‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 157 sur 212 · Liv. I, p · texte numérisé non relu

Liv. I, p

de son caractère, la façon énergique, parfois môme un peu violente, avec laquelle il se fit un devoir de condamner la tyrannie et les caprices des princes, ont puissamment contribué à établir sa réputation. C'est lui qui a osé prétendre, — et cela en Chine, — que, dans ce monde, le peuple est ce qui a le plus d'importance et le souverain ce qui en a le moins; qu'il faut enfin se conformer à la volonté du Ciel qui ne parle pas, mais qui voit avec les yeux du peuple et entend avec ses oreilles.

Parmi les problèmes de philosophie spéculative que Mencius jugea à propos de discuter, il en est un dont l'intérêt s'accroît par le fait qu'il a été envisagé à des points de vue différents par un certain nombre de penseurs célèbres de la Chine ancienne. Je veux parler de la question de savoir si le naturel de l'homme, considéré dans son état primitif et en dehors de tout changement qui peut résulter de la culture et des influences extérieures, estpar lui-même bon ou mauvais; en d'autres termes, si la caractéristique et le point de départ de ce naturel est le Bien ou le Mal, et comment, dans l'un et l'autre cas, peut se produire le progrès intellectuel et la rectification morale.

Le terme chinois sing, sur lequel repose cette grande dispute est d'ordinaire interprété par « le naturel » ou « le tempérament ». En caractères idéographiques, on emploie pour l'écrire un signe* composé de l'image a du cœur » jointe à celle de « la naissance » ou de a la production ». Les dictionnaires indigènes nous montrent en outre, par une foule d'exemples précieux, que le mot sing a une signification d'une large portée philosophique dans les écrits des philosophes de la Chine'.

Page 1