‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 173 sur 212 · Raw., 7, n"9, B · texte numérisé non relu

Raw., 7, n"9, B

348 LA RELIGION d'ASSURBANIPAL

qu'il met à son récit, ni du soin qu'il prend de faire graver, en bas-relief, la scène religieuse qui suivit cet exploit.

Une simple prière, comme dans le cas cité plus haut, n'eût pas été suffisante : il y ajouta une abondante libation de vin « karanu adkaa elisuun* ». Dans le bas-relief où se manifeste, de saisissante façon, un exceptionnel talent d'artisteanimalier, on voit les quatre lions morts, étendus devant l'autel d'Istar et aux pieds du roi-chasseur.

Debout, dans toute la pompe de son royal costume, ce roi tient une coupe dans sa main droite. Au fur et à mesure que la prière s'exhale de ses lèvres, les flots de vin coulent sur la tête des lions.

On trouvera sans doute la dévotion d'Assurbanipal plus digne lorsqu'il la consacre à la commémoration de ses morts. — On n'a pas assez remarqué combien ce roi se distingue de ses rudes devanciers par son amour de la famille. Il parle, non sans émotion, du jour de la mort de sa mère ; il ne se tait pas sur l'affection profonde qu'il ressent pour sa sœur, Serouya-Edirat. 11 la consulte, se laisse aller à la bénigne influence qu'elle exerce sur lui : témoin le jour où, a sa prière, il pardonna à son frère, Samas-sum-ukin, après une première révolte. Pardonner à un révolté est chose inouïe dans les annales des rois assyriens ! Enfin, chaque année, il se montre fidèle au culte de ses morts : « Ce jour-là, aux » mânes des rois qui ont régné avant lui, il prodigue les » hymnes funèbres et les libations : adi kispe nak-mè ana » ekimme sarrani alikut mahri. »

Ce n'est plus l'orgueilleux chasseur, somptueusement vêtu, que nous avons vu devant l'autel d'Istar, c'est le fils désolé « revêtu d'habits déchirés' « sarutu lu arkus », qui ne rêve

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