‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 17 sur 212 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

eu des pcMisées élevées? Pas le moins du monde, je suppose. Ce qu'il nrimportait de montrer surtout, c'était la pensée qui progressait, l'esprit humain qui se rendait maître des grandes idées qui devaient par la suite germer et produire de si magnifiques moissons. Le progrès de la société humaine doit commencer par Télévation des idées d'un petit nombre avant de passer dans 1 ame de la foule et de se traduire par des actes ou par des habitudes. C'est là ma conviction absolue, et je m'y suis entièrement conformé. Je ne suis pas un panégyriste, mais un historien.

Pour la diffusion extérieure des idées égyptiennes, la possibilité n'en fait pas doute un seul moment pour moi, et non seulement la possibilité, mais encore la réalité. Je crois que non seulement l'Egypte a exercé une certaine influence sur les |)euples de l'Asie occidentale, non pas tant par ses conquêtes c|ue par l'organisation politique qui suivit la conquête, — la chose est dite en propres termes dans un document que j'aurai l'occasion de citer au cours de ce travail, — mais que cette influence atteignit encore les peuples habitant au delà des bornes septentrionales de l'Egypte, dans la mer Méditerranée. Sur ce dernier sujet, je n'ai aucune preuve à donner résultant des textes égyptiens et de leur interprétation : je n'ai eu à mon service qu'un seul texte isolé, peu clair, avec l'ensemble des habitudes prises par les Égyptiens: j'ai eu en outre les traditions grecques, traditions tardives, si je m'en tenais aux auteurs des Vies des philosophes, quoiqu'ils soient unanimes à les affirmer, mais traditions qui remontent bien loin dans la vie du peuple grec, si je pense aux légendes et aux réoits plus ou moins historiques qui nous ont été laissés par les ])oètes tragiques et par quelques historiens des premiers âges de la littérature grecque. Mais cependant il n y a point là de ces preuves péremptoires qui forcent l'adhésion du lecteur. D'un autre côté, il ne faut point espérer que les pensées d'un peuple, lorsqu'elles sont adoptées par une autre nation, sont admises sans aucun de ces changements qui les

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