MENG-TSE, SIUN-TSE, YANG-TSE ET MEH-TSE
Far Léon de ROSNT
« A l'heure où nous sommes, a dit M. Albert Réville, il n'y a plus que deux civilisations dans le monde, la nôtre et la chinoise \ » Cette idée, en apparence un peu humouristique et paradoxale, n'en est pas moins une idée vraie. Je soutiens même qu'elle ne doit pas seulement préoccuper les savants et les penseurs, et que les hommes d'Etat auraient grand tort de ne pas en faire dès aujourd'hui l'objet de leurs plus sérieuses méditations. N'ayant point à examiner ici les conséquences graves que l'oubli d'une telle idée peut avoir pour nous, et cela dans un avenir sans doute plus prochain qu'on ne le pense d'ordinaire en Europe, je ne l'envisagerai pas en ce moment au point de vue de nos intérêts politiques, industriels et commerciaux, et je me bornerai à en tirer parti pour définir le caractère essentiellement sui generis de l'évolution religieuse en Chine.
Les divergences entre notre manière de comprendre la vie et celle des Chinois sont aussi catégoriques que possible. Nous hésitons sans cesse à faire de la religion et de la philo-