la phase en quelque sorte préparatoire du Judaïsme libéral, il fallut d'autant plus leur apprendre l'histoire sainte proprement dite qu'ils l'ignoraient^ mais il fut moins nécessaire d'insister sur l'interprétation chrétienne de cette histoire par opposition à l'interprétation juive, vu qu'ils ne connaissaient pas cette dernière et qu'ils étaient disposés d'emblée à reconnaître comme vraie la manière dont on la leur expliquait au point de vue chrétien. L'interprétation, qui semble avoir été l'essentiel au début, Jevient bien vite l'accessoire, tandis que l'exposition de ['histoire sainte prend le dessus. Il faut avant tout faire conaaître l'économie providentielle du salut dans le passé, qui

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comprend dès lors le Nouveau comme VAncien TesUimenl. On y joint un enseignement moral sommaire et quelques enseignements doctrinaux rattaches comme autrefois à réconomie du salut, ainsi dans le catéchisme élémeûtaire de saint Augustin : la résurrection et le jugement*. On voit que des doctrines élémentaires selon VÉpttre aux Hébreuxk paiTTijfiwv oioa/ri a disparu ; elle n'a plus de raison d'être. Quant à celle de rèTiiOeji; /£'.pô)v, elle a passé dans la phase supérieure de rinstruclion religieuse, celle du pliotizoménat ou des compétentes, qui n'existait pas encore à l'origine.

A mesure, en effet, que le symbole du baptême s'est constitué, à mesure que la préparation immédiate au baptême n'a plus eu seulement le caractère d'une pénitence morale, mais est devenue en outre l'initiation aux mystères chrétiens, doctrines ou rites, à mesure aussi on voit se développer une phase supérieure de l'instruction religieuse, qui est à la fois une période do pénitence (ou plus exactement de retraite) et une période d'instruction dogmatique. Les Catéchèses de Cyrille de Jérusalem sont le type le plus accompli de ce genre d'instruction dogmatique, dont la durée fut toujours restreinte, mais dont l'importance finit par éclipser complètement la phase préparatoire de l'instruction historique et morale. Au VP et WV" siècle, celle-ci est presque réduite à un acte liturgique, comme l'indique le 95® canon du Concilium Quinisextum. Enfin, Tinstruction dogmatique ellemême disparaît de plus en plus à mesure que l'Église devient plus barbare et que l'extension du baptême des enfants rend son application impossible; son dernier vestige est la récitation du Symbole et de l'Oraison dominicale dans le Rituel Romain du baptême.

1. ^'oip aussi saint Anibioise, De Mijstcriis, 1, 1 et 2. On trouvera on exceUent résumé du développement de l'instruction catéchétique dans le mémoire déjà cité de M. H. J. Holtzmann, Die Kalcchcsc (1er altcfi Kirchc, p. 83 et suiv.

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I^ présent mémoire n'a pas la prétention de traiter les questions très compliquées que soulève cette longue évolution (le renseignement catécbétique et du baptême. II ne vise qu'à dégager la nature et le mode des enseignements par lesquels les chrétiens de TÉglise primitive instruisaient ceux qui entraient dans leurs communautés par le baptême, c'està-dire les premières formes de Tinstruction religieuse chrétienne, celles qui sont antérieures à la constitution de l'ancienne Église catholique.

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