‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 169 sur 212 · VI · texte numérisé non relu

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LA RELIGION D'aSSURBANIPAL 343

gons qui les emportent à Ninive. Si riche qu'il soit, ce butin n'est que le moindre souci d'Assurbanipal^ et il n'en parle pas autrement que du butin fait dans ses campagnes précédentes.

Pour lui, dans cette prise de Suse, le fait capitiU, le seul qui mérite les honneurs d'un long récit : c'est la recouvrance de la statue de la déesse aimée*.

Écoutez-le :

La déesse Nana, 1635 ans auparavant*, avait été enlevée, traînée en plein pays d'Élam et condamnée à demeurera dans ce lieu qui n'était pas le lieu de son destin d.

En ces jours cette déesse. .. me confia la tâche de la ramener, disant : « Assurbanipal, arrache-moi de ce pays ennemi » d'Élam et reconduis-moi dans mon temple d'Ana. »

Pour obéir à ce désir manifesté dès les temps les plus reculés, et que la déesse avait renouvelé, à plus d'une reprise, auprès des anciens, Assurbanipal prend les mains de Nana, puis, à la grande joie du cœur de cette dernière, il suit le chemin qui mène au temple d'Ana.

Enfin, le premier jour du mois de Kisiluv (décembre) de Tannée 659, la déesse fit son entrée dans la ville d'Érech et reprit possession « de son temple aimé » : Bit-hili-anna.

Emporté par son amour, Assurbîinipal ajoute : « Et ce » sera pour l'éternité ! »

Laissons à leur grande joie et à leurs illusions et le roi, et les habitants d'Érech et la déesse Nana. Dire cette joie nous entraînerait trop loin, et j'ai hâte de mettre en lumière un second trait caractéristique de la dévotion d'Assurbanipal.

« Quant à moi, » dit-il dans l'inscription rehitive au retour du dieu Marduk, « j'ai rétabli les rites oubliés » d'Ésaggil' et des dieux de Babylone. »

1. VR.. pi. 6, lig. 107; III R., 35; III R., 23, lig. 9; III, 36.

2. C'est-à-dire 2294 ans avant Tore chrétienne. Le roi élamite, auteur de ce rapt, s'appelait Kudur-Nahunta.

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